Comment les entreprises du secteur du cacao peuvent opérationnaliser les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, la traçabilité de la production et la soumission via TRACES
Note de la rédaction :
Un point de géolocalisation et une déclaration du fournisseur suffisaient autrefois pour qualifier une expédition de « prête pour l’EUDR ». Ce que les régulateurs et les acheteurs souhaitent désormais réellement voir, ce ne sont pas seulement des informations sur l’identité du producteur ou du fournisseur et sur le lieu de production, mais aussi la preuve que la parcelle était légalement exploitée avant la date butoir applicable, la manière dont le risque a été évalué et la cohérence de la documentation, suffisamment solide pour résister à un audit. La plupart des équipes chargées des achats et de l’approvisionnement dans les filières du cacao, du café, de l’huile de palme, du caoutchouc, du soja et du bois gèrent encore ces éléments à l’aide de feuilles de calcul et de rapports ponctuels qui deviennent rapidement obsolètes. Le véritable goulot d’étranglement n’a jamais été la collecte des données : c’est de savoir si elles sont validées, connectées et prêtes pour un audit. Cet article présente également les perspectives de Michael Wijaya, Head of Data Collection and Climate chez KOLTIVA, sur la manière dont cette évolution se traduit concrètement. Lisez l’article complet et échangez dès maintenant avec notre expert !
Résumé exécutif :
L’EUDR a changé le rôle de la traçabilité dans les chaînes d’approvisionnement des produits agricoles et des matières premières présentant un risque pour les forêts. Les entreprises qui mettent des produits réglementés sur le marché de l’UE ou les exportent depuis l’UE doivent être en mesure de démontrer que les produits concernés sont exempts de déforestation, produits légalement et couverts par une déclaration de diligence raisonnable. Le système d’information EUDR de la Commission européenne, basé sur la plateforme TRACES, permet aux opérateurs et à leurs représentants autorisés de créer, gérer et soumettre des déclarations de diligence raisonnable, y compris les informations de géolocalisation pouvant être téléchargées au format GeoJSON.
Pour les équipes chargées des achats durables et de l’approvisionnement, cela signifie que les données fournisseurs ne peuvent plus rester déconnectées des flux opérationnels. Les fichiers GeoJSON, les documents de légalité, les références des DDS fournisseurs, les bons de commande, les lots de production, les expéditions de produits finis, le statut des soumissions dans TRACES et les références DDS destinées aux courtiers doivent être connectés au sein d’un processus unique et auditable. Notre modèle opérationnel EUDR positionne KoltiTrace comme une plateforme centrale pour la collecte des preuves fournisseurs, la validation géospatiale, l’évaluation des risques, le processus d’atténuation, l’exécution des DDS/TRACES et l’historique des audits.
Le véritable défi ne réside pas uniquement dans la traçabilité, mais aussi dans la conformité opérationnelle : s’assurer que seuls les dossiers complets, acceptés, traçables et qualifiés en fonction des risques passent à l’étape de préparation de la diligence raisonnable. Cela nécessite des contrôles de qualité des données, la validation des polygones, des processus de correction avec les fournisseurs, la gestion des preuves de légalité, l’attribution des responsabilités en cas d’exception, l’intégration avec les ERP ou les Data Lakes, ainsi qu’un processus fiable de retour des références DDS.
Table des matières
Traçabilité du cacao : le passage du suivi de l’origine à la vérification fondée sur les preuves
Le problème caché de la « traçabilité sur le papier »
Des preuves fournisseurs à un dossier de diligence raisonnable défendable
De GeoJSON à DDS : pourquoi la qualité des données détermine la préparation à la conformité
Le défi de la production légale que la plupart des entreprises sous-estiment
Construire un modèle fournisseurs inclusif sans abaisser les standards de conformité
L’avenir de la conformité à l’EUDR repose sur un système opérationnel, pas sur une simple liste de contrôle
Traçabilité du cacao : le passage du suivi de l’origine à la vérification fondée sur les preuves
L’époque où la traçabilité du cacao était considérée comme un simple exercice de visibilité est révolue. Elle consistait autrefois principalement à identifier les fournisseurs, cartographier les coopératives et les collecteurs, et recueillir les coordonnées au niveau des exploitations afin de prouver l’origine des fèves. Cette approche a permis au secteur de passer de chaînes d’approvisionnement opaques et composées de multiples niveaux à des chaînes plus transparentes. Mais la prochaine étape est beaucoup plus exigeante. Face à des attentes accrues du marché, notamment avec le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation, la traçabilité ne consiste plus simplement à documenter l’origine. Il s’agit désormais de prouver, expédition par expédition, que le cacao est exempt de déforestation, produit légalement, traçable jusqu’à la parcelle sans mélange avec des volumes non traçables, et appuyé par des données capables de résister aux contrôles des autorités réglementaires, des acheteurs et des auditeurs (Commission européenne, s. d.).

Cela change la réalité opérationnelle des équipes chargées des achats durables et de l’approvisionnement. La traçabilité ne peut plus se limiter à un rapport de durabilité, à un fichier fournisseur ou à un tableau de bord statique. Elle doit devenir un système opérationnel qui connecte les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, les décisions relatives aux risques, la traçabilité de la production, les références DDS, le statut dans TRACES et l’historique des audits.
Le marché ne demande plus seulement si les entreprises disposent d’un système de traçabilité. La question que les acheteurs et les régulateurs posent de plus en plus est de savoir si cette traçabilité peut résister à un examen approfondi. Une entreprise peut-elle démontrer d’où vient le produit, comment le risque a été évalué, quelles preuves étayent la décision et comment ces preuves sont-elles liées à une expédition spécifique ? C’est ce qui distingue la simple collecte de données de la conformité opérationnelle.
C’est pourquoi la traçabilité doit remonter en amont jusqu’à l’intégration des fournisseurs et s’étendre en aval aux processus de production, d’expédition et de dédouanement. Si les preuves fournisseurs sont incomplètes, si les polygones sont invalides, si les références DDS ne peuvent pas être associées à la bonne expédition ou si le statut de conformité n’est pas visible lorsque les marchandises sont prêtes à être expédiées, la préparation à l’EUDR devient un risque pour la continuité des approvisionnements, et non plus seulement un enjeu de reporting en matière de durabilité.
Ce modèle opérationnel commence par une question plus exigeante : chaque expédition de cacao peut-elle être retracée, en passant par la coopérative ou le collecteur, jusqu’à la parcelle agricole individuelle, avec des preuves fournisseurs vérifiées, une géolocalisation au niveau de la parcelle, des documents attestant la légalité, des registres de transactions, des décisions relatives aux risques et des résultats de la diligence raisonnable, tous reliés au même lot ?
Le problème caché de la « traçabilité sur le papier »
De nombreuses entreprises disposent déjà d’éléments utiles pour démontrer leur conformité : listes de producteurs, fichiers GeoJSON, documents de certification, documents attestant la légalité, bons de commande, registres de lots, déclarations des fournisseurs et références DDS. Le problème est que ces données sont souvent réparties entre différents systèmes, équipes et flux de travail. Un dossier fournisseur dans une boîte e-mail, un bon de commande dans un ERP, un registre de lot dans le système de production et une référence DDS dans un tableur peuvent chacun être utiles individuellement. Ensemble, ils peuvent néanmoins ne pas suffire à constituer une chaîne de preuves défendable.
Un registre de traçabilité devient réellement utile sur le plan opérationnel lorsqu’il relie les preuves fournisseurs à la réalité physique et commerciale du produit. Le modèle de plateforme EUDR de KOLTIVA répond à cette fragmentation en réunissant les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, la traçabilité de la production et la soumission directe dans TRACES au sein d’un environnement intégré.
Michael Wijaya, Head of Data Collection & Climate chez KOLTIVA, a déclaré : «De nombreuses organisations disposent déjà d’une grande partie des données nécessaires à la conformité à l’EUDR. Le véritable défi consiste à les rendre opérationnelles, en reliant les preuves fournisseurs, les évaluations des risques, les registres de production, les données d’expédition et les processus de diligence raisonnable au sein d’un processus fluide et auditable qui répond à la fois aux exigences réglementaires et aux opérations quotidiennes d’approvisionnement. Une mise en œuvre réussie de l’EUDR exige que les organisations gèrent plusieurs composantes de conformité en parallèle, notamment la documentation des fournisseurs, la validation de la géolocalisation et des polygones, les évaluations de la déforestation et de la légalité, la traçabilité de la production, la préparation des DDS, la soumission dans TRACES et la conservation de registres prêts pour les audits. L’essentiel est de garantir que ces éléments restent intégrés, traçables et vérifiables tout au long de la chaîne d’approvisionnement. »
« Notre plateforme de traçabilité positionne cette approche comme une plateforme opérationnelle EUDR, plutôt que comme une couche supplémentaire de conformité manuelle. KoltiTrace reçoit et valide les preuves fournisseurs, évalue les risques liés à la déforestation et à la légalité, gère les mesures d’atténuation, relie les livraisons de matières premières aux expéditions de produits finis, génère les DDS et conserve des registres de conformité prêts pour les audits tout au long de la chaîne », a ajouté Michael.
Des preuves fournisseurs à un dossier de diligence raisonnable défendable
Pour les équipes chargées des achats et de l’approvisionnement, l’une des transitions les plus difficiles consiste à transformer les preuves au niveau des fournisseurs en une garantie au niveau des expéditions. Un fournisseur peut soumettre un fichier GeoJSON. Un autre peut fournir des certificats. Un autre encore peut fournir des numéros de référence DDS provenant d’un opérateur en amont. Certains fournisseurs peuvent disposer de leurs propres systèmes numériques, tandis que d’autres s’appuient encore sur les e-mails, les tableurs ou les téléchargements manuels. Dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en matières premières, cette diversité est normale. Le système de conformité doit être suffisamment flexible pour accepter les preuves fournisseurs provenant de différents canaux, tout en étant suffisamment rigoureux pour produire un dossier unique et encadré.
Michael explique : «C’est là que de nombreuses entreprises font face à un risque caché. Les preuves fournisseurs existent souvent, mais elles sont dispersées entre différents formats et systèmes. Les fichiers de géolocalisation peuvent se trouver dans des e-mails. Les bons de commande peuvent être enregistrés dans l’ERP. Les registres de lots peuvent se trouver dans les systèmes de production. Les références DDS peuvent être suivies manuellement. Les documents justificatifs peuvent être stockés dans des dossiers fournisseurs. Lorsque ces données ne sont pas connectées, les entreprises peuvent disposer d’informations, mais pas d’un véritable contrôle opérationnel. »
Il ajoute qu’un processus EUDR défendable doit relier les preuves à la réalité commerciale et physique de la chaîne d’approvisionnement. Cela signifie que chaque soumission d’un fournisseur doit être associée aux bons de commande (PO), aux identifiants de livraison, aux données relatives aux matières premières, aux lots de production, aux registres d’expédition et, le cas échéant, aux références DDS. Notre modèle de plateforme de traçabilité décrit explicitement la nécessité de relier les preuves fournisseurs et les données de géolocalisation à chaque livraison avec les bons de commande (PO) et les identifiants de livraison, puis de connecter les preuves validées aux données de production et d’expédition avant la génération de la DDS et la soumission dans TRACES.
De GeoJSON à DDS : pourquoi la qualité des données détermine la préparation à la conformité
Les données de géolocalisation sont au cœur de la préparation à l’EUDR, mais toutes les données de géolocalisation ne sont pas prêtes pour la diligence raisonnable. Un polygone peut être incomplet, dupliqué, superposé à un autre, techniquement invalide, déconnecté d’un fournisseur ou présenté dans un format susceptible de générer des problèmes lors des étapes ultérieures de soumission.
C’est pourquoi la qualité des données doit être contrôlée avant l’évaluation des risques et la préparation de la DDS. « Notre modèle proposé de qualité des données comprend des contrôles des fichiers et des formats, des vérifications des polygones et des enregistrements, des processus de correction, des notifications, le retraitement et la conservation de l’historique des audits. Il souligne également la nécessité de valider les fichiers GeoJSON au format WGS84, d’identifier les parcelles dupliquées, de détecter les chevauchements et les géométries invalides, de vérifier les attributs obligatoires et de conserver l’historique des versions », a déclaré Michael.
Cela est important, car une mauvaise qualité des données peut créer à la fois des risques de conformité et des risques opérationnels. Des polygones invalides peuvent retarder l’évaluation. Des identifiants fournisseurs manquants peuvent empêcher d’associer les preuves à la bonne livraison. Des parcelles dupliquées peuvent fausser la visibilité sur l’approvisionnement. Des polygones qui se chevauchent peuvent créer des incertitudes lors des audits. Des références DDS manquantes peuvent interrompre la chaîne de conformité en aval.
Le principe devrait être simple : seuls les dossiers complets, acceptés et traçables doivent passer à l’évaluation des risques et à la préparation de la DDS. Tout dossier incomplet doit être intégré à un processus de correction contrôlé, avec une responsabilité clairement définie, des notifications, un retraitement et un historique des audits.
Pour les équipes chargées des achats, il s’agit de bien plus qu’une simple question d’hygiène technique. C’est une garantie de l’accès au marché. Si les problèmes de données ne sont détectés qu’à l’approche du dédouanement d’une expédition, l’entreprise est déjà exposée. S’ils sont détectés lors de l’intégration des fournisseurs, ils deviennent gérables.
GeoJSON est nécessaire, mais la qualité des données détermine la préparation à la conformité
Les données de géolocalisation sont au cœur de la préparation à l’EUDR, mais tous les jeux de données de géolocalisation ne sont pas prêts pour la diligence raisonnable. La description des fichiers GeoJSON de la Commission européenne pour le système d’information EUDR précise que les fichiers de géolocalisation utilisent le format GeoJSON, avec la longitude et la latitude en WGS84 exprimées en degrés décimaux, ainsi que des types de géométrie définis. Elle répertorie également des erreurs courantes dans les fichiers GeoJSON, telles que les polygones ouverts, les lignes qui se croisent, les types de géométrie invalides, les plages de coordonnées invalides, les noms de propriétés invalides, les fichiers protégés par mot de passe et les fichiers dépassant la limite de taille du système (Commission européenne, 2025).
Cela est directement pertinent pour l’approvisionnement en cacao, car de mauvaises données géospatiales peuvent retarder ou compromettre la préparation à la diligence raisonnable. Des polygones invalides peuvent empêcher l’évaluation. Des parcelles dupliquées peuvent fausser la visibilité sur l’approvisionnement. Les chevauchements et les géométries invalides peuvent créer des incertitudes lors des contrôles. Des identifiants fournisseurs, de bons de commande ou de livraison manquants peuvent empêcher d’associer les données à la bonne expédition.
« Notre système effectue des contrôles de qualité des données fournisseurs avant leur intégration dans le système d’information de l’UE pour la génération des DDS. Ces contrôles couvrent la validation des fichiers et des formats, ainsi que les données relatives aux polygones et les processus d’atténuation. Ils comprennent la validation des fichiers GeoJSON au format WGS84, des certificats et des références DDS des fournisseurs, des identifiants fournisseurs et des bons de commande, des polygones fermés, des parcelles dupliquées, des chevauchements, des géométries invalides, des attributs obligatoires, des documents, de l’historique des versions, des notifications, du retraitement et de la conservation de l’historique des audits », a déclaré Michael.
Le principe est simple : seuls les dossiers complets, acceptés et traçables doivent passer à l’évaluation des risques et à la préparation de la DDS. Tout dossier incomplet doit être intégré à un processus de correction contrôlé, avec attribution des responsabilités, notification, correction à la source, retraitement et conservation de l’historique des audits.
Le défi de la production légale que la plupart des entreprises sous-estiment
De nombreuses discussions sur l’EUDR se concentrent sur la déforestation, mais la production légale est tout aussi importante. Une expédition peut être totalement exempte de déforestation et néanmoins ne pas satisfaire aux exigences si l’entreprise n’est pas en mesure de démontrer qu’elle a été produite conformément aux lois applicables du pays d’origine. Le Règlement (UE) 2023/1115 exige que les produits concernés soient exempts de déforestation, produits légalement et couverts par une déclaration de diligence raisonnable.
Pour les équipes chargées de l’approvisionnement, cela élargit la notion de preuve. Selon la matière première, la juridiction et le modèle d’approvisionnement, les documents attestant de la légalité de la production peuvent inclure les droits fonciers ou de propriété, les permis et autorisations prévus par la législation nationale, les documents relatifs à la conformité environnementale, les certifications et les registres de chaîne de traçabilité (Parlement européen et Conseil de l’Union européenne, 2023).
Le défi réside dans le fait que ces preuves sont beaucoup moins standardisées que les données de géolocalisation. Elles varient selon le pays, le type de fournisseur, la matière première et le système foncier local. C’est pourquoi il est essentiel de disposer d’un cadre structuré pour la gestion des preuves, plutôt que de les constituer au cas par cas.
Notre solution EUDR traite ces éléments de preuve, notamment les documents fonciers, les permis d’exploitation et les autorisations environnementales, les certifications, les documents cadastraux, les cartes et les registres de chaîne de traçabilité, comme des données d’entrée pour la validation qui alimentent directement l’évaluation des risques et les décisions de diligence raisonnable.
Pour les équipes chargées des achats et de la durabilité, le principal enseignement est que la vérification de la légalité de la production ne peut pas être reléguée en annexe. Elle doit être intégrée au flux opérationnel : associée au dossier du fournisseur et de la parcelle, évaluée au regard des critères de risque et conservée avec la décision finale.
Construire un modèle fournisseurs inclusif sans abaisser les standards de conformité
L’un des principaux risques liés à la mise en œuvre de l’EUDR est l’exclusion des fournisseurs. Les petits fournisseurs, les agrégateurs, les coopératives et les chaînes d’approvisionnement liées aux petits producteurs peuvent ne pas disposer du même niveau de maturité numérique que les grands fournisseurs. Si les systèmes de conformité sont conçus uniquement pour des fournisseurs hautement numérisés, l’accès au marché risque de devenir plus difficile pour les acteurs qui ont justement le plus besoin d’accompagnement.
Un modèle opérationnel EUDR pratique doit donc prendre en charge plusieurs modalités de participation des fournisseurs. Certains fournisseurs peuvent soumettre leurs données directement via une plateforme. D’autres peuvent utiliser une API ou un échange de données structuré. D’autres encore peuvent s’appuyer sur les e-mails, les tableurs, un téléchargement contrôlé ou un processus de collecte géré par l’acheteur. Lorsque la qualité des données ou le niveau de risque nécessite une assurance supplémentaire, une cartographie sur le terrain ou une vérification indépendante peut être ajoutée.
Le modèle d’agrégation et de vérification des données de KOLTIVA accompagne les fournisseurs à travers différentes modalités de participation : les fournisseurs dont les données sont collectées via KoltiTrace et KoltiSkills, les fournisseurs directement abonnés à KoltiTrace et les fournisseurs qui n’utilisent pas KoltiTrace. Lorsque la qualité des données fournisseurs ou le niveau de risque nécessite une assurance supplémentaire, KoltiVerify peut fournir une vérification complémentaire. Quelle que soit la voie d’intégration, le modèle vise à centraliser les preuves, le statut de validation et les décisions de conformité au sein d’un dossier EUDR unique et encadré.
C’est essentiel pour un approvisionnement inclusif. La flexibilité au niveau de la collecte des données ne doit pas entraîner d’incohérence au niveau de la conformité. Les fournisseurs peuvent soumettre leurs données par différents canaux, mais chaque dossier doit néanmoins passer par les mêmes contrôles en matière de preuves, de validation, d’évaluation des risques, d’atténuation et d’audit.
L’avenir de la conformité à l’EUDR repose sur un système opérationnel, pas sur une simple liste de contrôle
La conformité à l’EUDR pousse les entreprises à repenser leur approche de la traçabilité. L’objectif n’est plus simplement de cartographier les fournisseurs ou de collecter les coordonnées des exploitations. Il s’agit désormais de gérer des chaînes d’approvisionnement vérifiées et prêtes à l’expédition, dans lesquelles chaque produit concerné peut être relié aux preuves fournisseurs, à l’évaluation géospatiale, aux documents attestant de la légalité, aux décisions relatives aux risques, aux références DDS et à l’historique des audits.
Pour les responsables des achats durables et de l’approvisionnement, il s’agit d’un changement stratégique. La conformité devient partie intégrante de l’exécution des achats. La traçabilité devient une composante de l’architecture des données de l’entreprise. L’engagement des fournisseurs devient un élément de l’atténuation des risques. La préparation des DDS devient un élément de la planification des expéditions.
De nombreuses entreprises ont commencé leur démarche EUDR en se concentrant sur la collecte des données de géolocalisation et de la documentation fournisseurs. Ce que nous constatons aujourd’hui est un défi différent : rendre ces données opérationnelles. Les organisations les mieux préparées ne sont pas nécessairement celles qui disposent du plus grand volume de données, mais celles qui sont capables de relier les preuves fournisseurs, les décisions relatives aux risques, la traçabilité de la production, les processus DDS et l’historique des audits au sein d’un flux de travail unique et encadré.
Les entreprises les mieux préparées à l’EUDR ne seront pas celles qui disposent du plus grand nombre de tableurs ou des dossiers documentaires les plus volumineux. Ce seront celles qui disposent d’un modèle opérationnel contrôlé capable de valider les preuves, de gérer les exceptions, de relier les données en amont aux produits en aval, de générer des données prêtes pour les DDS, de renvoyer les numéros de référence vers les systèmes appropriés et de démontrer a posteriori la justification de chaque décision.
La prochaine génération de la traçabilité doit donc aller au-delà de la simple visibilité. Elle doit être vérifiable, opérationnelle, connectée et prête pour les audits. C’est vers cela que se dirige la conformité à l’EUDR : passer de la traçabilité comme simple documentation à la traçabilité comme système opérationnel au service d’un approvisionnement responsable.
Foire aux questions (FAQ)
Que signifie une traçabilité du cacao prête pour l’EUDR ?
Cela signifie qu’une entreprise peut relier les preuves fournisseurs, la géolocalisation au niveau des parcelles, les documents attestant de la légalité, l’évaluation des risques, les registres de production et d’expédition, la préparation des DDS, le statut de soumission dans TRACES et l’historique des audits au sein d’un processus unique et défendable.
Pourquoi la validation des fichiers GeoJSON est-elle importante pour l’EUDR ?
Parce que les fichiers GeoJSON doivent être techniquement compatibles avec le système d’information EUDR. Des erreurs telles que des polygones ouverts, des géométries invalides, un format de coordonnées incorrect, des noms de propriétés invalides ou des limites de taille de fichier peuvent entraîner des problèmes de soumission et de diligence raisonnable.
La collecte des coordonnées suffit-elle pour être conforme à l’EUDR ?
Non. Les coordonnées doivent être associées à l’identité du fournisseur, aux registres des parcelles, aux preuves de légalité, à l’évaluation des risques, aux bons de commande, aux lots de production, aux expéditions, aux références DDS et aux pistes d’audit afin de soutenir un processus de diligence raisonnable défendable.
Pourquoi la production légale est-elle importante ?
L’EUDR exige que les produits soient fabriqués conformément à la législation applicable du pays de production. Cela peut nécessiter des preuves telles que des documents relatifs à l’utilisation ou à la propriété des terres, des permis, des documents environnementaux, des informations cadastrales, des certifications et des registres de chaîne de traçabilité, selon le pays et la matière première.
Que devraient prioriser les entreprises du secteur du cacao ?
Elles devraient prioriser l’architecture des preuves : collecte des données fournisseurs, validation des fichiers GeoJSON, preuves de légalité, identifiants des bons de commande et des livraisons, liaison entre les lots et les expéditions, processus DDS, attribution des responsabilités en cas d’exception et conservation des données d’audit.
Rédactrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Social Media Practitioner chez KOLTIVA
Expert du sujet : Michael Saputra, Head of Data Collection & Climate chez KOLTIVA
Gusi Ayu Putri Chandrika Sari met à profit son expertise en marketing digital et en médias sociaux ainsi que son profond engagement en faveur de la durabilité, avec plus de huit ans d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail se concentre sur la création de récits percutants qui établissent un lien entre technologie, agriculture et responsabilité environnementale. Elle est animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables à travers des contenus pertinents et adaptés aux audiences sur différentes plateformes numériques.
Michael Saputra est Head of Data Collection and Climate chez KOLTIVA, où il dirige des initiatives intégrant l’intelligence climatique à des systèmes robustes de collecte de données sur le terrain dans les chaînes d’approvisionnement agricoles mondiales. Fort d’une expertise en analyse géospatiale, en suivi environnemental et en traçabilité numérique, Michael veille à ce que les données collectées directement sur le terrain, jusqu’au niveau des parcelles agricoles, contribuent à la conformité avec des cadres de durabilité tels que le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (EUDR). Son travail fait le lien entre technologie et action climatique afin d’aider les entreprises et les petits producteurs à construire des chaînes d’approvisionnement résilientes, transparentes et exemptes de déforestation.
Ressources :
European Commission. (2025). EUDR GeoJSON file description: Version 1.5. https://nli.gov.cz/wp-content/uploads/EUDR-EUDR-GEOJSON-FILE-DESCRIPTION-1.5_.pdf
European Commission. (n.d.). Regulation on deforestation-free products. https://environment.ec.europa.eu/topics/forests/deforestation/regulation-deforestation-free-products_en
European Parliament and Council of the European Union. (2023). Regulation (EU) 2023/1115 of the European Parliament and of the Council of 31 May 2023 on the making available on the Union market and the export from the Union of certain commodities and products associated with deforestation and forest degradation and repealing Regulation (EU) No 995/2010. EUR-Lex. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1115/oj/eng













Le point sur l’identification précoce des problèmes de données me paraît particulièrement pertinent. Détecter un polygone invalide ou des informations manquantes sur un fournisseur lors de son intégration est très différent de le découvrir lorsqu’une expédition attend déjà son dédouanement.