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  • Comment la traçabilité de la noix de coco, les données et l’autonomisation des producteurs façonnent l’avenir de l’approvisionnement face aux risques climatiques et à la hausse de la demande

    Note de la rédaction L’industrie de la noix de coco fait face à un paradoxe croissant : la demande continue d’accélérer, tandis que la sécurité de l’approvisionnement à long terme devient de plus en plus incertaine. Le vieillissement des cocoteraies, les pressions climatiques, la fragmentation des réseaux d’approvisionnement et le manque de visibilité au niveau des exploitations agricoles révèlent des vulnérabilités auxquelles les modèles d’approvisionnement traditionnels n’ont jamais été conçus pour répondre. Les enseignements tirés de la table ronde 2026 du Sustainable Coconut Partnership (SCP), organisée à Bali, notamment les perspectives partagées par Stephan Kitzbichler, responsable de l’engagement des producteurs et de la durabilité chez KOLTIVA, mettent en lumière une nouvelle réalité pour le secteur : la traçabilité seule ne suffit plus. La résilience future de l’approvisionnement dépendra de la capacité des entreprises à transformer efficacement les données collectées sur le terrain en actions concrètes, afin de prendre des décisions d’approvisionnement plus éclairées, d’améliorer les moyens de subsistance des producteurs et de favoriser des systèmes de production de noix de coco plus durables. Résumé exécutif Entre 62 et 64 millions de tonnes de noix de coco sont produites chaque année dans le monde. L’Indonésie, les Philippines et l’Inde représentent environ 72 % de la production mondiale. Les petits producteurs assurent 95 % de la production mondiale de noix de coco, tandis que le vieillissement des plantations, les risques climatiques et la fragmentation des réseaux d’approvisionnement menacent la sécurité de l’approvisionnement à long terme. Il est nécessaire d’aller au-delà de la traçabilité pour développer une véritable intelligence des chaînes d’approvisionnement, exploitable pour la prise de décision. En combinant les données collectées au niveau des exploitations, l’analyse prédictive, le suivi des risques climatiques, l’agriculture régénératrice et un accompagnement ciblé des producteurs, les entreprises peuvent renforcer la résilience de leur approvisionnement tout en favorisant des modes de production plus durables et en améliorant les moyens de subsistance des producteurs. Table des matières La demande mondiale de noix de coco augmente, mais les risques pesant sur l’approvisionnement s’intensifient La demande mondiale de produits dérivés de la noix de coco continue de croître, portée par l’expansion des marchés de l’huile de coco, de l’eau de coco, des ingrédients d’origine végétale, des produits de soins personnels et des matières premières durables. Toutefois, derrière cette croissance se dessinent des défis croissants du côté de l’offre. La production mondiale de noix de coco atteint entre 62 et 64 millions de tonnes par an dans environ 87 pays producteurs. L’Indonésie, les Philippines et l’Inde représentent à elles seules près de 72 % de la production mondiale totale. Dans de nombreuses régions productrices, le vieillissement des cocoteraies, la baisse de productivité, les perturbations liées au climat et le manque de visibilité sur les réseaux d’approvisionnement fragilisent la sécurité de l’offre à long terme (World Population Review, 2022). Le secteur de la noix de coco durable présente un potentiel de marché considérable, mais des difficultés structurelles de production persistent. Selon les données publiées par le Sustainable Coconut Partnership (SCP), qui s’appuient sur une référence de Fairtrade datant de 2015, les petits producteurs assurent 95 % de la récolte mondiale de noix de coco, tandis que 90 % de la production mondiale est concentrée dans la région Asie-Pacifique (Fairtrade, 2015, cité par le Sustainable Coconut Partnership, s. d.). À mesure que les réglementations en matière de durabilité se développent et que les acheteurs exigent davantage de transparence dans les chaînes d’approvisionnement agricoles, les entreprises ne se différencient plus uniquement par les prix et les volumes. Leur capacité à démontrer la responsabilité de leurs pratiques d’approvisionnement, à soutenir les moyens de subsistance des producteurs et à garantir la continuité de l’approvisionnement face à des risques environnementaux et commerciaux croissants devient un critère d’évaluation de plus en plus déterminant. Pourquoi les modèles traditionnels d’approvisionnement en noix de coco ne suffisent plus Pendant des décennies, les stratégies d’approvisionnement en noix de coco ont principalement visé à garantir des volumes suffisants, des prix compétitifs et une disponibilité fiable. Si cette approche a permis de répondre à la croissance de la demande du marché, elle a souvent négligé les vulnérabilités structurelles présentes au niveau des exploitations agricoles. Aujourd’hui, le secteur de la noix de coco est confronté à un ensemble de défis interdépendants : vieillissement des plantations, baisse des rendements, vieillissement de la population des producteurs et incitations économiques insuffisantes pour encourager les jeunes générations à poursuivre une activité agricole. Le changement climatique accentue encore ces pressions, tandis que la hausse de la demande mondiale renforce les préoccupations concernant la sécurité future de l’approvisionnement. Ces facteurs soulignent la nécessité d’une action coordonnée à l’échelle de l’ensemble de la chaîne de valeur. L’un des défis les plus importants réside dans le vieillissement des cocoteraies. Aux Philippines, par exemple, les données gouvernementales indiquent que de nombreux cocotiers âgés ne produisent qu’environ 40 noix par an, soit près d’un tiers de leur potentiel de production optimal. Cette situation a conduit au lancement de programmes de renouvellement des plantations à grande échelle, destinés à restaurer les capacités de production nationales (ministère philippin de l’Agriculture, 2025). Parallèlement, le changement climatique intensifie les risques pesant sur la production. Les phénomènes météorologiques extrêmes, les sécheresses prolongées, l’évolution des régimes de précipitations et la pression croissante des ravageurs affectent la productivité des cocoteraies dans les régions tropicales. Ces réalités révèlent une faiblesse fondamentale des modèles d’approvisionnement traditionnels : une visibilité limitée sur les conditions au niveau des exploitations et sur l’émergence de nouveaux risques pesant sur l’offre. Sans informations fiables sur l’origine des noix de coco, les performances des exploitations et les difficultés rencontrées par les producteurs, les entreprises restent largement dans une logique réactive et ne répondent souvent aux perturbations qu’une fois celles-ci répercutées sur l’approvisionnement. Ces défis montrent que l’approvisionnement en noix de coco ne peut plus reposer uniquement sur des stratégies d’achat fondées sur les volumes. Pour gérer efficacement les risques émergents, les entreprises doivent améliorer la visibilité de leurs chaînes d’approvisionnement et mieux comprendre les conditions qui déterminent la production au niveau des exploitations agricoles. La traçabilité : le fondement de chaînes d’approvisionnement en noix de coco durables À mesure que les risques liés à la durabilité et les exigences en matière d’approvisionnement gagnent en complexité, la traçabilité devient indispensable à la construction de chaînes d’approvisionnement en noix de coco plus résilientes et responsables. Les entreprises ont besoin d’informations claires et fiables sur l’origine des noix de coco, les producteurs qui les cultivent et leur parcours depuis les zones de production jusqu’aux transformateurs et aux marchés finaux. Les registres numériques, les données de géolocalisation et la cartographie des fournisseurs peuvent contribuer à relier ces différentes étapes et à améliorer la visibilité sur l’origine et le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement. Les échanges tenus lors de la table ronde 2026 du Sustainable Coconut Partnership (SCP), à Bali, en Indonésie, ont réaffirmé un message essentiel pour le secteur : l’avenir d’un approvisionnement durable dépend de la capacité à transformer la transparence des chaînes d’approvisionnement en informations exploitables pour la prise de décision. Stephan Kitzbichler, responsable de l’engagement des producteurs et de la durabilité chez KOLTIVA et participant à la table ronde SCP 2026, a souligné la manière dont les approches fondées sur les données peuvent aider les entreprises à dépasser une logique d’approvisionnement réactive : « L’avenir de l’approvisionnement en noix de coco sera façonné par les organisations capables de transformer les informations relatives à leurs chaînes d’approvisionnement en un avantage stratégique. Les données collectées sur le terrain, l’analyse prédictive, le suivi des risques climatiques et les informations sur les performances des producteurs ouvrent la voie à de nouvelles approches pour concevoir des programmes d’approvisionnement plus intelligents. Au lieu de réagir aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, les entreprises peuvent repérer activement les risques émergents, allouer les ressources de manière plus efficace, apporter un soutien mieux ciblé et renforcer leurs relations avec les producteurs. Tous ces éléments contribuent à rendre les chaînes d’approvisionnement plus résilientes. » Une traçabilité efficace ne se limite pas au suivi des produits. Elle permet aux entreprises de cartographier leurs réseaux de fournisseurs, d’enregistrer les producteurs, de vérifier les lieux de production et de conserver des données fiables sur les activités d’approvisionnement. En reliant les données au niveau des exploitations aux informations disponibles en aval de la chaîne d’approvisionnement, les organisations peuvent mieux évaluer les risques liés à l’approvisionnement, suivre leurs engagements en matière de durabilité et renforcer leurs processus de conformité. De la traçabilité à l’impact : mobiliser les données et autonomiser les producteurs pour renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement en noix de coco La traçabilité n’est qu’un point de départ. Pour construire des chaînes d’approvisionnement en noix de coco plus durables et plus résilientes, les entreprises doivent transformer des données fiables sur l’origine des produits en informations exploitables pour orienter leurs décisions. En associant les données des exploitations aux informations sur la production, aux données climatiques et aux évaluations agronomiques, les organisations peuvent repérer les écarts de productivité, évaluer les risques environnementaux, hiérarchiser les interventions et mesurer les résultats concrets de leurs initiatives en matière de durabilité. Ce passage de la visibilité à une intelligence opérationnelle permet de prendre de meilleures décisions d’approvisionnement et d’anticiper d’éventuelles perturbations. Cependant, les données seules ne peuvent pas résoudre les problèmes structurels auxquels la production de noix de coco est confrontée. Puisque la majeure partie de la production mondiale provient de petits producteurs, la résilience des chaînes d’approvisionnement dépend de la productivité, des connaissances et des moyens de subsistance des producteurs qui en constituent le socle. L’accès limité à la formation agricole, à du matériel végétal de qualité, aux technologies, aux financements et aux informations sur les marchés peut freiner la productivité et accroître les risques d’approvisionnement à long terme. L’autonomisation des producteurs est donc essentielle pour transformer la traçabilité en un impact concret. Des programmes tels que les Champs-écoles des producteurs (CEP), associés à des formations pratiques et à des services de conseil numérique, peuvent aider les producteurs à améliorer leurs pratiques culturales, à multiplier du matériel végétal de qualité, à diversifier leur production, à gérer les ravageurs, à améliorer la qualité des récoltes, à optimiser les opérations post-récolte pour créer davantage de valeur et à s’adapter à l’évolution des conditions environnementales. Les outils numériques peuvent également aider les organisations à suivre la participation aux formations, à mesurer l’adoption des bonnes pratiques agricoles et à évaluer les progrès dans le temps. Le renforcement des liens entre les producteurs, les coopératives, les transformateurs et les acheteurs peut améliorer l’accès aux informations sur les marchés et favoriser des relations d’approvisionnement plus prévisibles. En reliant les données de traçabilité à des initiatives ciblées de renforcement des capacités, les entreprises peuvent déterminer où les besoins d’accompagnement sont les plus importants et orienter leurs ressources vers des améliorations mesurables de la productivité, de la durabilité et des moyens de subsistance des producteurs. En définitive, des chaînes d’approvisionnement en noix de coco résilientes ne nécessitent pas seulement de connaître l’origine des produits. Elles exigent également la capacité d’utiliser ces informations pour répondre aux défis de la production, autonomiser les producteurs et créer de la valeur à long terme tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Lorsque la traçabilité, la prise de décision fondée sur les données et l’accompagnement des producteurs fonctionnent de concert, la durabilité devient une stratégie concrète au service de la résilience des entreprises et d’une croissance inclusive. Agriculture régénératrice et renouvellement des cocoteraies : sécuriser l’avenir de la production de noix de coco À mesure que les risques climatiques s’intensifient et que le vieillissement des cocotiers menace la productivité à long terme, l’agriculture régénératrice et le renouvellement des cocoteraies prennent une importance croissante pour la durabilité des chaînes d’approvisionnement en noix de coco. Les pratiques régénératrices visent à améliorer la santé des sols, à protéger la biodiversité, à renforcer la résilience des écosystèmes et à soutenir des systèmes de production plus durables. Selon les conditions locales, elles peuvent inclure les cultures intercalaires, la gestion organique des sols, le maintien d’un couvert végétal et l’intégration de cultures adaptées dans des systèmes d’agroforesterie. Parallèlement à l’adoption de pratiques régénératrices, le remplacement des cocotiers vieillissants et peu productifs est essentiel pour préserver les capacités de production futures. Aux Philippines, le gouvernement a fixé un objectif de plantation de 100 millions de cocotiers d’ici à 2028 afin d’accélérer le renouvellement des plantations et de renforcer la filière nationale de la noix de coco (ministère philippin de l’Agriculture, 2025). Toutefois, la réussite des programmes de replantation ne dépend pas uniquement de la distribution de jeunes plants. Il est également nécessaire de suivre leur localisation, leur taux de survie et leur contribution effective à l’amélioration de la productivité à long terme. La traçabilité numérique peut faciliter cette démarche en reliant les registres de distribution des plants aux informations sur les producteurs, aux parcelles agricoles géolocalisées, aux dates de plantation et aux évaluations de suivi. Associées à la formation des producteurs, à l’utilisation de matériel végétal adapté et à des dispositifs de soutien aux moyens de subsistance pendant la période de transition, ces informations permettent aux entreprises et aux partenaires du développement de suivre les progrès, de repérer les lacunes dans la mise en œuvre et de prendre des décisions d’investissement mieux éclairées. Des indicateurs environnementaux et économiques, tels que l’état des sols, le taux de survie des arbres, la productivité et les revenus des producteurs, peuvent également contribuer à déterminer si les interventions produisent des résultats significatifs. En définitive, assurer l’avenir de la production de noix de coco exige une approche intégrée combinant agriculture régénératrice, renouvellement des cocoteraies, données fiables et autonomisation des producteurs. En reliant les initiatives de durabilité à des résultats mesurables sur le terrain, les entreprises peuvent renforcer la résilience de la production, soutenir les moyens de subsistance des producteurs et bâtir des chaînes d’approvisionnement en noix de coco plus fiables sur le long terme. Dans ses réflexions finales, Stephan Kitzbichler a fait écho à l’un des principaux enseignements des échanges du SCP : « Les solutions efficaces aux défis de la durabilité commencent par des chaînes d’approvisionnement transparentes et cartographiées, qui permettent de savoir d’où proviennent les matières premières, qui les produit et comment elles circulent par l’intermédiaire des différents acteurs. Au-delà du soutien aux engagements en matière de durabilité et de la conformité réglementaire, cette visibilité constitue un avantage commercial : les entreprises disposant de données fiables sur leur approvisionnement sont mieux préparées à anticiper les perturbations, à hiérarchiser les interventions et à sécuriser leurs approvisionnements sur des marchés de plus en plus concurrentiels. » Il a également souligné que la traçabilité doit constituer un fondement, et non une finalité. En associant des données fiables collectées sur le terrain à des analyses prédictives, à des pratiques agricoles régénératrices et à un accompagnement ciblé des producteurs, les entreprises peuvent transformer l’intelligence de leurs chaînes d’approvisionnement en progrès mesurables. L’avenir de l’approvisionnement en noix de coco dépendra de la capacité du secteur à convertir la transparence en une amélioration concrète des moyens de subsistance des producteurs, en systèmes de production résilients et en approvisionnements plus durables à long terme. À propos de la rédactrice et de l’expert du secteur Rédactrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, spécialiste des réseaux sociaux chez KOLTIVA. Expert du secteur : Stephan Kitzbichler, responsable de l’engagement des producteurs et de la durabilité chez KOLTIVA. Stephan Kitzbichler est responsable de l’engagement des producteurs et de la durabilité chez KOLTIVA. Il dirige la mise en œuvre de programmes liés à la durabilité, à la traçabilité et au développement des producteurs. Son expertise couvre l’agriculture durable, l’inclusion des petits producteurs, l’agroécologie, la certification ainsi que les cadres réglementaires et de conformité, notamment le règlement de l’Union européenne contre la déforestation et la dégradation des forêts (EUDR) et les engagements de non-déforestation, de non-tourbière et de non-exploitation (NDPE). Depuis huit ans, Stephan travaille à l’intersection de l’agriculture à petite échelle et des chaînes d’approvisionnement mondiales. Il contribue à des initiatives visant à améliorer les moyens de subsistance des producteurs, la résilience climatique, la transparence des chaînes d’approvisionnement et l’accès aux marchés. Chez KOLTIVA, il supervise la mise en œuvre des programmes KoltiSkills, notamment la cartographie des exploitations, les opérations sur le terrain, les évaluations de durabilité et les initiatives de renforcement des capacités des producteurs, qui aident les entreprises à développer des réseaux d’approvisionnement plus résilients et traçables. Références Ministère philippin de l’Agriculture (2025). Philippines Accelerates Coconut Planting to Regain Global Lead. Disponible sur : https://www.da.gov.ph/philippines-accelerates-coconut-planting-to-regain-global-lead/ Sustainable Coconut Partnership (SCP) (s. d.). Background. Disponible sur : https://www.coconutpartnership.org/background World Population Review (2022). Coconut Production by Country. Disponible sur : https://worldpopulationreview.com/country-rankings/coconut-production-by-country

  • Comment le logiciel de conformité EUDR de KOLTIVA renforce l’évaluation des risques à l’échelle des parcelles grâce à son arbre décisionnel

    Note de la rédaction Alors que les entreprises font face à une complexité croissante en matière de conformité au Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (RDUE), il est devenu essentiel de comprendre comment les données, les technologies et les éléments probants convergent pour soutenir les procédures de diligence raisonnée. Cet article reflète l’expertise et la vision technique de Furqonuddin Ramdhani, Co-Directeur des produits et de la technologie chez KOLTIVA, dont les travaux visent à faire progresser la traçabilité, l’analyse géospatiale et les solutions numériques de conformité pour les chaînes d’approvisionnement agricoles mondiales. Les points de vue présentés dans cet article mettent en lumière la manière dont des méthodologies structurées d’évaluation des risques, la vérification sur le terrain et l’intelligence géospatiale peuvent aider les organisations à transformer les exigences réglementaires en décisions transparentes, étayées par des preuves et défendables. Synthèse exécutive Le Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (RDUE) a profondément transformé la manière dont les entreprises doivent démontrer leur conformité au sein des chaînes d’approvisionnement agricoles. La conformité ne peut plus reposer uniquement sur les déclarations des fournisseurs. Les entreprises doivent désormais établir précisément où les matières premières ont été produites, vérifier que les zones de production n’ont pas fait l’objet de déforestation après le 31 décembre 2020 et démontrer le respect de la législation applicable dans le pays de production. Pour les organisations qui s’approvisionnent en caoutchouc naturel, huile de palme, cacao, café, soja et autres matières premières présentant un risque pour les forêts, le défi ne consiste pas simplement à collecter davantage de données. Il s’agit avant tout de transformer des sources d’information variées — notamment les analyses géospatiales, les données de terrain, les déclarations des producteurs, les documents attestant de la légalité et les registres de traçabilité — en décisions cohérentes et fondées sur des preuves. Pour relever ce défi, KOLTIVA a développé une méthodologie structurée d’arbre décisionnel RDUE qui combine l’intelligence géospatiale, la vérification de la légalité, les preuves recueillies sur le terrain et des processus d’évaluation des risques. Cette approche aide les organisations à prendre, à grande échelle, des décisions de conformité transparentes, documentées et défendables. Table des matières Une chaîne d’approvisionnement peut disposer d’une liste de producteurs, de déclarations de fournisseurs et de registres de transactions, tout en ne possédant pas les preuves nécessaires pour démontrer où une matière première a été produite et si son origine répond aux exigences réglementaires applicables. C’est l’un des principaux défis auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu’elles se préparent au Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (RDUE). Les chaînes d’approvisionnement peuvent impliquer plusieurs intermédiaires, des zones de production fragmentées, une documentation incohérente et une visibilité limitée sur l’historique de l’utilisation des terres. En l’absence d’une méthode structurée pour évaluer ces facteurs, les entreprises peuvent éprouver des difficultés à déterminer quelles origines nécessitent des investigations supplémentaires et quelles preuves font encore défaut. Pourquoi les chaînes d’approvisionnement agricoles ont besoin d’une approche structurée de la conformité La conformité au RDUE exige davantage que la collecte de documents et la tenue de registres des fournisseurs. Les entreprises doivent établir un lien crédible entre l’origine de la production, l’historique de l’utilisation des terres, les exigences légales applicables et leur processus de diligence raisonnée. Cela représente un défi majeur pour les chaînes d’approvisionnement agricoles, en particulier celles qui impliquent des milliers de petits producteurs, de multiples intermédiaires, des zones de production fragmentées et des niveaux de documentation variables. Dans de tels environnements, une augmentation du volume de données ne se traduit pas automatiquement par de meilleurs résultats en matière de conformité. Les organisations ont besoin d’une méthodologie cohérente pour transformer les informations disponibles en preuves vérifiables et en décisions opérationnelles. Dans le cadre du Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (RDUE), la conformité repose sur trois exigences distinctes. Premièrement, une production sans déforestation : les matières premières concernées ne doivent pas avoir été produites sur des terres ayant fait l’objet de déforestation après le 31 décembre 2020. Deuxièmement, la légalité : les produits doivent respecter la législation applicable dans le pays de production, notamment les exigences relatives aux droits d’utilisation des terres, à la protection de l’environnement, au travail, aux droits humains et aux autres obligations légales pertinentes. Troisièmement, la diligence raisonnée : les opérateurs doivent effectuer les procédures de diligence raisonnée requises et soumettre une déclaration de diligence raisonnée (DDS) via le système d’information de l’Union européenne avant de mettre les produits concernés sur le marché de l’UE ou de les exporter, selon le cas. Ces exigences sont interdépendantes, mais chacune doit être satisfaite séparément : le respect de l’une ne compense pas le non-respect d’une autre. Satisfaire à ces trois exigences nécessite bien davantage qu’un simple score de risque. Cela requiert un processus structuré permettant d’évaluer systématiquement les preuves relatives aux fournisseurs, aux matières premières et aux régions d’approvisionnement. Les entreprises posent souvent une question simple : « Comment évaluer de manière cohérente des milliers de producteurs, de fournisseurs, de parcelles de production, de documents, de données géospatiales et d’informations locales afin d’établir une évaluation de conformité transparente et défendable ? » C’est là qu’une méthodologie d’évaluation structurée devient essentielle. Plutôt que de s’appuyer sur une interprétation subjective, chaque critère d’évaluation peut être associé à des niveaux de risque prédéfinis et à des étapes de vérification spécifiques. Cette approche permet aux organisations d’évaluer les indicateurs de conformité de manière cohérente dans différentes régions, auprès de différents fournisseurs et au sein de divers systèmes de production, tout en facilitant l’identification des lacunes d’information, des incohérences et des risques potentiels nécessitant des investigations supplémentaires. Un arbre décisionnel de conformité au RDUE offre un moyen pratique de mettre en œuvre cette méthodologie. En organisant les critères d’évaluation, les preuves disponibles et les étapes de vérification selon une séquence logique, il aide les utilisateurs à déterminer les éléments à contrôler, les résultats nécessitant un examen approfondi et les mesures éventuellement requises avant de parvenir à une conclusion sur la conformité. Il est important de souligner qu’un arbre décisionnel ne doit pas être considéré comme un verdict automatique ou définitif en matière de conformité. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision qui guide les évaluations, met en évidence les risques potentiels et identifie les domaines nécessitant des investigations supplémentaires, des mesures d’atténuation ou des actions correctives. L’objectif est de soutenir un processus de diligence raisonnée documenté et d’aider à démontrer que le risque de non-conformité a été évalué et, si nécessaire, réduit à un niveau négligeable, conformément aux exigences du RDUE. Furqonuddin Ramdhani, Co-Directeur des produits et de la technologie chez KOLTIVA, explique : « La conformité au RDUE exige une approche systématique pour valider les données relatives à l’origine de la production, évaluer les preuves géospatiales et vérifier la légalité au regard de critères de risque définis. Le défi technique consiste à intégrer la géolocalisation à l’échelle des parcelles, l’analyse des changements d’affectation des terres, la traçabilité des fournisseurs et la vérification documentaire dans un cadre d’évaluation cohérent. Lorsque ces différents éléments de données sont évalués conjointement au moyen d’une méthodologie structurée fondée sur les risques, les entreprises peuvent identifier les lacunes dans les données, signaler les risques potentiels de non-conformité et établir une base plus transparente, fondée sur des preuves, pour leurs décisions en matière de diligence raisonnée. » Au cœur de l’arbre décisionnel RDUE de KOLTIVA : deux flux de preuves L’arbre décisionnel RDUE de KOLTIVA traduit les deux conditions prévues à l’article 3 du RDUE — une production sans déforestation et une production légale — en une séquence de questions structurées. Chaque séquence aboutit à une classification du risque : faible, moyen ou élevé. Chaque branche de l’arbre s’appuie sur l’un des deux flux de preuves : les données secondaires évaluées au moyen d’analyses documentaires à distance, et les données primaires collectées auprès des producteurs et concernant leurs parcelles. Aucun de ces deux flux ne suffit à lui seul. L’arbre est conçu pour permettre à chaque flux de vérifier et de compléter l’autre. Flux 1 : Intelligence géospatiale et évaluation documentaire à distance L’arbre commence par la parcelle. Chaque polygone cartographié dans KoltiTrace, notre plateforme de traçabilité, est superposé à des cartes nationales et mondiales d’utilisation des terres afin de répondre aux deux questions initiales de l’arbre : La parcelle est-elle exempte de déforestation après le 31 décembre 2020 ? La couverture forestière à la date de référence est comparée aux couches de données relatives à la déforestation et à la dégradation des forêts. Un signal de déforestation ne constitue pas une conclusion définitive. Il déclenche une vérification documentaire à distance et une inspection sur le terrain avant qu’une quelconque conclusion ne soit enregistrée. La parcelle se situe-t-elle sur une terre autorisée à la production ? Le polygone est vérifié par rapport aux aires protégées et aux classifications nationales de l’utilisation des terres, telles que le domaine forestier en Indonésie. Sa localisation détermine le parcours de la parcelle dans l’arbre décisionnel relatif à la légalité foncière et, par conséquent, les documents pouvant être considérés comme des preuves. À l’échelle nationale, les indices accessibles au public apportent un contexte supplémentaire concernant la corruption, les risques de contournement de la réglementation, la complexité des chaînes d’approvisionnement, la présence de peuples autochtones et la classification des pays selon le niveau de risque établi par l’Union européenne. Ce contexte permet de déterminer le poids pouvant être accordé aux documents provenant du pays concerné. Flux 2 : Enquêtes auprès des producteurs et sur les parcelles, accompagnées de pièces justificatives Les cartes ne permettent pas de déterminer qui détient les terres, comment les travailleurs sont traités ni si les impôts sont payés. Le flux d’enquête répond à ces questions au moyen d’arbres décisionnels de conformité couvrant les huit indicateurs de légalité définis à l’article 2, paragraphe 40, du RDUE. Les questions au niveau des producteurs portent sur les droits des tiers, le consentement libre, préalable et éclairé (CLIP), les droits humains et les droits du travail, ainsi que la fiscalité. Les questions au niveau des parcelles portent sur la légalité foncière, la protection de l’environnement et l’historique du défrichement des terres. Chaque réponse est associée à un résultat prédéfini — risque faible, moyen ou élevé — afin qu’une même réponse produise toujours la même classification. Les documents téléversés, tels que les certificats fonciers, les permis, les reçus fiscaux et les contrats, sont rattachés au dossier de la parcelle concernée. Le simple téléversement d’un document ne constitue pas, en soi, une preuve. Chaque document est vérifié selon les critères suivants : Sa cohérence avec les autres éléments de preuve disponibles dans le dossier ; Les faits qu’il permet réellement d’établir ; Le système ou l’autorité qui l’a délivré ; La probabilité qu’il ait été falsifié ou délivré de manière irrégulière, évaluée au regard du contexte de corruption établi dans le cadre du premier flux. Le point de convergence des deux flux Lorsqu’une déclaration d’un producteur contredit les données cartographiques, cette divergence fait l’objet d’une investigation au lieu d’être automatiquement tranchée dans un sens ou dans l’autre. Par exemple, un producteur peut déclarer qu’aucun brûlage n’a eu lieu après 2020, alors qu’une alerte incendie postérieure à 2020 se situe à l’intérieur du polygone de la parcelle. De même, un producteur peut déclarer qu’aucune tourbière n’est présente sur sa parcelle alors que la superposition cartographique des tourbières indique le contraire. Dans ces situations, l’indicateur n’est pas évalué tant qu’un examen documentaire à distance n’a pas été effectué et, si la divergence persiste, qu’une vérification sur le terrain n’a pas été réalisée. Chaque indicateur reçoit ensuite la classification de risque la plus élevée parmi les réponses obtenues, sans jamais calculer de moyenne. Pour les règles relatives aux forêts, la classification la plus défavorable entre les résultats concernant les droits d’utilisation des terres et ceux relatifs à la protection de l’environnement est retenue. Les résultats géospatiaux et ceux des enquêtes concernant la parcelle sont combinés selon le même principe. Une parcelle ne peut être considérée comme présentant un risque négligeable que lorsque son statut sans déforestation a été confirmé et que tous les indicateurs de légalité sont classés à risque faible, soit directement, soit après la mise en œuvre de mesures d’atténuation. Les huit indicateurs de légalité au cœur d’une évaluation structurée La légalité se résume rarement à une simple question à laquelle il suffit de répondre par oui ou par non. Les chaînes d’approvisionnement agricoles évoluent dans des environnements juridiques complexes qui couvrent la gouvernance foncière, la réglementation du travail, la fiscalité, les exigences environnementales et le commerce international. L’arbre décisionnel de KOLTIVA structure l’évaluation de la légalité autour de huit indicateurs, dont le niveau d’évaluation dépend de l’objet concerné. Un cadre structuré d’évaluation de la légalité peut couvrir huit grandes catégories : Droits fonciers. Évaluation de la propriété foncière, du régime foncier, des droits d’utilisation, des certificats, des permis et des documents justificatifs. Protection de l’environnement. Évaluation des pratiques de brûlage, de l’élimination des produits chimiques et des déchets dangereux, des autorisations environnementales, des cours d’eau, de la gestion des pentes, des tourbières, des habitats de la faune sauvage, ainsi que de la lutte contre les ravageurs et les maladies. Règles et réglementations relatives aux forêts. Évaluation du respect des obligations en matière de gestion forestière, des restrictions applicables aux zones protégées, des exigences environnementales et des réglementations relatives à la conversion des terres. Droits des tiers. Évaluation des plaintes des communautés, des consultations menées de bonne foi et des conflits liés à l’utilisation des terres. Droits du travail. Examen des contrats de travail, de la protection des travailleurs, des conditions d’emploi et de la législation du travail applicable. Droits humains. Évaluation des conditions affectant les personnes et les communautés impliquées dans les activités de production. Consentement libre, préalable et éclairé (CLIP). Évaluation de la consultation des communautés potentiellement affectées et des peuples autochtones au moyen de processus appropriés, lorsque cela est pertinent. Fiscalité, lutte contre la corruption, commerce et douanes. Vérification des justificatifs fiscaux agricoles et des exigences pertinentes relevant du périmètre défini par la méthodologie. Une caractéristique importante de ce cadre est que les indicateurs ne sont pas tous évalués au même niveau. Les droits d’utilisation des terres et la protection de l’environnement sont évalués parcelle par parcelle, tandis que les questions relatives aux droits des tiers, aux droits humains et aux droits du travail, au CLIP et à la fiscalité sont collectées au niveau du producteur et appliquées à l’ensemble des parcelles enregistrées à son nom. Les résultats relatifs aux règles forestières sont déduits des évaluations des droits d’utilisation des terres et de la protection de l’environnement. Cette distinction a des implications pratiques. Un producteur peut obtenir une évaluation satisfaisante en matière de droits du travail, tandis qu’une parcelle spécifique présente des préoccupations non résolues concernant l’utilisation des terres. À l’inverse, un constat relatif à un indicateur évalué au niveau du producteur peut affecter l’évaluation de toutes les parcelles enregistrées à son nom. En distinguant les indicateurs et leurs niveaux d’évaluation, cette méthodologie aide les entreprises à comprendre l’origine d’un problème et à déterminer quels dossiers ou quelles activités nécessitent une attention supplémentaire. Qu’est-ce qui détermine un niveau de risque faible, moyen ou élevé pour une parcelle ? L’arbre décisionnel de KOLTIVA applique une doctrine de notation prédéfinie : chaque réponse à une question d’enquête est associée à un résultat en fonction de ce qu’elle permet d’établir. La différence entre les niveaux faible, moyen et élevé ne repose pas simplement sur la gravité perçue d’un sujet. Elle dépend de la capacité des preuves à démontrer la conformité, à révéler une lacune non résolue ou à établir une infraction effective. Risque faible : conformité démontrée par des preuves. Une classification de risque faible signifie que l’exigence est respectée et que les preuves justificatives sont disponibles. Elle peut également s’appliquer lorsqu’une exigence ne s’applique effectivement pas, à condition que les raisons justifiant cette conclusion soient documentées. Risque moyen : lacune ou incertitude. Une classification de risque moyen indique qu’un dispositif de contrôle fait défaut, qu’une déclaration n’est pas suffisamment étayée ou que le producteur ne sait pas si une obligation s’applique. Elle signale un problème potentiel, sans établir à elle seule qu’une infraction a été commise. Selon la méthodologie, ces constats doivent généralement être traités au moyen de mesures d’atténuation et de vérifications complémentaires. Risque élevé : infraction, préjudice irréversible ou refus délibéré. Une classification de risque élevé indique que la réponse met en évidence un acte illégal, un préjudice irréversible ou un refus délibéré de se conformer aux exigences. La méthodologie exige des preuves de l’acte ou de l’infraction, plutôt que de se fonder uniquement sur la possibilité qu’un tel événement ait eu lieu. Ces distinctions rendent la classification plus informative qu’une simple liste de contrôle. Elles permettent de déterminer si un dossier nécessite la collecte de preuves supplémentaires, le renforcement des dispositifs de contrôle, des vérifications complémentaires ou une remontée du dossier à un niveau supérieur en raison d’une infraction identifiée. Comment la traçabilité numérique et l’intelligence géospatiale favorisent une diligence raisonnée fondée sur des preuves en vue de la conformité au RDUE. logiciel de conformité EUDR L’utilité d’un arbre décisionnel dépend directement de la qualité des informations disponibles pour étayer l’évaluation. Les outils de traçabilité numérique et d’analyse géospatiale peuvent aider les entreprises à organiser les données nécessaires à l’évaluation, à identifier les incohérences et à conserver une trace plus claire des preuves examinées. Les capacités de traçabilité numérique de KOLTIVA, notamment KoltiTrace MIS, peuvent faciliter la collecte et la gestion des informations relatives aux producteurs et aux chaînes d’approvisionnement. Lorsque les données pertinentes sont disponibles, des outils géospatiaux tels que Land Use Tracker peuvent contribuer à l’analyse des changements d’utilisation des terres et à l’identification de signaux potentiellement liés à la déforestation. logiciel de conformité EUDR Ces capacités répondent à des besoins complémentaires. Les données relatives aux producteurs et aux parcelles permettent d’établir l’origine des matières premières concernées. Les registres numériques de traçabilité permettent de relier les informations sur la production aux activités de la chaîne d’approvisionnement. L’analyse géospatiale contribue à l’examen de l’historique de l’utilisation des terres et à l’identification de problèmes potentiels. La gestion des preuves permet d’organiser les informations justificatives et d’identifier les lacunes documentaires. Les processus d’évaluation structurés aident les équipes à déterminer quels problèmes nécessitent des vérifications ou un suivi supplémentaires. L’intégration de ces capacités peut réduire la fragmentation entre la collecte des données, leur analyse et la prise de décision opérationnelle. Elle peut également aider les entreprises à conserver un historique plus cohérent de la manière dont les problèmes identifiés ont été évalués et traités. Furqonuddin explique : « Les images satellitaires offrent une visibilité essentielle sur l’historique de l’utilisation des terres, mais l’analyse géospatiale seule suffit rarement à déterminer la conformité. La valeur réside dans la combinaison des résultats de la télédétection avec les preuves recueillies sur le terrain, les limites des parcelles et les documents justificatifs. Ce n’est qu’en reliant ces ensembles de données que les organisations peuvent établir une compréhension des conditions de production suffisamment étayée pour être défendable. » « L’une des idées reçues les plus répandues consiste à penser que la conformité peut être vérifiée par la seule collecte de documents. En réalité, chaque document doit être évalué dans son contexte opérationnel et géographique. Les systèmes de vérification numérique nous permettent de relier directement les déclarations, les permis et les pièces justificatives aux producteurs et aux parcelles, renforçant ainsi la traçabilité et la fiabilité des évaluations », ajoute-t-il. À la suite de l’évaluation des risques à l’échelle des parcelles, l’étape suivante consiste à consigner les constatations et à déterminer les mesures nécessaires. La méthodologie RDUE de KOLTIVA définit un processus en cinq étapes : consigner, signaler, atténuer, vérifier à nouveau et conclure. Première étape : consigner. Chaque réponse à une question d’enquête, la classification de risque qui lui est attribuée et le document justificatif correspondant sont enregistrés dans le dossier du producteur et de la parcelle concernés. Deuxième étape : signaler. Les parcelles non conformes sont signalées sur une carte interactive permettant aux utilisateurs de consulter le statut de conformité de chaque parcelle ainsi que les raisons précises qui le justifient. Troisième étape : atténuer. Pour chaque constatation présentant un risque moyen ou élevé, une mesure d’atténuation assortie d’un délai est définie, avec un responsable désigné et une date de nouvelle vérification. Quatrième étape : vérifier à nouveau. La parcelle est ensuite évaluée une nouvelle fois selon le même arbre décisionnel. Une constatation n’est clôturée que lorsque les preuves justificatives ont évolué, et non simplement parce que le délai fixé est arrivé à échéance. Cinquième étape : conclure. Le processus s’achève lorsque tous les indicateurs présentent un risque faible et que le critère d’absence de déforestation est satisfait. À ce stade, la parcelle peut justifier une conclusion de risque négligeable et être incluse dans la déclaration de diligence raisonnée. La méthodologie précise également les informations mises à la disposition des acheteurs : les cartes de déforestation et d’autorisation d’utilisation des terres pour chaque parcelle approvisionnée, le statut de conformité de chaque parcelle et les motifs qui le justifient, les détails par indicateur, la piste documentaire ainsi qu’une liste actualisée des actions restant à mener pour les constatations présentant un risque moyen ou élevé. Ce processus relie chaque évaluation des risques aux preuves qui la justifient et aux mesures nécessaires pour traiter les constatations en suspens, fournissant ainsi une base documentée pour la décision finale en matière de diligence raisonnée. Transformer les exigences de conformité en décisions défendables La conformité au RDUE ne se détermine pas à partir d’une seule carte, d’un document, d’un score de risque ou d’une base de données. Elle exige une évaluation structurée de plusieurs sources de preuves, notamment les informations géospatiales, les données de traçabilité et les indicateurs de légalité pertinents. Un arbre décisionnel de conformité au RDUE offre un moyen concret de relier ces différents éléments. Lorsqu’il est bien conçu, il ne simplifie pas la conformité en ignorant sa complexité. Il la rend au contraire plus facile à gérer en établissant un parcours cohérent, depuis la collecte des preuves jusqu’à l’évaluation, la validation, l’atténuation des risques et la décision finale. Pour les entreprises opérant dans les chaînes d’approvisionnement du cacao, de l’huile de palme, du caoutchouc naturel, du café, du soja, des bovins et d’autres produits agricoles, cette structure peut présenter une valeur particulière. L’avenir des chaînes d’approvisionnement exemptes de déforestation dépendra non seulement de la qualité des données, mais aussi de la confiance accordée à leur interprétation. Les organisations les mieux préparées à évoluer dans cet environnement seront celles capables de mettre en place des processus de conformité fondés sur des preuves, suffisamment cohérents pour être déployés à grande échelle, suffisamment flexibles pour tenir compte des contextes locaux et suffisamment transparents pour résister à un examen approfondi. Pour les organisations qui préparent leurs chaînes d’approvisionnement au RDUE, la combinaison de la traçabilité, de l’intelligence géospatiale et de processus structurés de conformité peut constituer une base plus solide pour transformer des exigences réglementaires complexes en mesures concrètes de diligence raisonnée. KOLTIVA intervient dans les domaines de la traçabilité, des données relatives aux producteurs, de l’intelligence géospatiale et de la conformité des chaînes d’approvisionnement afin d’aider les organisations à renforcer les preuves étayant leurs pratiques d’approvisionnement et leurs processus de diligence raisonnée. À propos de la rédaction et de l’expert Rédactrice : Gusi Chandikasari, spécialiste des médias sociaux chez KOLTIVA Expert du secteur : Furqonuddin Ramdhani, Co-Directeur des produits et de la technologie chez KOLTIVA Furqonuddin Ramdhani est Co-Directeur des produits et de la technologie chez KOLTIVA. Il pilote le développement de solutions technologiques visant à renforcer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement agricoles, l’intelligence géospatiale et la conformité réglementaire. En s’attachant à transformer des défis complexes liés aux chaînes d’approvisionnement en systèmes numériques évolutifs, il supervise l’innovation en matière de produits et de technologies, en intégrant les données de traçabilité, la surveillance de l’utilisation des terres et l’évaluation des risques pour favoriser une prise de décision fondée sur des preuves. Ses travaux visent à renforcer le rôle des technologies dans la mise en place de chaînes d’approvisionnement agricoles transparentes, vérifiables et durables, tout en aidant les entreprises à s’adapter à l’évolution des exigences réglementaires, notamment au Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (RDUE).

  • Traçabilité des algues marines : comment Uluu construit une chaîne d’approvisionnement durable et prête à la certification

    Note de la rédaction : Les algues marines s’imposent comme une ressource renouvelable stratégique pour l’innovation en matière de matériaux durables. Toutefois, le développement à grande échelle du secteur nécessite des chaînes d’approvisionnement transparentes et traçables. Cet article est une adaptation éditoriale d’informations initialement publiées par Uluu et relayées par AntaraNews. Il examine les efforts de l’entreprise pour bâtir en Indonésie une chaîne d’approvisionnement en algues marines entièrement traçable et conforme aux exigences de certification. L’article met en lumière la collaboration d’Uluu avec les fournisseurs locaux, les communautés aquacoles, WWF-Indonesia et KOLTIVA afin de renforcer l’approvisionnement responsable, la préparation à la certification et la création de valeur durable pour les communautés côtières. Table of Contents Résumé exécutif Uluu, entreprise australienne spécialisée dans la transformation d’algues cultivées en polyhydroxyalcanoates (PHA), une alternative biosourcée aux plastiques d’origine fossile (Green Queen, 2025), a créé PT Uluu Solusi Indonesia et réalisé sa première expédition d’algues marines entièrement traçable depuis le Sulawesi du Sud. Les algues, fournies par CV Persada Semesta, ont été suivies numériquement depuis les exploitations aquacoles jusqu’à l’expédition finale grâce au système de traçabilité de Koltiva, garantissant une visibilité complète sur leur origine et leur parcours. En parallèle de cette première expédition, Uluu a lancé un Programme d’Amélioration de l’Aquaculture (Aquaculture Improvement Program - AIP) dans la région de Luwu, au Sulawesi du Sud, par l’intermédiaire de Seafood Savers, la plateforme d’engagement des entreprises de WWF-Indonesia. Développé avec son partenaire de chaîne d’approvisionnement CV Persada Semesta, le programme vise à aligner les pratiques de production et les systèmes de gestion sur les exigences de la norme ASC-MSC pour les algues marines. L’ambition d’Uluu est de développer la première chaîne d’approvisionnement indonésienne d’algues certifiée ASC-MSC. L’Indonésie est le deuxième producteur mondial d’algues marines. Pourtant, une grande partie de la récolte transite encore par plusieurs intermédiaires et négociants avant d’atteindre les unités de transformation, limitant fortement la visibilité des acheteurs sur l’origine réelle des matières premières. Cet article explore les démarches nécessaires pour combler cette lacune à travers une première expédition pilote, l’importance des données collectées à la source pour la préparation à la certification, ainsi que les enseignements de cette initiative pour le déploiement à grande échelle de la traçabilité dans les filières aquacoles côtières. L’importance croissante de la traçabilité des algues marines dans un marché en mutation Le développement de matériaux véritablement durables commence bien avant qu’un produit n’arrive sur une chaîne de fabrication. Il prend racine au sein des communautés qui produisent les matières premières, auprès des partenaires qui assurent leur acheminement tout au long de la chaîne de valeur, ainsi que dans les systèmes qui garantissent la visibilité, la vérifiabilité et la responsabilité à chaque étape du processus. Cette réalité devient de plus en plus essentielle à mesure que les industriels, les marques et les consommateurs exigent davantage de transparence sur l’origine des matières qu’ils utilisent et sur les conditions dans lesquelles elles sont produites. Pour les entreprises qui développent des alternatives aux plastiques conventionnels, la traçabilité n’est plus seulement un avantage concurrentiel. Elle devient un prérequis fondamental pour assurer une croissance responsable, résiliente et crédible. Parmi les acteurs qui s’engagent activement dans cette transformation figure Uluu, une entreprise australienne de biotechnologie qui développe des matériaux naturels à base d’algues marines afin de remplacer les plastiques dérivés des combustibles fossiles. L’entreprise utilise un procédé de fermentation des sucres extraits d’algues cultivées pour produire des polyhydroxyalcanoates (PHA), une famille de polymères biodégradables capables de remplacer les plastiques conventionnels dans de nombreuses applications (Green Queen, 2025). Récemment, Uluu a franchi plusieurs étapes stratégiques en annonçant la création de PT Uluu Solusi Indonesia, sous la direction de Dian Kurniawati en qualité de Présidente-Directrice Générale. L’entreprise a également réalisé sa première expédition d’algues marines entièrement traçable depuis le Sulawesi du Sud et lancé, en partenariat avec WWF-Indonesia, un Programme d’Amélioration de l’Aquaculture (AIP) destiné à accompagner les acteurs de sa chaîne d’approvisionnement vers les exigences de certification reconnues à l’échelle internationale. Ensemble, ces initiatives constituent une avancée majeure dans la stratégie d’Uluu visant à bâtir une chaîne d’approvisionnement en algues marines à la fois transparente, évolutive et responsable, tout en générant des retombées économiques durables pour les communautés d’aquaculteurs à travers l’Indonésie. Elles démontrent également que la traçabilité numérique, associée à des programmes d’amélioration sur le terrain et à des partenariats multipartites, peut devenir un levier puissant pour renforcer la durabilité, la conformité et la résilience des filières émergentes fondées sur les ressources marines renouvelables. Pourquoi la traçabilité est essentielle dans les chaînes d’approvisionnement modernes en algues marines Historiquement, les chaînes d’approvisionnement des algues marines ont fonctionné à travers de multiples intermédiaires, avec une visibilité limitée entre la production au niveau des exploitations aquacoles et les acheteurs en aval. Cette fragmentation complique les efforts des entreprises souhaitant vérifier leurs pratiques d’approvisionnement, mesurer leurs impacts en matière de durabilité ou répondre aux exigences croissantes des marchés internationaux. Alors que la demande pour des alternatives durables aux plastiques conventionnels continue de progresser, les fabricants sont soumis à une pression croissante pour démontrer l’origine, l’intégrité et la durabilité des matières premières qu’ils utilisent. Pourtant, instaurer la transparence au sein des chaînes d’approvisionnement agricoles et marines demeure un défi complexe. En Indonésie, l’ampleur de cet enjeu est particulièrement significative. Le pays est le deuxième producteur mondial d’algues marines après la Chine, et une grande partie de cette production provient de petites exploitations aquacoles réparties le long de milliers de kilomètres de littoral. Les algues marines transitent généralement par plusieurs acteurs avant d’atteindre les transformateurs et les fabricants. Les producteurs vendent leur récolte à des collecteurs locaux, qui regroupent les volumes provenant de nombreuses communautés côtières. Les matières premières peuvent ensuite passer par des entrepôts, des exportateurs et des installations de transformation avant d’être intégrées à un produit fini. En l’absence de systèmes de traçabilité fiables, il devient difficile de répondre à des questions fondamentales telles que : D’où proviennent exactement les algues marines ? Quels producteurs les ont cultivées ? Selon quelles pratiques de culture ont-elles été produites ? Les engagements en matière de durabilité ont-ils été respectés ? Les bénéfices économiques et les primes de durabilité parviennent-ils équitablement aux producteurs ? Ces questions ne relèvent plus uniquement de la conformité ou de la gestion des risques. Elles sont devenues essentielles pour établir la confiance avec les clients, les investisseurs et les organismes de certification, tout en démontrant la crédibilité des engagements environnementaux et sociaux. La plupart des infrastructures de traçabilité aujourd’hui déployées en Indonésie ont initialement été conçues pour des filières terrestres. Les secteurs du cacao, du café, de l’huile de palme et du caoutchouc ont consacré ces dernières années d’importants efforts à l’enregistrement des producteurs, à la cartographie des parcelles et à la digitalisation des transactions. Cette évolution a été largement stimulée par les exigences des acheteurs européens, qui demandent désormais des preuves détaillées permettant d’identifier avec précision l’origine des matières premières jusqu’au niveau de la parcelle de production. Le secteur des algues marines, en revanche, n’a pas encore connu une transformation comparable à grande échelle. En conséquence, de nombreux acteurs de la filière restent confrontés à des lacunes en matière de visibilité, de collecte de données et de vérification des pratiques durables. Combler cet écart représente désormais une étape déterminante pour permettre à la filière de répondre aux attentes croissantes du marché, d’accéder aux certifications internationales et de soutenir une croissance durable fondée sur la transparence et la responsabilité. Leçon tirée des filières agricoles terrestres, certaines pratiques peuvent être adaptées à la culture des algues marines, tandis que d’autres nécessitent une approche entièrement nouvelle. L’enregistrement des producteurs, la documentation de la première transaction entre le producteur et le collecteur, ainsi que le suivi de la chaîne de contrôle à chaque étape de transfert fonctionnent selon des principes similaires, qu’il s’agisse de matières premières cultivées sur terre ou en milieu marin. Toutefois, les différences structurelles entre ces filières sont considérables. Les systèmes de traçabilité développés pour les matières premières agricoles reposent généralement sur des parcelles géolocalisées et des documents de propriété ou d’usage foncier clairement définis. La culture des algues marines ne bénéficie pas d’un cadre équivalent. Les exploitations se composent de lignes et de radeaux installés dans des zones côtières dont les limites peuvent évoluer selon les saisons, les courants ou les conditions environnementales. De plus, de nombreux producteurs ne disposent d’aucun document officiel les rattachant à un site de production spécifique. C’est précisément cette réalité qui rend les projets pilotes de traçabilité marine particulièrement importants. Ils permettent d’évaluer dans quelle mesure des méthodologies initialement conçues pour lutter contre les risques de déforestation peuvent être adaptées à une filière où l’actif principal n’est pas une parcelle de terre, mais un espace de production en milieu aquatique. La traçabilité numérique transforme ainsi ces contraintes en opportunités. Grâce à la création de données fiables, vérifiables et horodatées, elle permet de relier l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement, depuis la production jusqu’à la livraison finale. À travers la collecte structurée de données et le suivi des transactions, les organisations obtiennent une meilleure visibilité sur leurs pratiques d’approvisionnement tout en établissant les bases d’une gestion responsable et transparente de leur chaîne de valeur. Pour Uluu, répondre à ces enjeux est essentiel afin de construire une chaîne d’approvisionnement responsable et évolutive, en cohérence avec sa mission : remplacer les plastiques d’origine fossile par des matériaux renouvelables issus des algues marines. L’entreprise s’approvisionne principalement en Indonésie, notamment dans la province du Sulawesi du Sud, où elle développe une source d’approvisionnement en algues à la fois traçable et certifiable pour soutenir son modèle de production durable. Traçabilité des algues marines De la traçabilité à l’action : soutenir un écosystème des algues marines plus transparent Si la traçabilité est souvent perçue comme un défi technologique, sa réussite repose en réalité sur une combinaison de solutions numériques, de processus opérationnels robustes et d’un engagement actif des parties prenantes. Pour mener à bien sa première expédition d’algues marines entièrement traçable, Uluu a collaboré avec CV Persada Semesta, fournisseur basé dans le Sulawesi du Sud, ainsi qu’avec KOLTIVA, entreprise mondiale d’agritechnologie spécialisée dans les solutions de traçabilité et d’approvisionnement durable, et WWF-Indonesia. Grâce à l’écosystème numérique de traçabilité développé par KOLTIVA, les informations relatives à l’origine des algues marines et à leur parcours tout au long de la chaîne d’approvisionnement ont été enregistrées de manière digitale, depuis les exploitations aquacoles jusqu’aux étapes de transformation et d’expédition. Cette approche a permis aux différents acteurs impliqués de bénéficier d’une visibilité accrue sur les flux d’approvisionnement tout en posant les fondations d’une amélioration continue des performances de la filière. Afin de renforcer davantage les résultats environnementaux et sociaux de sa chaîne d’approvisionnement, Uluu a également lancé un Programme d’Amélioration de l’Aquaculture (Aquaculture Improvement Program – AIP) dans le Sulawesi du Sud, en partenariat avec WWF-Indonesia et avec la participation de CV Persada Semesta. Ce programme vise à accompagner les fournisseurs participants dans leur préparation à la certification selon la norme ASC-MSC pour les algues marines, l’un des référentiels internationaux les plus reconnus pour la production responsable d’algues marines. Les actions du programme s’articulent autour de plusieurs axes prioritaires : Adoption de pratiques aquacoles responsables ; Amélioration des performances environnementales ; Renforcement des performances sociales ; Développement de systèmes de traçabilité robustes ; Optimisation de la gestion de la chaîne d’approvisionnement. Un élément clé de cette démarche réside dans son caractère collaboratif. Le programme est élaboré en étroite concertation avec les fournisseurs, les producteurs locaux et les équipes terrain afin de garantir que les améliorations proposées soient réalistes, adaptées au contexte local et véritablement applicables sur le terrain. Plutôt que d’imposer un modèle standardisé, l’approche privilégie l’apprentissage progressif, l’adaptation aux réalités opérationnelles et l’amélioration continue. Cette méthodologie permet aux parties prenantes d’identifier les défis, d’expérimenter des solutions et de renforcer les systèmes existants avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle. En associant initiatives de traçabilité et préparation à la certification, Uluu et ses partenaires entendent bâtir une base plus solide pour un approvisionnement responsable en algues marines. Au-delà des exigences de conformité, cette approche contribue également à sécuriser l’accès aux marchés internationaux, à renforcer la confiance des acheteurs et à favoriser des opportunités économiques durables pour les communautés côtières qui jouent un rôle central dans le développement de cette filière émergente. La préparation à la certification commence par des données fiables La traçabilité ne constitue pas une finalité en soi. Elle représente plutôt la première étape essentielle vers des objectifs plus ambitieux en matière de durabilité, notamment l’obtention de certifications reconnues, l’accès à des marchés exigeants et l’amélioration continue des performances environnementales et sociales. Dans cette perspective, Uluu a lancé un Programme d’Amélioration de l’Aquaculture (Aquaculture Improvement Program – AIP) dans le Sulawesi du Sud, en partenariat avec WWF-Indonesia et avec la participation de CV Persada Semesta. L’objectif du programme est d’accompagner les fournisseurs dans leur préparation à la certification conformément à la norme ASC-MSC pour les algues marines. Cette initiative couvre plusieurs dimensions fondamentales de la durabilité : Les pratiques de culture et de gestion des exploitations ; Les performances environnementales ; Les performances sociales ; Les systèmes de traçabilité ; La gestion de la chaîne d’approvisionnement. Pour les producteurs comme pour les acheteurs, les référentiels de certification constituent aujourd’hui un mécanisme essentiel pour démontrer qu’un produit répond à des critères de durabilité largement reconnus au niveau international. Cependant, la capacité à satisfaire ces exigences dépend directement de la disponibilité de données précises, vérifiables et facilement accessibles tout au long de la chaîne de valeur. C’est précisément là que la traçabilité numérique devient indispensable. En collectant, centralisant et validant les informations dès leur point d’origine, les organisations peuvent établir des liens clairs entre les activités de production, les transactions commerciales et les indicateurs de performance en matière de durabilité. Cette capacité contribue à simplifier les processus d’audit, à améliorer la qualité des données et à renforcer la confiance des acheteurs, investisseurs et organismes de certification. Plus important encore, les systèmes numériques favorisent une logique d’amélioration continue plutôt qu’une simple démarche de conformité ponctuelle. Les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement peuvent identifier les écarts, mesurer les progrès accomplis et collaborer plus efficacement pour atteindre des objectifs communs de durabilité. Pour Uluu, cette approche s’inscrit dans une ambition clairement définie : établir la première chaîne d’approvisionnement en algues marines certifiée ASC-MSC en Indonésie. Cet objectif confère une finalité concrète aux données collectées tout au long de la chaîne de valeur. En effet, la certification selon la norme ASC-MSC Seaweed Standard est évaluée à la fois au niveau de l’unité de production et de la chaîne de contrôle qui accompagne le produit jusqu’au marché final. Autrement dit, chaque information enregistrée doit pouvoir être vérifiée et démontrer l’intégrité du produit depuis son origine chez le producteur jusqu’à chacune des étapes successives de collecte, de transformation, de transport et de commercialisation. Dans ce contexte, la qualité des données devient un facteur stratégique. Une chaîne d’approvisionnement n’est véritablement prête à la certification que lorsque chaque transaction, chaque transfert de propriété et chaque activité de production peut être documenté de manière cohérente, transparente et auditable. L’expérience menée par Uluu montre ainsi que la préparation à la certification ne commence pas lors de l’audit final. Elle débute bien en amont, avec la mise en place de systèmes robustes de collecte et de gestion des données capables de garantir la traçabilité, la responsabilité et la crédibilité de l’ensemble de la filière. En associant transformation numérique, accompagnement des producteurs et amélioration continue des pratiques, l’entreprise jette les bases d’un modèle d’approvisionnement capable de répondre aux exigences croissantes des marchés mondiaux tout en créant de la valeur durable pour les communautés côtières indonésiennes. La technologie seule ne suffit pas L’un des aspects les plus souvent sous-estimés de la traçabilité concerne l’adoption par les utilisateurs. Même les systèmes numériques les plus sophistiqués ne peuvent garantir la transparence si les personnes chargées de les utiliser ne disposent pas des connaissances, de la confiance ou de l’accompagnement nécessaires pour les appliquer efficacement. C’est pourquoi la transformation durable des chaînes d’approvisionnement repose non seulement sur la technologie, mais également sur le renforcement des capacités, la formation continue et l’engagement des parties prenantes. Les outils numériques créent l’infrastructure de la traçabilité ; ce sont les individus qui lui donnent vie au quotidien. Grâce à son modèle d’accompagnement opérationnel, KOLTIVA travaille aux côtés des acteurs de la chaîne d’approvisionnement afin de faciliter l’intégration des utilisateurs, l’adoption des outils numériques, l’engagement sur le terrain et l’application concrète des processus de traçabilité. Cette approche repose sur une conviction simple : les améliorations durables ne se produisent que lorsque les acteurs locaux comprennent la valeur de leur participation et disposent des moyens nécessaires pour contribuer efficacement au système. Dans des chaînes d’approvisionnement de plus en plus pilotées par les données, l’autonomisation des personnes demeure tout aussi importante que le déploiement de nouvelles technologies. En pratique, les défaillances de la traçabilité surviennent rarement au niveau des plateformes numériques elles-mêmes. Elles apparaissent le plus souvent dès la première transaction entre le producteur et le collecteur. Prenons l’exemple d’un collecteur qui achète, au cours d’une même matinée, des algues marines auprès de vingt producteurs différents. D’un point de vue opérationnel, il peut sembler plus simple d’enregistrer un seul volume agrégé plutôt que vingt transactions distinctes. Pourtant, dès que cette consolidation est effectuée sans documentation appropriée, le lien entre la marchandise et son producteur d’origine disparaît définitivement. Aucune architecture numérique, aussi avancée soit-elle, ne peut ensuite reconstituer avec certitude cette information perdue. Modifier ce comportement repose souvent sur des facteurs beaucoup plus pragmatiques qu’on ne l’imagine. L’enregistrement des données doit prendre quelques secondes plutôt que plusieurs minutes. Le système doit fonctionner sur des téléphones déjà utilisés par les collecteurs, sans nécessiter d’équipement coûteux ou complexe. Il doit également rester opérationnel dans des zones où la connectivité est faible ou intermittente. Surtout, les utilisateurs doivent percevoir une réelle valeur ajoutée à la collecte des données. Cette valeur peut prendre différentes formes : un paiement plus rapide, un reçu numérique reconnu par les producteurs, une meilleure gestion des stocks ou encore l’accès à un programme d’achat exigeant des informations de traçabilité précises. Dans ce contexte, la présence d’équipes terrain joue un rôle déterminant. Les programmes les plus performants sont généralement ceux qui investissent durablement dans les communautés locales, communiquent dans les langues locales et accompagnent les acteurs de la filière sur plusieurs cycles de production. Cette proximité permet de transformer un système simplement installé en un système réellement utilisé. La filière des algues marines rend cet enjeu encore plus critique. Contrairement à de nombreuses cultures agricoles récoltées une seule fois par an, les algues marines peuvent être récoltées plusieurs fois au cours d’une même année. Cette fréquence élevée augmente considérablement le volume des transactions et la nécessité d’appliquer les procédures de traçabilité de manière répétée et cohérente. Chaque récolte constitue un nouveau test pour le système de collecte de données. La réussite dépend donc moins d’une utilisation ponctuelle que de l’intégration durable de bonnes pratiques dans les opérations quotidiennes des producteurs, des collecteurs et des autres acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Cette réalité souligne une leçon essentielle pour l’avenir des chaînes d’approvisionnement durables : la technologie est un puissant catalyseur de transparence, mais elle ne remplace ni la confiance, ni les compétences, ni l’engagement humain. Les initiatives de traçabilité les plus efficaces sont celles qui associent innovation numérique, accompagnement de terrain et collaboration continue entre l’ensemble des parties prenantes. Pour des entreprises comme Uluu, qui cherchent à construire une filière d’approvisionnement en algues marines transparente, certifiable et évolutive, la réussite dépend donc autant de la qualité des données collectées que de la capacité des communautés côtières, des fournisseurs et des partenaires locaux à s’approprier ces outils et à les intégrer durablement dans leurs pratiques quotidiennes. C’est à cette intersection entre technologie, collaboration et renforcement des capacités que se construit une chaîne d’approvisionnement véritablement résiliente et prête à répondre aux exigences croissantes des marchés internationaux. Créer de la valeur pour les producteurs et les communautés côtières Au-delà des enjeux de visibilité et de conformité, la traçabilité peut également contribuer à construire des chaînes d’approvisionnement plus inclusives, résilientes et équitables. En rendant les flux d’approvisionnement plus transparents, elle permet aux organisations de relier plus efficacement leurs programmes de durabilité, leurs initiatives de développement des fournisseurs et leurs mécanismes d’incitation économique aux communautés productrices dont l’origine des approvisionnements est clairement vérifiée. Pour les ménages qui dépendent de la culture des algues marines, une meilleure transparence de la chaîne d’approvisionnement peut renforcer les relations avec les acheteurs, faciliter l’accès à des programmes d’accompagnement technique et financier, et créer de nouvelles perspectives d’intégration durable dans les chaînes de valeur mondiales. Cette approche s’inscrit pleinement dans la mission plus large d’Uluu, qui consiste non seulement à développer des matériaux innovants à faible impact environnemental, mais également à générer des retombées sociales positives pour les communautés qui participent à leur production. En développant des relations directes avec les fournisseurs, les coopératives et les communautés aquacoles, l’entreprise cherche à garantir que les bénéfices générés par le développement de la chaîne d’approvisionnement ne se limitent pas au produit final. Ils doivent également bénéficier aux producteurs qui constituent le premier maillon de la filière et dont le travail est essentiel à la création de valeur. Dans cette perspective, la traçabilité devient un outil de développement autant qu’un outil de gestion des risques. Elle crée les conditions nécessaires pour mieux reconnaître la contribution des producteurs, renforcer leur intégration au marché et favoriser une répartition plus équitable de la valeur au sein de la chaîne d’approvisionnement. Construire l’avenir des chaînes d’approvisionnement traçables en algues marines La première expédition d’algues marines entièrement traçable réalisée par Uluu représente bien plus qu’une réussite logistique. Elle démontre ce qui devient possible lorsque la traçabilité, l’approvisionnement responsable et la collaboration locale sont intégrés dès la conception de la chaîne d’approvisionnement, plutôt qu’ajoutés ultérieurement dans une logique de conformité réglementaire. La création de PT Uluu Solusi Indonesia, la réussite du projet pilote de traçabilité et le lancement du Programme d’Amélioration de l’Aquaculture (AIP) constituent autant d’étapes fondatrices vers une ambition plus vaste : bâtir une filière d’approvisionnement en algues marines à la fois entièrement traçable, durable et prête à répondre aux exigences des certifications internationales les plus reconnues. Ce travail demeure néanmoins à un stade précoce. Comme l’a souligné Dian Kurniawati, Présidente-Directrice Générale de PT Uluu Solusi Indonesia, l’entreprise a choisi de commencer par des projets pilotes ciblés en Indonésie, d’apprendre aux côtés de ses partenaires locaux et d’améliorer continuellement ses systèmes avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle. Cette démarche progressive reflète un principe fondamental du développement durable : les solutions les plus robustes sont souvent celles qui se construisent par l’expérimentation, l’apprentissage et l’amélioration continue. Les premiers résultats de cette initiative offrent déjà des enseignements précieux sur la manière dont les chaînes d’approvisionnement durables peuvent être développées grâce à la coopération entre acteurs, à la transparence des données et à un engagement partagé en faveur de pratiques responsables. À mesure que la demande mondiale en matériaux renouvelables continue de croître, l’avenir de l’approvisionnement responsable ne dépendra pas uniquement de la nature des matières premières utilisées. Il dépendra également de la capacité des entreprises à démontrer avec précision et crédibilité : l’origine de leurs matières premières ; les conditions dans lesquelles elles ont été produites ; leur conformité aux exigences environnementales et sociales ; la manière dont la valeur est créée et répartie au sein de la chaîne d’approvisionnement. Dans ce contexte, la traçabilité devient un véritable facteur de différenciation stratégique. Elle permet non seulement de répondre aux attentes réglementaires et aux exigences des certifications, mais aussi de renforcer la confiance des marchés, des investisseurs et des consommateurs. Grâce à la collaboration entre les fournisseurs, les coopératives, les producteurs d’algues marines, WWF-Indonesia, KOLTIVA et les communautés côtières locales, Uluu contribue aujourd’hui à poser les fondations d’une filière plus transparente, plus responsable et davantage préparée aux exigences de certification en Indonésie. Au-delà d’un simple projet pilote, cette initiative illustre le potentiel d’un nouveau modèle de développement pour l’économie bleue : un modèle où l’innovation en matière de matériaux durables s’accompagne d’une traçabilité rigoureuse, d’une gouvernance responsable de la chaîne d’approvisionnement et d’une création de valeur partagée avec les communautés qui produisent les ressources essentielles à la transition vers des matériaux renouvelables. À propos de l’éditeur Éditeur : Daniel Prasetyo, Responsable de la Communication Corporate chez KOLTIVA Fort de plus de dix années d’expérience dans divers secteurs d’activité, Daniel Prasetyo dirige les initiatives de relations publiques et de communication institutionnelle de KOLTIVA. En associant stratégie de marque, positionnement d’entreprise et engagement des parties prenantes, il contribue au développement de l’entreprise tout en renforçant sa réputation et son rayonnement auprès de ses partenaires, clients et audiences clés. Attribution des images : Les photographies figurant dans cet article sont créditées à Uluu et ont été initialement publiées sur le compte LinkedIn officiel d’Uluu. https://lnkd.in/p/gAquqaDM

  • Traçabilité du Bois sous l’EUDR : Pourquoi la qualité des données et la diligence raisonnable feront la différence

    Note de l’Éditeur L’EUDR transforme le paysage de la conformité dans l’industrie du bois. Le succès ne sera plus défini uniquement par la traçabilité, mais par la capacité d’une entreprise à démontrer, grâce à des données fiables et à un devoir de diligence rigoureux, que ses approvisionnements sont légaux, exempts de déforestation et exempts de dégradation des forêts. Les organisations qui posent dès aujourd’hui des bases solides en matière de gestion des données seront mieux préparées à préserver leur accès aux marchés et à renforcer leur compétitivité à long terme. Résumé Exécutif L’enquête menée par Earthsight et Auriga Nusantara a révélé que du bois lié à la déforestation continuait d’atteindre les marchés de l’Union européenne malgré l’existence de systèmes de certification et de traçabilité. Ces conclusions mettent en lumière une réalité essentielle de l’EUDR : l’accès au marché dépend de plus en plus non seulement de la traçabilité, mais aussi de la capacité à démontrer, au moyen de données crédibles et d’un devoir de diligence robuste, que les approvisionnements sont légaux, exempts de déforestation et exempts de dégradation des forêts. Le principal défi en matière de conformité n’est plus la collecte des données, mais leur connexion, leur validation et leur cohérence tout au long de la chaîne d’approvisionnement afin de soutenir un devoir de diligence vérifiable et auditable. Les entreprises qui construisent dès aujourd’hui des fondations solides en matière de qualité des données seront mieux positionnées pour répondre aux exigences de l’EUDR, renforcer leurs rapports ESG et assurer leur compétitivité à long terme sur les marchés liés à l’Union européenne. Table des Matières En 2025, Earthsight et Auriga Nusantara ont retracé du bois provenant de forêts récemment défrichées dans le Bornéo indonésien jusqu’à des importateurs européens grâce à une analyse approfondie d’images satellitaires, de registres gouvernementaux, de données commerciales et de près de 10 000 documents réglementaires non publiés [Earthsight: 2026]. Leur enquête a révélé que les plus grands utilisateurs indonésiens de bois associé à la déforestation continuaient d’approvisionner les marchés de l’Union européenne, mettant en évidence la manière dont les matières premières à risque forestier peuvent circuler dans des chaînes d’approvisionnement complexes malgré l’existence de systèmes de certification, de vérification de la légalité et de traçabilité. Ces conclusions soulignent un défi croissant pour les entreprises du secteur forestier : démontrer non seulement l’origine du bois, mais aussi la fiabilité des données sous-jacentes face aux exigences réglementaires et aux obligations de diligence raisonnée. À mesure que le Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (EUDR) passe de la phase de préparation à celle de mise en application, la principale question de conformité du secteur évolue. Pendant des années, les discussions au sein de l’industrie du bois se sont concentrées sur un objectif relativement simple : établir si les produits du bois pouvaient être retracés jusqu’à leur origine. Aujourd’hui, les régulateurs, les acheteurs et les acteurs financiers exigent un niveau de preuve bien plus élevé. La question n’est plus seulement : « Pouvons-nous retracer le bois ? », mais plutôt : « Pouvons-nous démontrer, à l’aide de preuves vérifiables, que les données sous-jacentes sont suffisamment fiables pour étayer des allégations d’absence de déforestation et de dégradation forestière ? » Cette distinction représente un changement fondamental dans les attentes en matière de conformité. Dans le cadre de l’EUDR, la légalité demeure essentielle, mais elle ne suffit plus à elle seule. Les entreprises doivent être en mesure de prouver que les produits du bois mis sur le marché européen ne sont pas associés à des activités de déforestation ou de dégradation forestière postérieures au 31 décembre 2020, en s’appuyant sur des données de géolocalisation ainsi que sur des processus de diligence raisonnée documentés. Les récentes orientations de mise en œuvre publiées par la Commission européenne continuent de renforcer ces exigences, plaçant l’intégrité des données et la vérification géospatiale au cœur des évaluations de conformité. Pour les entreprises du secteur du bois, cela crée une nouvelle catégorie de risque. Un système de traçabilité peut identifier l’origine d’un produit, mais si les données de géolocalisation sont incomplètes, si les informations sur les fournisseurs ne peuvent pas être vérifiées ou si les risques de dégradation forestière ne peuvent pas être évalués avec un niveau de confiance suffisant, l’accès au marché peut néanmoins être compromis. Dans la pratique, la solidité d’un programme de conformité dépend de plus en plus non pas de l’existence de données de traçabilité, mais de leur exactitude, de leur exhaustivité et de leur capacité à résister aux audits et aux contrôles réglementaires. Par conséquent, le prochain avantage concurrentiel dans les chaînes d’approvisionnement du bois ne réside plus dans la seule traçabilité. Il réside dans la capacité à transformer les données de traçabilité en preuves crédibles et défendables pour le devoir de diligence, l’évaluation des risques et les décisions d’accès au marché. Les organisations capables de valider la qualité des données, de vérifier les lieux d’approvisionnement et de démontrer des mécanismes de contrôle robustes face aux risques de dégradation forestière seront mieux positionnées pour répondre aux exigences de l’EUDR et maintenir leur accès à des marchés mondiaux de plus en plus exigeants. L’EUDR a transformé la traçabilité d’une initiative de durabilité en une exigence d’accès au marché Pendant de nombreuses années, la traçabilité a principalement été considérée comme un objectif lié à la durabilité ou à la certification. Avec le Règlement de l’Union européenne contre la déforestation (EUDR), elle est devenue une condition préalable à l’accès au marché. Le règlement s’applique au bois ainsi qu’à plusieurs autres matières premières associées à un risque de déforestation. Pour les entreprises du secteur forestier, cela inclut notamment le bois, la pâte à papier, le papier, les meubles et d’autres produits dérivés du bois figurant dans le champ d’application du règlement. Les entreprises qui mettent ces produits sur le marché de l’Union européenne, les exportent depuis l’UE ou les commercialisent au sein de celle-ci doivent être en mesure de démontrer leur conformité à travers un processus de diligence raisonnée documenté. À la base, l’EUDR exige des entreprises qu’elles démontrent trois éléments : Le bois a été produit conformément aux lois applicables du pays d’origine. Le bois n’est associé à aucune déforestation ni dégradation forestière survenue après le 31 décembre 2020. Une déclaration de diligence raisonnée a été soumise avant que le produit ne soit mis sur le marché de l’UE, rendu disponible au sein de celui-ci ou exporté depuis l’Union européenne. Bien que ces exigences puissent sembler simples en apparence, leurs implications opérationnelles sont considérables. Avec la mise en œuvre progressive de l’EUDR, la conformité n’est plus une considération future. Elle influence désormais de manière croissante les décisions d’approvisionnement, la sélection des fournisseurs, les exigences d’achat et les relations avec les acheteurs à l’échelle des chaînes d’approvisionnement mondiales du bois. Pour les exportateurs, le risque commercial est immédiat. Les acheteurs peuvent demander les coordonnées de géolocalisation, les limites des concessions, les permis d’exploitation, la documentation des fournisseurs, les évaluations des risques ainsi que des preuves attestant que les produits sont exempts de risques de déforestation et de dégradation forestière. Lorsque ces informations sont incomplètes, incohérentes ou impossibles à vérifier, les expéditions peuvent faire l’objet d’un contrôle supplémentaire, subir des retards commerciaux ou perdre leur accès aux marchés européens. Le défi est tout aussi important pour les opérateurs et négociants de l’Union européenne. Les obligations réglementaires ne peuvent pas être satisfaites par de simples déclarations des fournisseurs. Les entreprises doivent mettre en place un cadre de diligence raisonnée robuste et défendable, capable de démontrer comment les risques ont été identifiés, évalués, atténués et documentés tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Le véritable défi n’est pas seulement de collecter les données. C’est de les connecter. Traçabilité du Bois Pour de nombreuses entreprises du secteur du bois, l’aspect le plus complexe de la conformité à l’EUDR n’est pas l’obtention d’un document isolé. Il consiste à créer une chaîne de preuves cohérente, vérifiable et auditable à partir de multiples sources de données. Les informations de la chaîne d’approvisionnement sont souvent fragmentées. Les permis d’exploitation peuvent être stockés dans un système, les documents de transport dans un autre, les enregistrements de certification ailleurs, tandis que les transactions commerciales sont conservées dans des feuilles de calcul ou des systèmes de planification des ressources de l’entreprise (ERP). Si cette fragmentation peut rester gérable dans le cadre des opérations quotidiennes, elle devient un défi majeur lorsque les entreprises doivent démontrer une traçabilité de bout en bout et satisfaire aux exigences de diligence raisonnée. Dans le cadre de l’EUDR, la traçabilité des produits doit être appuyée par un ensemble de données connecté reliant : Les informations sur l’identité et la propriété des fournisseurs Les données relatives aux parcelles forestières, concessions ou zones d’approvisionnement Les coordonnées de géolocalisation et les limites cartographiées L’identification des essences et la classification des produits Les registres de récolte, de transport et de transformation Les documents de vérification de la légalité Les résultats des évaluations des risques Les registres des transactions et de la chaîne de contrôle (chain of custody) Les informations relatives aux acheteurs, aux expéditions et aux exportations C’est à ce niveau que de nombreuses organisations découvrent des lacunes critiques. Elles peuvent connaître leur fournisseur direct sans disposer d’une visibilité suffisante sur les sources d’approvisionnement en amont. Elles peuvent identifier la région d’origine des produits sans connaître précisément la zone de production. Elles peuvent détenir des certificats de conformité tout en manquant des données géospatiales et transactionnelles nécessaires pour démontrer leurs obligations de diligence raisonnée. Par conséquent, l’EUDR pousse les entreprises à repenser la traçabilité comme un défi de gestion des données plutôt que comme un simple exercice documentaire. Un système robuste de traçabilité du bois nécessite une chaîne de contrôle vérifiable qui enregistre chaque transfert de propriété et chaque mouvement de matière, depuis l’origine forestière jusqu’à la transformation, le commerce, la fabrication et l’exportation. Les plateformes numériques de traçabilité jouent un rôle de plus en plus important en regroupant les données des fournisseurs, les informations de géolocalisation, les registres de transactions, les documents justificatifs et les évaluations des risques au sein d’un flux de travail unique et auditable. Chez KOLTIVA, nous accompagnons les entreprises dans la numérisation des profils fournisseurs, la collecte de données sur le terrain, les enregistrements de traçabilité et les processus de conformité afin de créer une base plus solide pour la diligence raisonnée. L’objectif n’est pas de produire davantage de documentation. Il est de garantir que les preuves de conformité puissent être retrouvées, vérifiées et défendues lorsqu’elles sont demandées par des acheteurs, des auditeurs, des institutions financières ou des autorités compétentes. En définitive, une diligence raisonnée efficace repose sur un principe simple : chaque produit bois physique doit être relié à des données vérifiées, fiables et auditables. Dans le cadre de l’EUDR, cette connexion devient progressivement la pierre angulaire de la conformité et du maintien de l’accès aux marchés. La géolocalisation est devenue le fondement du devoir de diligence dans le secteur du bois Parmi les évolutions les plus importantes introduites par l’EUDR figure l’exigence de données de géolocalisation précises. Pour les entreprises du secteur forestier, la conformité ne repose plus uniquement sur la démonstration de la légalité ou sur la tenue de registres de chaîne de contrôle. Les organisations doivent désormais être en mesure d’identifier avec précision la zone où le bois a été produit, qu’il s’agisse d’une parcelle forestière, d’un compartiment de plantation, d’une concession, d’une forêt gérée par une communauté ou d’une parcelle exploitée par un petit producteur. Cette exigence va bien au-delà de la simple fourniture d’une coordonnée sur une carte. Les données de géolocalisation permettent aux entreprises d’évaluer si les zones d’approvisionnement chevauchent des alertes de déforestation, des indicateurs de dégradation forestière, des aires protégées, des zones de conservation, des territoires autochtones lorsqu’ils sont applicables, ainsi que d’autres facteurs de risque environnementaux ou sociaux. En pratique, les informations géospatiales sont devenues un élément essentiel de l’évaluation des risques et des procédures de diligence raisonnée. Le niveau de précision requis varie également selon le contexte d’approvisionnement. Les zones de production des petits exploitants peuvent nécessiter une cartographie polygonale définissant numériquement les limites des parcelles, tandis que les grandes concessions industrielles exigent souvent des données détaillées sur leurs frontières afin d’évaluer les risques dans différentes sections de la concession. Une même zone d’approvisionnement peut présenter des niveaux de risque environnemental variables, ce qui rend des données spatiales précises de plus en plus indispensables. Si les équipes chargées des achats, de la durabilité et de la conformité n’ont pas besoin de devenir des spécialistes des systèmes d’information géographique (SIG), elles doivent néanmoins comprendre ce qui constitue une donnée de géolocalisation fiable. Une information géographique efficace doit : Représenter la zone de production réelle d’où provient le bois. Être associée au bon fournisseur, au bon produit et aux bons enregistrements de transaction. Pouvoir être vérifiée à l’aide d’images satellitaires et de jeux de données sur l’utilisation des terres. Respecter des normes et formats de données cohérents. Être régulièrement mise à jour lorsque les limites des zones d’approvisionnement ou de production évoluent. Des données de géolocalisation de mauvaise qualité créent un risque de conformité considérable. Des coordonnées associées à des centres de villages, des entrepôts, des installations de transformation ou des bureaux administratifs ne constituent pas une preuve de l’origine réelle de la production et peuvent entraîner un examen réglementaire accru, des préoccupations de la part des acheteurs ou des exigences supplémentaires en matière de diligence raisonnée. À mesure que les attentes en matière de contrôle se renforcent, des données de localisation inexactes peuvent fragiliser un programme de conformité pourtant bien structuré. Répondre à ce défi nécessite bien plus que la technologie seule. Les entreprises ont besoin de processus structurés de collecte de données sur le terrain, de programmes d’engagement des fournisseurs, d’outils de cartographie mobile, de mécanismes de formation et de contrôles qualité afin de garantir que les informations géospatiales soient validées avant d’être intégrées aux processus commerciaux et de conformité. Dans le cadre de l’EUDR, les données de géolocalisation ne constituent plus un simple jeu de données complémentaire. Elles deviennent l’un des principaux piliers du devoir de diligence. La certification reste importante, mais elle ne constitue pas une solution complète pour l’EUDR Les systèmes de certification tels que le Forest Stewardship Council (FSC) et le Programme for the Endorsement of Forest Certification (PEFC) jouent depuis longtemps un rôle essentiel dans la gestion responsable des forêts, la vérification de la légalité et l’assurance de la chaîne de contrôle. Pour de nombreuses entreprises du secteur forestier, la certification demeure un élément précieux des stratégies d’approvisionnement durable. Dans le cadre de l’EUDR, la certification continue d’apporter des éléments de preuve importants. Elle peut démontrer que les fournisseurs appliquent des pratiques reconnues de gestion forestière, maintiennent des contrôles de chaîne de contrôle efficaces et opèrent dans le cadre de mécanismes de gouvernance établis. Toutefois, la certification seule ne permet pas de satisfaire automatiquement aux exigences de l’EUDR. Les entreprises doivent toujours mettre en œuvre leurs propres processus de diligence raisonnée, collecter et vérifier les données de géolocalisation, évaluer les risques de déforestation et de dégradation forestière, appliquer des mesures d’atténuation lorsque cela est nécessaire et conserver des preuves de conformité auditables. La responsabilité réglementaire demeure en dernier ressort celle de l’opérateur ou du négociant qui met les produits sur le marché de l’Union européenne. Cela ne réduit en rien la valeur de la certification. Cela en redéfinit simplement le rôle. La certification doit être considérée comme un élément d’un cadre plus large de diligence raisonnée plutôt que comme une solution de conformité autonome. Les programmes de conformité les plus performants associent la certification à des données géospatiales vérifiées, à une traçabilité au niveau des transactions, à la vérification des fournisseurs, à des évaluations des risques et à des procédures de diligence raisonnée formellement documentées. Un fournisseur certifié soutenu par des registres numériques robustes est naturellement plus facile à évaluer qu’un fournisseur s’appuyant sur une documentation fragmentée et des processus manuels. À mesure que l’application de l’EUDR évolue, les organisations les plus résilientes seront celles qui considéreront la certification comme une composante de l’ensemble des preuves de conformité, et non comme un substitut à ces preuves. L’inclusion des fournisseurs devient un enjeu stratégique de gestion des risques L’importance croissante accordée à la qualité des données dans le cadre de l’EUDR soulève également un défi majeur en matière d’inclusion au sein des chaînes d’approvisionnement. De nombreux petits exploitants, gestionnaires de forêts communautaires et fournisseurs de bois de plus petite taille ne disposent pas d’un accès suffisant aux technologies avancées de cartographie, aux systèmes numériques de tenue des registres ou aux ressources dédiées à la conformité. Dans certaines régions d’approvisionnement, la connectivité limitée, les contraintes de ressources et la complexité des régimes fonciers compliquent davantage la préparation à la conformité. Face à des obligations réglementaires croissantes, certaines organisations pourraient être tentées de réduire leur exposition au risque en excluant les petits fournisseurs de leurs réseaux d’approvisionnement. Bien que cette approche puisse sembler simplifier les processus de diligence raisonnée à court terme, elle risque également de réduire la diversité des fournisseurs, d’affaiblir la résilience de l’approvisionnement, de générer des impacts sociaux involontaires et d’accroître les risques d’approvisionnement à long terme. Une approche plus durable consiste à promouvoir l’inclusion des fournisseurs par le renforcement de leurs capacités. Les organisations les plus avancées investissent dans des mécanismes de soutien concrets permettant aux fournisseurs de participer aux programmes de conformité, notamment : Des outils de collecte de données conçus en priorité pour les appareils mobiles Des formations et processus d’intégration proposés dans les langues locales Des solutions simplifiées de cartographie des parcelles et des limites foncières Des exigences de conformité et de documentation claires et accessibles Un accompagnement pour les processus de vérification de la légalité Des mécanismes de retour d’information visant à améliorer la qualité des données Des périodes de remédiation raisonnables pour corriger les lacunes et erreurs de données Pour les équipes chargées des achats et de l’approvisionnement, ces investissements ne relèvent pas seulement d’initiatives de durabilité. Ils constituent également des leviers qui renforcent la continuité des approvisionnements et réduisent les risques futurs. Les fournisseurs capables de satisfaire aux exigences de traçabilité et de diligence raisonnée ont davantage de chances de conserver leur accès aux marchés liés à l’Union européenne. De leur côté, les acheteurs qui investissent dès aujourd’hui dans la préparation de leurs fournisseurs sont mieux placés pour maintenir des relations d’approvisionnement stables et durables. Dans les chaînes d’approvisionnement forestières et agricoles, un enseignement revient systématiquement : les systèmes de conformité sont les plus efficaces lorsqu’ils reflètent les réalités du terrain. Lorsque les processus de collecte de données sont trop complexes, la qualité des données se dégrade. Lorsque les fournisseurs ne comprennent pas la valeur de leur participation, leur engagement diminue. Et lorsque les mécanismes de retour d’information sont absents, les erreurs tendent à devenir systémiques. En définitive, la réussite de la mise en œuvre de l’EUDR dépendra non seulement de la technologie et de la réglementation, mais aussi de la capacité des entreprises à intégrer leurs fournisseurs dans le parcours de conformité et à construire des écosystèmes de données fiables à l’échelle de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les données ESG et les données EUDR commencent à converger À mesure que le reporting de durabilité devient de plus en plus axé sur les données, les informations requises pour la conformité à l’EUDR commencent à servir un objectif plus large au sein des dispositifs de gestion ESG et des cadres de gestion des risques des entreprises. Les entreprises ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur des engagements généraux ou sur les déclarations des fournisseurs pour étayer leurs allégations en matière d’approvisionnement responsable. Les investisseurs, les clients, les régulateurs et les institutions financières recherchent de plus en plus des preuves vérifiables. Les données de géolocalisation, les informations sur les fournisseurs, les enregistrements de traçabilité et les évaluations des risques collectés dans le cadre de la diligence raisonnée exigée par l’EUDR peuvent également renforcer les rapports de durabilité, les évaluations des risques liés au climat, les initiatives de reporting sur la nature ainsi que les programmes d’approvisionnement responsable. Cette convergence représente une opportunité stratégique. Plutôt que de maintenir des systèmes distincts pour la conformité réglementaire, le reporting ESG, la gestion des fournisseurs et la supervision des risques, les organisations peuvent développer une base unique et fiable d’intelligence de la chaîne d’approvisionnement. Les mêmes ensembles de données collectés pour soutenir la conformité à l’EUDR peuvent également contribuer à : Les déclarations relatives à l’absence de déforestation et à l’approvisionnement responsable Les programmes d’engagement et de renforcement des capacités des fournisseurs Les évaluations des risques liés au climat, à la biodiversité et à la nature La préparation aux audits internes et externes Les politiques d’approvisionnement durable et responsable Les exigences de reporting des clients et des investisseurs Les décisions stratégiques en matière d’approvisionnement et de gestion de la chaîne logistique À mesure que les exigences en matière de reporting évoluent, les organisations qui mettent en place dès aujourd’hui de solides fondations de données seront mieux préparées à répondre aux futures attentes des régulateurs, des clients et des investisseurs. Cependant, la valeur de ces données dépend d’une gouvernance efficace. Les entreprises doivent définir clairement les responsabilités tout au long du cycle de vie des données : qui collecte l’information, qui la valide, qui approuve les mises à jour et qui est autorisé à y accéder ou à la partager. La protection des informations sensibles relatives aux fournisseurs et aux zones d’approvisionnement est tout aussi essentielle. La transparence ne signifie pas un accès illimité aux données. Elle consiste à fournir la bonne preuve au bon acteur, au bon moment, à travers un processus contrôlé et auditable. L’accès au marché récompensera les exportateurs les mieux préparés L’EUDR transforme la manière dont les chaînes d’approvisionnement du bois rivalisent sur les marchés mondiaux. De plus en plus, les acheteurs évaluent non seulement la qualité et le prix des produits, mais aussi la crédibilité des données qui soutiennent les déclarations d’origine, de légalité et de diligence raisonnée. Les organisations qui investissent dès maintenant dans la traçabilité, la vérification géospatiale et la préparation de leurs fournisseurs bénéficieront probablement de plusieurs avantages concurrentiels. Elles seront en mesure de répondre plus efficacement aux demandes des acheteurs, de réduire les délais liés aux processus de vérification de la conformité, de renforcer la confiance des clients et de développer des relations commerciales plus résilientes. Dans de nombreux cas, les systèmes mis en place pour répondre aux exigences réglementaires permettent également d’améliorer la visibilité opérationnelle et la performance globale de la chaîne d’approvisionnement. À l’inverse, les entreprises qui retardent leur préparation risquent de faire face à des coûts croissants et à des difficultés opérationnelles plus importantes. Les exercices de cartographie réalisés dans l’urgence, les documents fragmentés, les dossiers fournisseurs incomplets et les évaluations réactives des risques mobilisent souvent des ressources considérables tout en offrant des garanties limitées. À mesure que les attentes des acheteurs augmentent, des preuves de conformité incomplètes peuvent ralentir les transactions commerciales et réduire la compétitivité sur les marchés liés à l’Union européenne. L’implication commerciale devient de plus en plus claire : la traçabilité n’est plus seulement une obligation réglementaire. Elle devient un élément essentiel de la commercialisation des produits. Un produit bois peut satisfaire à toutes les spécifications techniques et normes de qualité, mais si son origine, sa légalité ou les preuves associées à la diligence raisonnée ne peuvent être vérifiées avec confiance, son accès au marché peut néanmoins être compromis. Ce que les entreprises du secteur du bois doivent faire dès maintenant Pour la plupart des organisations, la préparation à l’EUDR ne commence pas par l’adoption de nouvelles technologies. Elle commence par une compréhension approfondie des forces et des faiblesses des données, des processus et des mécanismes de contrôle déjà présents dans la chaîne d’approvisionnement. Une stratégie de préparation efficace devrait se concentrer sur cinq priorités. 1. Réaliser une évaluation complète des écarts Commencez par cartographier les produits, les fournisseurs, les régions d’approvisionnement, les référentiels de données, les processus de traçabilité et la documentation associée. Identifiez les zones où les données de géolocalisation sont incomplètes, où la visibilité sur les fournisseurs est limitée et où les informations ne sont pas reliées aux transactions commerciales. 2. Mettre en place un cadre structuré d’évaluation des risques Développez une méthodologie permettant d’évaluer les risques à plusieurs niveaux : pays, région, fournisseur, zone d’approvisionnement et produit. Les évaluations efficaces doivent intégrer l’analyse géospatiale, la vérification de la légalité, la performance des fournisseurs, l’examen documentaire ainsi que d’autres indicateurs pertinents. 3. Renforcer les processus de collecte des données et de traçabilité Améliorez la qualité et l’accessibilité des informations de la chaîne d’approvisionnement en numérisant l’intégration des fournisseurs, en enregistrant avec précision les limites des parcelles et des concessions, en reliant les données de production aux transactions et en maintenant des systèmes organisés de gestion documentaire. Les preuves de conformité doivent être facilement accessibles et prêtes pour un audit. 4. Renforcer les capacités internes et celles des fournisseurs L’EUDR concerne de nombreuses fonctions au sein de l’entreprise, notamment les équipes en charge des achats, de la durabilité, de la conformité, de la logistique, des opérations et des activités commerciales. L’engagement des fournisseurs est tout aussi important. Les formations, les lignes directrices et des attentes clairement définies permettent d’assurer une compréhension cohérente des exigences de qualité des données et de conformité dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. 5. Tester le système avant tout contrôle réglementaire Réalisez des exercices simulés de diligence raisonnée à partir de produits réels et de données d’approvisionnement existantes. Mettez votre organisation au défi de retracer un expédition depuis la facture jusqu’au produit, du produit au fournisseur, du fournisseur à la zone de production, puis de la zone de production jusqu’aux enregistrements d’évaluation des risques. Ces exercices permettent souvent de révéler les enseignements les plus importants : non pas si un système de traçabilité existe, mais si les preuves qui le soutiennent sont réellement capables de résister à l’examen d’un acheteur, d’un auditeur ou d’une autorité réglementaire. En définitive, l’état de préparation à l’EUDR ne se mesure pas à la quantité de données collectées par une entreprise. Il se mesure à sa capacité à transformer ces données en preuves crédibles, défendables et exploitables. Pour les entreprises du secteur du bois opérant sur des marchés de plus en plus réglementés, cette capacité devient rapidement une source essentielle de résilience réglementaire et d’avantage concurrentiel. À propos de l’Éditrice Éditrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Social Media Practitioner chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari allie son expertise en marketing digital et en médias sociaux à un fort engagement en faveur du développement durable, soutenu par plus de huit années d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail consiste à concevoir des contenus à fort impact qui relient technologie, agriculture et responsabilité environnementale. Elle est animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables à travers des récits engageants et centrés sur les besoins des audiences, diffusés sur une variété de plateformes numériques. FAQ (Foire Aux Questions) L’EUDR s’applique-t-il uniquement aux entreprises européennes ? Non. La responsabilité juridique incombe aux entreprises qui mettent des produits sur le marché de l’Union européenne, les exportent depuis l’UE ou les commercialisent au sein de celle-ci. Toutefois, les exportateurs situés hors de l’UE sont également concernés, car les acheteurs européens ont besoin de données fournies par leurs fournisseurs pour satisfaire aux exigences de conformité. La certification FSC ou PEFC suffit-elle pour être conforme à l’EUDR ? Non. Les certifications peuvent soutenir les processus de diligence raisonnée, mais elles ne remplacent pas les exigences de l’EUDR. Les entreprises doivent toujours collecter des données de géolocalisation, réaliser des évaluations des risques, fournir des preuves de légalité et conserver des dossiers de diligence raisonnée. Qu’est-ce que la vérification au niveau de la parcelle ? La vérification au niveau de la parcelle consiste à contrôler la zone réelle où le bois a été produit. Elle comprend généralement la cartographie des limites de la parcelle, les informations relatives au fournisseur ainsi que des vérifications concernant les risques de déforestation ou les exigences de légalité. Comment les petits fournisseurs peuvent-ils satisfaire aux exigences de données de l’EUDR ? Ils ont besoin d’outils simples, d’orientations claires et d’un accompagnement de la part des acheteurs ou de leurs partenaires de la chaîne d’approvisionnement. La collecte de données via des applications mobiles, les formations locales et une intégration progressive peuvent contribuer à maintenir les petits fournisseurs dans les chaînes d’approvisionnement conformes à l’EUDR. Quel rôle KOLTIVA peut-elle jouer dans la traçabilité du bois ? KOLTIVA accompagne les entreprises grâce à des solutions de traçabilité numérique, de cartographie des fournisseurs, de collecte de données sur le terrain, de suivi des risques et de gestion des processus de diligence raisonnée. Ces solutions permettent de transformer des données dispersées en preuves de conformité exploitables, vérifiables et auditables.

  • KOLTIVA nomme Joe Keen Poon au poste de Président Exécutif, marquant une nouvelle ère de leadership mondial dans les chaînes d'approvisionnement durables

    Résumé exécutif : Nomination de Joe Keen Poon chez KOLTIVA KOLTIVA a nommé Joe Keen Poon au poste de Président Exécutif. Cette étape stratégique marque son leadership croissant dans l’agriculture durable et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement. Avec plus de 30 ans d’expérience dans de grandes entreprises internationales, comme Microsoft et Deloitte, Joe viendra renforcer la gouvernance de KOLTIVA, stimuler l’expansion des investissements et accélérer sa présence sur les marchés clés en Asie, en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Le leadership de Joe confirme le rôle central de KOLTIVA en tant que partenaire stratégique. L'entreprise aide les entreprises à se conformer aux réglementations mondiales, notamment le Règlement Européen sur la Déforestation (EUDR). Elle propose des solutions intégrées qui allient traçabilité numérique géospatiale et accompagnement sur le terrain des petits producteurs. Cela garantit la durabilité du champ à l’assiette. Communiqué de presse : KOLTIVA renforce son équipe dirigeante Jakarta/Zurich, le 1er juillet 2025 — Dans le cadre d’un développement majeur, KOLTIVA, une entreprise AgriTech indo-suisse soutenue par le capital-risque, annonce la nomination de Joe Keen Poon en tant que Président Exécutif. Cette décision souligne le rôle croissant de KOLTIVA dans l’agriculture durable. Ce changement dans la gouvernance marque une étape clé pour KOLTIVA, qui accélère sa mission. L'objectif est de construire des chaînes d’approvisionnement inclusives, sans déforestation et entièrement traçables. Cette mission est alignée avec les nouvelles réglementations mondiales, y compris le Règlement de l’Union Européenne sur la Déforestation (EUDR) et d'autres normes en matière de conformité environnementale, sociale et de gouvernance (ESG). L'impact de Joe Keen Poon La nomination de Joe Keen Poon souligne l'engagement continu de KOLTIVA envers la durabilité, la transparence, et l’innovation dans le secteur agricole. Joe a plus de 30 ans d’expérience dans le développement de technologies d’impact. Il a occupé des postes clés dans des organisations telles que Microsoft et Deloitte, et récemment en tant que PDG du Singapore Institute of Management (SIM). Table des matières : résumé exécutif communiqué de presse À propos de KOLTIVA contact presse Télécharger le communiqué Un rôle clé pour le Président Exécutif Le Président Exécutif jouera un rôle central dans le renforcement de la gouvernance de l’entreprise, l’ouverture de nouvelles voies d’investissement et garantira que les solutions de KOLTIVA restent évolutives, sécurisées et axées sur l’impact. Cette nomination ouvre une nouvelle phase pour KOLTIVA. L'entreprise va exploiter l’analyse avancée des données pour offrir transparence, anticipation, et résilience dans les chaînes d’approvisionnement agricoles. KOLTIVA, fondée en 2013, a rapidement pris de l'importance comme partenaire technologique de confiance pour le secteur agricole. Elle collabore avec plus de 1,9 million de producteurs dans 65 pays. Son écosystème intégré comprend des plateformes de traçabilité, des services d’accompagnement sur le terrain, ainsi que des outils de paiement numériques. Cela est essentiel pour les acteurs agricoles et industriels faisant face aux enjeux de durabilité croissants. À propos de KOLTIVA : Un leader dans l’agriculture durable En tant que Président Exécutif, Joe Keen Poon contribuera à affiner la vision à long terme de KOLTIVA. Il renforcera l'impact de l’entreprise tout au long des chaînes d'approvisionnement et forgera des partenariats futurs. Ceux-ci seront alignés avec la mission de l’entreprise : les personnes, la planète, et la performance économique. « KOLTIVA occupe une position unique à l’intersection de l’agriculture, de l’action climatique, de l’inclusion financière, et de la transformation numérique », déclare Joe Keen Poon. « En rejoignant cette équipe, je m'engage à transformer les pratiques d'approvisionnement alimentaires tout en soutenant les petits producteurs. » La vision stratégique de KOLTIVA Joe Keen Poon travaillera en étroite collaboration avec Manfred Borer, CEO et cofondateur de KOLTIVA, et l'équipe dirigeante. Ensemble, ils renforceront la présence de KOLTIVA dans des marchés clés comme l’Indonésie, l’Asie-Pacifique, les Amériques, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Ceux-ci sont essentiels pour l'avenir de l’approvisionnement durable. « Nous avons établi une base solide, axée sur l’intégrité des données, une technologie centrée sur l’humain, et la confiance de nos clients », déclare Manfred Borer. « L’arrivée de Joe Keen Poon est un atout précieux pour nous aider à franchir une nouvelle étape d’expansion tout en restant ancrés dans nos communautés agricoles. » Un engagement envers la durabilité Cette nomination apporte un nouvel éclairage sur les défis mondiaux, tout en assurant la continuité des valeurs de KOLTIVA. L’entreprise reste fermement engagée à promouvoir un approvisionnement éthique, l'inclusion des petits producteurs et une résilience climatique grâce à la technologie. KOLTIVA se distingue par son approche unique qui allie expertise agricole sur le terrain et traçabilité numérique. Ce modèle est reconnu par diverses parties prenantes, incluant des entreprises et des ONG. « Les entreprises doivent désormais prouver la légalité et la durabilité de leurs sources d’approvisionnement. KOLTIVA est à la pointe de cette évolution. Nous fournissons une traçabilité complète et une vérification géospatiale pour des produits comme l’huile de palme et le café », souligne Joe Keen Poon. « Mon attirance pour ce rôle réside dans l’engagement de KOLTIVA à autonomiser les producteurs. » Télécharger le communiqué de presse Anglais Espagnol Indonésien À propos de KOLTIVA KOLTIVA propose des technologies humaines et des solutions sur le terrain qui numérisent l'agriculture. Cela aide les petits producteurs à adopter des pratiques durables et à garantir un approvisionnement traçable. Elle est reconnue comme un leader mondial dans l’agriculture durable. KOLTIVA construit des chaînes d’approvisionnement éthiques et transparentes. L’entreprise aide ses clients à renforcer leur conformité et leur résilience. Avec des solutions de traçabilité, KOLTIVA permet aux entreprises de s’adapter aux normes en constante évolution. Active dans plus de 65 pays et soutenue par un réseau d’assistance dans 20 pays, KOLTIVA sert environ 19 000 entreprises pour établir des chaînes d’approvisionnement solides et transparentes. 1 900 000 producteurs bénéficient également d’une augmentation de leurs revenus grâce à leur aide. www.koltiva.com Contact presse Daniel Prasetyo Head of Public Relations & Corporate Communications KOLTIVA +62 8111 671 919 daniel.prasetyo@koltiva.com

  • Numériser la chaîne d’approvisionnement du thon albacore sauvage en Indonésie : comment KOLTIVA, Meloy Fund, Ocean Union et Laut Biru Seafood renforcent la traçabilité dès le premier maillon

    Représentant 31 % des 5,2 millions de tonnes de thon pêchées dans le monde en 2023, le thon albacore (Thunnus albacares) est la deuxième espèce de thon la plus commercialisée à l’échelle mondiale. Il constitue un pilier de l’économie mondiale des produits de la mer (ISSF, 2025). Très prisé sur les marchés du sushi et du sashimi, il soutient une industrie de plusieurs milliards de dollars. Cette industrie fait vivre des milliers de familles côtières, notamment en Indonésie, où la pêche de capture sauvage joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement mondial. L'impact de la demande sur l'industrie du thon Mais dans l’économie halieutique actuelle, la demande seule ne détermine plus l’avenir de cette filière. L’avenir du commerce du thon est désormais façonné par les données et la transparence. Cela inclut la capacité de vérifier où, comment et par qui le thon est pêché. Chaque tranche de sashimi d’albacore est reliée à une chaîne d’approvisionnement complexe. Cette chaîne commence dans des eaux éloignées et se termine sur les tables de restaurants haut de gamme à travers le monde. Les acheteurs et les régulateurs internationaux exigent désormais des preuves d’origine et de durabilité. La traçabilité est devenue une nécessité opérationnelle pour le commerce des produits de la mer. Elle constitue le passeport vers les marchés les plus valorisés. Pour l’industrie indonésienne du thon, la numérisation du « premier maillon » — le point de débarquement et d’enregistrement des captures — est essentielle pour répondre à ces exigences. Dans un monde où la transparence et la responsabilité déterminent ce qui se retrouve dans nos assiettes, la traçabilité n’est plus une simple tendance. Elle est devenue la clé de la durabilité et de la réussite dans le commerce du thon. Une industrie mondiale sous pression pour démontrer sa durabilité Les marchés mondiaux des produits de la mer font l’objet d’une surveillance croissante. Les principaux pays importateurs renforcent leurs exigences en matière de traçabilité, de durabilité et d’approvisionnement éthique. La pression du marché continue de s’intensifier à mesure que les cadres réglementaires évoluent : États-Unis : Le Seafood Import Monitoring Program (SIMP) et la future règle de traçabilité alimentaire Food Safety Modernization Act (FSMA 204) exigent une traçabilité vérifiable de bout en bout, du navire jusqu’au port d’entrée américain. Par ailleurs, le Marine Mammal Protection Act (MMPA) interdit la capture (harcèlement, chasse, capture ou mise à mort), ainsi que l’importation ou l’exportation de mammifères marins. Cela s’applique dans les eaux américaines comme aux citoyens et navires américains à l’échelle mondiale. Union européenne : Renforcement du EU Catch Certification Scheme afin d’accroître la surveillance et de garantir la légalité des captures. Sur les principaux marchés : Les acheteurs aux États-Unis, dans l’Union européenne et au Japon accordent une priorité croissante à la conformité réglementaire, à l’approvisionnement éthique et aux pratiques de pêche responsables comme conditions préalables aux échanges commerciaux. L’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des systèmes à échanger des données de manière fluide, est désormais une exigence centrale. Les systèmes fondés sur des documents papier ne sont plus en mesure de répondre à ces attentes. Cela est particulièrement vrai dans des pêcheries de capture sauvage fragmentées comme celles de l’Indonésie, où des milliers de pêcheurs artisanaux opèrent sur des zones maritimes vastes et éloignées. La chaîne d’approvisionnement du thon en Indonésie : atouts, fragmentation et risques croissants Ces exigences internationales placent l’industrie indonésienne du thon sous les projecteurs. Le pays représente environ 16 % des débarquements mondiaux de thon (Antara News, 2022), ce qui rend la conformité essentielle pour maintenir l’accès aux marchés. Pourtant, la réalité sur le terrain demeure complexe. À Bitung, dans le nord de Sulawesi, la pêcherie de thon albacore constitue un pilier des moyens de subsistance locaux. Les grands navires pratiquant la pêche à la ligne à main débarquent généralement leurs captures dans des ports centralisés. Cela se fait aux côtés d’un large éventail d’activités de pêche artisanale dans la région. Cette fragmentation engendre des défis persistants : Des lacunes dans la traçabilité du « premier maillon », notamment parmi les petits navires (< 10 GT). Une collecte de données informelle et fondée sur des documents papier, limitant l’intégration avec les systèmes nationaux et internationaux de traçabilité. Une application inégale des réglementations liées à la pêche INN (illicite, non déclarée et non réglementée). Une vérification limitée des méthodes de capture et des zones de pêche, restreignant l’accès aux acheteurs appliquant des exigences strictes en matière d’approvisionnement. Un environnement réglementaire en évolution rapide sur les principaux marchés (États-Unis, Union européenne, Japon). Dans ce contexte, la modernisation et la numérisation de la traçabilité deviennent des leviers essentiels pour réduire les risques et sécuriser la compétitivité internationale. Un tournant décisif : le projet pilote de traçabilité Afin de répondre aux défis persistants en matière de traçabilité dans la chaîne d’approvisionnement du thon albacore pêché à la ligne à main à Bitung, un consortium composé de Meloy Fund, Ocean Union (OU) et Laut Biru Seafood (LBS) a lancé un projet pilote de traçabilité. KOLTIVA a été désigné comme partenaire technologique. Tout au long de l’année 2025, avec le soutien du Meloy Technical Assistance Fund, le projet a testé et démontré la viabilité d’un modèle numérique de traçabilité de bout en bout pour la pêche de capture sauvage. L'accent était mis sur la collecte de données dès le premier maillon et sur l’alignement avec les standards du Global Dialogue on Seafood Traceability (GDST). L’initiative visait à adapter la technologie existante de Koltiva, KoltiTrace MIS, au contexte spécifique des pêcheries de capture sauvage. Elle a également évalué sa capacité à assurer l’interopérabilité avec des normes internationales de traçabilité telles que le GDST 1.2. Développé comme un produit minimum viable (MVP), le pilote a permis de valider les flux opérationnels, d’identifier les obstacles pratiques et de tirer des enseignements en vue d’un déploiement à plus grande échelle. KOLTIVA a ainsi adapté sa plateforme KoltiTrace MIS aux flux spécifiques des pêcheries de thon. Le système a été configuré pour enregistrer les données relatives aux navires, aux débarquements, aux étapes de transformation interne et aux flux de produits. Il veille également à ce que les données collectées puissent être alignées avec les Key Data Elements (KDE) et les Critical Tracking Events (CTE) définis par le GDST. Cette architecture permet une interopérabilité future avec les acheteurs, les régulateurs et, potentiellement, avec le système national indonésien de traçabilité (STELINA). Point essentiel : le projet pilote ne s’est pas limité à la conformité réglementaire. Il a également exploré la manière dont la traçabilité peut générer des bénéfices directs pour les pêcheurs. L’une des innovations majeures a été « Tip the Fisher », un module prototype reliant des données de traçabilité vérifiées à de potentielles incitations numériques. Cela vise à récompenser les pêcheurs qui adoptent des pratiques durables et transparentes. « Nous voyons un réel potentiel dans des modèles financiers qui récompensent les pêcheurs pour des pratiques traçables et durables, et la numérisation est la clé qui permet de le concrétiser. » — Adhiet Utomo, Business Development Manager chez KOLTIVA et Program Manager du projet. Ce que le projet pilote a mis en place Un système de traçabilité sur mesure pour le thon Un module interne entièrement personnalisé a permis de numériser la réception des produits, les étapes de transformation et les enregistrements de livraison. Cela remplace ainsi plusieurs flux de travail fondés sur des documents papier. Capture numérique dès le premier maillon KoltiTrace MIS a renforcé la traçabilité au premier maillon. Cela a été réalisé en numérisant l’enregistrement des navires, des pêcheurs et des sorties en mer. Il a également collecté les informations clés sur les captures au moment du débarquement, notamment l’espèce, le poids, l’engin de pêche et la zone de capture. Son module de collecte a également enregistré des caractéristiques du poisson telles que le poids, la catégorie, la qualité et la température. Cela a été relié à des codes de lots afin de garantir que la traçabilité débute dès l’entrée du thon dans la chaîne d’approvisionnement. Une structure de données alignée sur le GDST KoltiTrace MIS est l’une des premières plateformes indonésiennes de traçabilité reconnues comme compatibles avec le Global Dialogue on Seafood Traceability (GDST), aux côtés de l'Asosiasi Perikanan Pole and Line dan Handline Indonesia (AP2HI). Dans le cadre du projet pilote, le système a été aligné sur les Key Data Elements (KDE) et les Critical Tracking Events (CTE) du GDST. Cela pose les bases de futurs tests de capacité et d’une intégration avec les systèmes des acheteurs internationaux. Engagement multi-acteurs Nos équipes terrain ont formé et intégré les pêcheurs, les propriétaires de navires, les collecteurs, le personnel portuaire et les équipes de l’usine LBS. Cela a garanti des tests pratiques dans des conditions opérationnelles réelles. Finance inclusive : « Tip the Fisher » Un prototype ouvrant la voie à de futurs modèles d’incitation via KoltiPay. Cela est destiné à récompenser des pratiques de pêche vérifiées, traçables et responsables. Ce qui a changé sur le terrain À la fin du projet pilote, l’adoption s’était progressivement élargie au sein de la communauté. Cela a permis au système d’enregistrer les transactions au débarquement, les livraisons à l’usine et les étapes de transformation jusqu’au produit final via KoltiTrace MIS. Le pilote a démontré qu’un flux de travail numérique standardisé peut fonctionner efficacement dans un environnement de débarquements mixtes. Cela relie les pêcheurs, les transformateurs et les exportateurs au sein d’un système unique. Le Meloy Tuna Traceability Pilot a servi de plateforme d’apprentissage. Il offre une base pratique et réaliste pour le développement futur et l’investissement dans une traçabilité numérique interopérable à travers le secteur halieutique indonésien. Ces enseignements soutiennent la mise à l’échelle de solutions interopérables. Cela ouvre la voie à une meilleure conformité, à un accès accru aux marchés et à une durabilité à long terme. Des innovations telles que des étiquettes de lots avec QR code et des tableaux de bord dédiés aux navires ont fourni des premières preuves que les enregistrements numériques peuvent : Renforcer les processus de diligence raisonnable Soutenir les évaluations des risques Améliorer la transparence dans une chaîne d’approvisionnement historiquement dépendante de documents manuels Le pilote a également posé les bases de l’alignement avec le Global Dialogue on Seafood Traceability (GDST). Cela prépare ainsi le terrain pour de futurs tests de capacité et une intégration technique avec STELINA ou avec les systèmes des acheteurs privés. Après le projet pilote : quelles perspectives ? Pour la suite, le projet s’est concentré sur la consolidation du pilote en un produit minimum viable (MVP) stable et prêt pour un déploiement opérationnel. Cela doit soutenir une adoption plus large et l’interopérabilité. Les tests de capacité GDST ont été réalisés en octobre 2025. Cela a marqué une étape clé dans la validation de l’alignement avec les standards mondiaux de traçabilité et les exigences des acheteurs en matière de données. Fort des enseignements tirés du pilote, le modèle « Tip the Fisher » a été affiné. Cela a permis son déploiement à plus grande échelle. Il veille à ce que les incitations financières demeurent transparentes, équitables et efficaces à mesure que la participation augmente. Les résultats en matière de traçabilité ont été partagés avec les acheteurs lors de présentations ciblées. Cela a généré des retours qui ont permis d’aligner davantage les fonctionnalités du système sur les attentes du marché. Avec ces bases solides, l’initiative explore désormais son extension à d’autres transformateurs et sites de débarquement. Cela vise à tester la capacité du modèle à s’adapter à des contextes opérationnels variés tout en restant inclusif et crédible. Construire les bases d’une traçabilité numérique évolutive Bien que le projet pilote ait été conçu comme un produit minimum viable (MVP), il a apporté des enseignements clairs sur ce que pourrait être un modèle de traçabilité évolutif pour le thon pêché à la ligne à main en Indonésie. En numérisant le premier maillon de la chaîne, en renforçant les flux internes de produits et en structurant les données conformément aux standards internationaux, KOLTIVA et ses partenaires ont démontré une voie concrète pour améliorer la conformité et la préparation au marché dans l’une des pêcheries les plus importantes d’Indonésie. Pour les acheteurs et les régulateurs, cela apporte la transparence qu’ils exigent. Pour les pêcheurs et les transformateurs, cela ouvre la voie à un commerce plus équitable et à de futurs modèles d’incitation. Le travail mené à Bitung montre que la traçabilité n’est plus seulement une exigence réglementaire. Elle devient l’épine dorsale de la compétitivité des chaînes d’approvisionnement en produits de la mer durables et responsables sur les marchés mondiaux. Alors que les chaînes d’approvisionnement mondiales en produits de la mer accélèrent leur transition vers la durabilité, les enseignements tirés de Bitung offrent un modèle pour des solutions évolutives et interopérables. Cela crée des opportunités non seulement en matière de conformité, mais aussi d’avantage concurrentiel et de croissance à long terme. Autrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Social Media Practitioner chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari associe son expertise en marketing digital et en médias sociaux à un engagement profond en faveur de la durabilité. Elle possède plus de huit années d’expérience en communication. Son travail consiste à élaborer des récits à fort impact reliant technologie, agriculture et responsabilité environnementale. Elle est animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables à travers des contenus percutants, centrés sur les publics, diffusés sur une variété de plateformes numériques. Ressources : ANTARA News. (2022). Indonesia corners 15% share of global tuna production. ANTARA News. https://en.antaranews.com/news/225853/indonesia-corners-15-share-of-global-tuna-production Global Dialogue on Seafood Traceability. (2023). GDST 1.2 Implementation Guidelines. https://traceability-dialogue.org/ ISSF. 2025. Status of the world fisheries for tuna. Mar. 2025. ISSF Technical Report 2025-01. International Seafood Sustainability Foundation, Pittsburgh, PA, USA

  • Déployer les services d’agroforesterie à grande échelle dans les paysages agricoles prioritaires pour la conservation en Indonésie

    Note de la rédaction L’agroforesterie est de plus en plus reconnue comme l’une des approches les plus pratiques pour restaurer les paysages tout en renforçant la productivité agricole. Pourtant, déployer l’agroforesterie à grande échelle dans des paysages de production diversifiés exige bien plus que la plantation d’arbres. Cela nécessite une planification coordonnée, l’engagement des producteurs, une expertise technique et une gestion des écosystèmes à long terme. Cet article examine pourquoi l’agroforesterie est devenue une priorité stratégique pour la conservation et l’agriculture durable, et comment la collaboration entre Konservasi Indonesia et KOLTIVA illustre une approche paysagère intégrant la conservation de la biodiversité, la résilience des producteurs et la production durable de matières premières agricoles. Résumé exécutif Une méta-analyse mondiale portant sur 3 075 comparaisons a révélé que les systèmes agroforestiers offrent une biodiversité et des services écosystémiques supérieurs de 23 % à ceux de l’agriculture conventionnelle, avec les gains les plus importants au niveau des fonctions liées aux sols et de la régulation plutôt qu’au niveau du rendement brut (Mathieu et al., 2025). Les bénéfices écologiques ne se font pas au détriment des revenus. Des études de terrain font état d’augmentations des revenus des ménages liées à l’agroforesterie allant d’environ 11,5 % en Tanzanie à 34 % au Pérou, grâce à la diversification de la production (Kassa, 2026). Konservasi Indonesia et KOLTIVA appliquent ce modèle dans trois paysages écologiquement sensibles du nord de Sumatra, de Java occidental et de Papouasie occidentale, en utilisant l’agroforesterie du cacao et du café comme point d’entrée. La structure du programme, comprenant l’évaluation des parcelles, la mise en place de parcelles de démonstration, le renouvellement des plantations, les travaux d’amélioration des sols et la formation des agriculteurs, reflète ce que les recherches indiquent comme nécessaire pour que l’agroforesterie perdure au-delà d’une seule saison de plantation. Table des matières : Le défi : la prochaine frontière de la restauration des paysages Pourquoi l’agroforesterie gagne du terrain à l’échelle mondiale Passer des projets agroforestiers aux systèmes agroforestiers Des données probantes à la pratique : un partenariat dans trois paysages Cinq piliers de services agroforestiers performants Évaluation des exploitations et des parcelles Fermes de démonstration Réhabilitation et replantation Gestion de la santé des sols Renforcement des capacités Construire les fondations d’une résilience à long terme Le défi : la prochaine frontière de la restauration des paysages Dans les paysages prioritaires pour la conservation à travers le monde, le défi ne consiste plus simplement à protéger les forêts ou à restaurer la biodiversité. La véritable question est de savoir comment atteindre les objectifs de conservation tout en garantissant la viabilité économique de l’agriculture pour les communautés qui en dépendent. Ce défi est particulièrement important dans des pays comme l’Indonésie, où certains des paysages les plus importants sur le plan écologique au monde soutiennent également des millions de petits producteurs. La conservation et la production agricole sont souvent présentées comme des priorités concurrentes. En réalité, la résilience à long terme des paysages dépend de l’intégration de ces deux objectifs. Les agriculteurs ont besoin de terres productives et de moyens de subsistance durables. Les écosystèmes ont besoin de sols sains, de biodiversité et de processus écologiques fonctionnels. Une gestion durable des paysages nécessite donc des solutions qui soutiennent ces deux dimensions. C’est pourquoi l’agroforesterie devient de plus en plus importante dans les efforts de restauration des paysages : elle ne contraint pas la conservation et la production agricole à entrer en concurrence en tant qu’objectifs distincts. L’association de cultures avec des arbres et d’autres végétaux transforme le fonctionnement même des terres agricoles, en soutenant la productivité tout en restaurant certaines des fonctions écologiques que l’agriculture intensive tend à dégrader. Crédit photo : Konservasi Indonesia/ Immanuel Antonus Pourquoi l’agroforesterie gagne du terrain à l’échelle mondiale L’agroforesterie n’est pas un concept nouveau. Cependant, les recherches croissantes continuent de renforcer sa valeur en tant que voie pratique vers une agriculture durable et la conservation. Contrairement aux systèmes agricoles conventionnels qui simplifient souvent les paysages en les consacrant à une seule culture, l’agroforesterie intègre des cultures, des arbres et d’autres végétaux au sein d’une même zone de production. Il en résulte un système agricole plus diversifié et plus résilient, capable de soutenir les fonctions écologiques tout en maintenant la production. Les données les plus solides proviennent d’une méta-analyse publiée en 2025, qui a regroupé 20 méta-analyses mondiales distinctes représentant 3 075 comparaisons directes entre les systèmes agroforestiers et les systèmes agricoles conventionnels. Les résultats sont convaincants : les systèmes agroforestiers ont amélioré la biodiversité et la fourniture de services écosystémiques de 23 % en moyenne à l’échelle mondiale. Cependant, ces bénéfices n’étaient pas répartis uniformément. Les services de soutien et de régulation, tels que la formation des sols, la lutte contre les ravageurs et le cycle de l’eau, ont enregistré des améliorations plus importantes que les services liés à la production. Les stocks de carbone organique des sols ont davantage bénéficié de l’agroforesterie dans les conditions plus sèches, et la production de fourrage a suivi une tendance similaire, atteignant son niveau maximal sous un stress aride plutôt que dans des climats plus humides (Mathieu et al., 2025). En ce qui concerne spécifiquement les revenus, une revue publiée en 2026 de 91 études évaluées par les pairs sur l’agroforesterie, publiées entre 2007 et 2026, a révélé des effets constants de diversification des revenus pour les petits producteurs, avec des augmentations rapportées allant d’environ 11,5 % en Tanzanie à 34 % au Pérou, selon le système et le contexte du marché (Kassa, 2026). Des recherches distinctes sur l’agroforesterie intelligente face au climat ont également établi un lien entre l’intégration des arbres et des bénéfices mesurables en matière d’adaptation, notamment une meilleure rétention de l’eau, une réduction de l’érosion et un effet tampon sur les microclimats pendant les périodes de chaleur et de sécheresse (Abebaw et al., 2025). Dans l’ensemble, les recherches suggèrent que l’agroforesterie peut améliorer l’état écologique des terres agricoles sans considérer les moyens de subsistance des producteurs comme une préoccupation secondaire. C’est précisément ce qui la rend pertinente dans les paysages prioritaires pour la conservation, où l’objectif n’est pas seulement de restaurer les écosystèmes, mais aussi de donner aux communautés une véritable raison de les préserver. Passer des projets agroforestiers aux systèmes agroforestiers Les arguments en faveur de l’agroforesterie sont solides, mais les données probantes ne garantissent pas à elles seules la réussite à l’échelle du paysage. Le véritable défi commence lorsque ces données doivent être traduites en pratiques concrètes dans les exploitations, les communautés et les chaînes d’approvisionnement. La difficulté commence lorsque le modèle quitte les publications de recherche pour entrer dans les exploitations. Quelles parcelles faut-il prioriser ? Quelles cultures et quelles espèces d’arbres sont adaptées ? De quoi les sols ont-ils réellement besoin ? Comment réhabiliter les exploitations vieillissantes ou peu productives ? Comment les producteurs peuvent-ils acquérir les compétences nécessaires pour gérer un système de production plus complexe ? Et surtout, comment faire d’une intervention à court terme un modèle agricole qui perdure après la fin d’un projet ? Des services agroforestiers efficaces nécessitent de prendre des décisions concernant la sélection des espèces, l’adéquation des sols, la réhabilitation des exploitations, le renforcement des capacités des producteurs et la gestion à long terme. Ils nécessitent également de comprendre comment la restauration écologique et la productivité agricole peuvent se renforcer mutuellement au fil du temps. Sans ces fondations, l’agroforesterie risque de devenir une intervention à court terme plutôt qu’une stratégie paysagère à long terme. C’est précisément l’écart entre l’agroforesterie en tant qu’intervention fondée sur des données probantes et l’agroforesterie en tant que stratégie paysagère opérationnelle que KOLTIVA s’efforce d’aider Konservasi Indonesia à combler dans trois paysages prioritaires pour la conservation. Crédit photo : Konservasi Indonesia/ Lusdi Wisuda Des données probantes à la pratique : un partenariat dans trois paysages Une approche visant à transformer les données probantes en pratiques concrètes est actuellement mise en œuvre dans trois paysages prioritaires pour la conservation en Indonésie. Pour transformer cette base de données probantes en un programme qui fonctionne sur le terrain, Konservasi Indonesia apporte son mandat de conservation et ses priorités à l’échelle des paysages, avec le soutien de KOLTIVA, qui apporte l’expertise agronomique et l’infrastructure de terrain nécessaires pour traduire ces objectifs en pratiques agricoles. KOLTIVA a été sélectionnée pour son expertise en agronomie et en agroforesterie et soutient les initiatives d’agroforesterie du cacao et du café de Konservasi Indonesia dans trois paysages choisis pour leur importance écologique plutôt que pour leur facilité de mise en œuvre : l’écosystème forestier de Batang Toru et Batang Angkola dans le nord de Sumatra, le paysage de Gedepahala à Java occidental et le Crown Jewel of Papua en Papouasie occidentale. Cinq piliers de services agroforestiers performants La valeur stratégique de ce modèle réside dans sa structure. Plutôt que de considérer l’agroforesterie comme une activité de plantation ponctuelle, il établit les fondations opérationnelles nécessaires pour fournir des services agroforestiers efficaces sur le long terme. Les services agroforestiers de KOLTIVA pour Konservasi Indonesia reposent sur cinq domaines d’intervention principaux : Évaluation des exploitations et des parcelles Le travail commence par l’évaluation des pratiques agricoles, de l’état des parcelles, de la santé des sols, de la diversité des cultures et des risques environnementaux sur chaque site. Cette évaluation permet d’identifier les améliorations prioritaires et d’orienter le soutien ciblé apporté à chaque exploitation, plutôt que d’appliquer la même intervention à des paysages présentant des conditions initiales très différentes. Parcelles de démonstration agroforestières Le programme met en place des parcelles de démonstration présentant des systèmes durables de production de cacao et de café, en équilibrant productivité, biodiversité et objectifs de conservation d’une manière que les agriculteurs peuvent observer directement avant de les adopter sur leurs propres terres. Systèmes agroforestiers et replantation Lorsque les exploitations nécessitent une réhabilitation, le programme soutient l’association de cultures, la replantation et la réhabilitation des exploitations en utilisant des clones améliorés de cacao et de café aux côtés d’une diversité d’espèces d’arbres, afin de renforcer à la fois la résilience et les revenus. Les variétés génétiques améliorées répondent directement aux enjeux de rendement et de résistance aux maladies ; la diversité des arbres favorise quant à elle les services écosystémiques de régulation et de soutien associés à l’agroforesterie par la méta-analyse, avec des bénéfices qui s’accumulent sur plusieurs saisons plutôt que d’apparaître lors d’une seule récolte. Crédit photo : Konservasi Indonesia/Eko Siswono Tuyodho Pratiques de santé et de conservation des sols Les pratiques agroforestières fondées sur la nature constituent le socle des interventions plus visibles, en améliorant la qualité des sols, en réduisant l’érosion et en restaurant les fonctions des écosystèmes. C’est le mécanisme qui explique les gains en carbone organique des sols associés à l’agroforesterie dans la littérature scientifique, en particulier dans les zones plus sèches. C’est un travail lent et peu spectaculaire, mais c’est aussi ce qui fait la différence entre une exploitation qui reste productive dans quinze ans et une exploitation qui ne le sera plus. Renforcement des capacités et feuille de route pour la durabilité Le programme propose aux agriculteurs des formations, des supports pédagogiques et une approche de formation des formateurs, associés à une feuille de route à long terme reliant conservation, moyens de subsistance et accès aux marchés. L’objectif est de mettre en place un modèle autonome une fois la phase active du programme terminée, plutôt qu’un modèle dépendant d’un soutien extérieur continu. Doni Latuparisa, M.Si, Responsable du programme Batang Toru chez Konservasi Indonesia, formule ainsi l’objectif : « La conservation ne consiste pas seulement à préserver la durabilité des forêts, mais aussi à garantir que les communautés vivent dans la prospérité et en harmonie avec la nature. Grâce à la restauration fondée sur l’agroforesterie, nous replantons l’espoir, restaurons les paysages tout en créant des opportunités de prospérité qui se développent parallèlement à des écosystèmes durables. » Construire les fondations d’une résilience à long terme La question scientifique concernant l’agroforesterie est en grande partie résolue. La question opérationnelle est de savoir si un programme est prêt à s’engager dans les étapes qui ne produisent pas de résultats immédiats : l’évaluation au niveau des parcelles, les travaux sur les sols dont les bénéfices se manifestent sur plusieurs années et une infrastructure de formation conçue pour perdurer au-delà de la période de financement. Négliger ces éléments risque de transformer l’agroforesterie en une nouvelle initiative de plantation qui paraît convaincante dans un rapport, mais peine à produire des résultats à partir de la troisième année. KOLTIVA apporte l’expertise agronomique, les outils d’évaluation au niveau des agriculteurs et l’infrastructure de terrain nécessaires pour transformer un mandat de conservation en un système agricole opérationnel. C’est le type de partenaire de mise en œuvre dont les organisations de conservation, les acheteurs de cacao et de café et les programmes de durabilité ont besoin lorsqu’ils sont prêts à aller au-delà des parcelles pilotes et à développer des paysages capables de résister dans le temps. Si vous évaluez un investissement agroforestier dans un paysage prioritaire pour la conservation, ou si vous souhaitez découvrir comment ce modèle allant de l’évaluation à la formation pourrait s’appliquer à votre propre chaîne d’approvisionnement ou programme, l’équipe de Koltiva peut vous accompagner. Autrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Social Media Specialist chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari* met à profit son expertise en marketing digital et en médias sociaux ainsi que son profond engagement en faveur de la durabilité, avec plus de huit ans d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail se concentre sur la création de récits percutants qui établissent un lien entre technologie, agriculture et responsabilité environnementale. Elle est animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables à travers des contenus pertinents et adaptés aux audiences sur différentes plateformes numériques.* Ressources : Kassa, G. (2026). Agroforestry as a pathway to climate-smart agribusiness: Challenges and opportunities for smallholder farmers in developing countries. Frontiers in Sustainable Food Systems, 10, 1851954. https://www.frontiersin.org/journals/sustainable-food-systems/articles/10.3389/fsufs.2026.1851954/full Abebaw, S. E., Yeshiwas, E. M., & Feleke, T. G. (2025). A systematic review on the role of agroforestry practices in climate change mitigation and adaptation. Climate Resilience and Sustainability, 4(2), e70018. https://doi.org/10.1002/cli2.70018 Mathieu, A., Martin-Guay, M.-O., & Rivest, D. (2025). Enhancement of agroecosystem multifunctionality by agroforestry: A global quantitative summary. Global Change Biology, 31(5), e70234. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40365753/

  • Comment les entreprises du secteur du cacao peuvent opérationnaliser les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, la traçabilité de la production et la soumission via TRACES

    Note de la rédaction : Un point de géolocalisation et une déclaration du fournisseur suffisaient autrefois pour qualifier une expédition de « prête pour l’EUDR ». Ce que les régulateurs et les acheteurs souhaitent désormais réellement voir, ce ne sont pas seulement des informations sur l’identité du producteur ou du fournisseur et sur le lieu de production, mais aussi la preuve que la parcelle était légalement exploitée avant la date butoir applicable, la manière dont le risque a été évalué et la cohérence de la documentation, suffisamment solide pour résister à un audit. La plupart des équipes chargées des achats et de l’approvisionnement dans les filières du cacao, du café, de l’huile de palme, du caoutchouc, du soja et du bois gèrent encore ces éléments à l’aide de feuilles de calcul et de rapports ponctuels qui deviennent rapidement obsolètes. Le véritable goulot d’étranglement n’a jamais été la collecte des données : c’est de savoir si elles sont validées, connectées et prêtes pour un audit. Cet article présente également les perspectives de Michael Wijaya, Head of Data Collection and Climate chez KOLTIVA, sur la manière dont cette évolution se traduit concrètement. Lisez l’article complet et échangez dès maintenant avec notre expert ! Résumé exécutif : L’EUDR a changé le rôle de la traçabilité dans les chaînes d’approvisionnement des produits agricoles et des matières premières présentant un risque pour les forêts. Les entreprises qui mettent des produits réglementés sur le marché de l’UE ou les exportent depuis l’UE doivent être en mesure de démontrer que les produits concernés sont exempts de déforestation, produits légalement et couverts par une déclaration de diligence raisonnable. Le système d’information EUDR de la Commission européenne, basé sur la plateforme TRACES, permet aux opérateurs et à leurs représentants autorisés de créer, gérer et soumettre des déclarations de diligence raisonnable, y compris les informations de géolocalisation pouvant être téléchargées au format GeoJSON. Pour les équipes chargées des achats durables et de l’approvisionnement, cela signifie que les données fournisseurs ne peuvent plus rester déconnectées des flux opérationnels. Les fichiers GeoJSON, les documents de légalité, les références des DDS fournisseurs, les bons de commande, les lots de production, les expéditions de produits finis, le statut des soumissions dans TRACES et les références DDS destinées aux courtiers doivent être connectés au sein d’un processus unique et auditable. Notre modèle opérationnel EUDR positionne KoltiTrace comme une plateforme centrale pour la collecte des preuves fournisseurs, la validation géospatiale, l’évaluation des risques, le processus d’atténuation, l’exécution des DDS/TRACES et l’historique des audits. Le véritable défi ne réside pas uniquement dans la traçabilité, mais aussi dans la conformité opérationnelle : s’assurer que seuls les dossiers complets, acceptés, traçables et qualifiés en fonction des risques passent à l’étape de préparation de la diligence raisonnable. Cela nécessite des contrôles de qualité des données, la validation des polygones, des processus de correction avec les fournisseurs, la gestion des preuves de légalité, l’attribution des responsabilités en cas d’exception, l’intégration avec les ERP ou les Data Lakes, ainsi qu’un processus fiable de retour des références DDS. Table des matières Traçabilité du cacao : le passage du suivi de l’origine à la vérification fondée sur les preuves Le problème caché de la « traçabilité sur le papier » Des preuves fournisseurs à un dossier de diligence raisonnable défendable De GeoJSON à DDS : pourquoi la qualité des données détermine la préparation à la conformité Le défi de la production légale que la plupart des entreprises sous-estiment Construire un modèle fournisseurs inclusif sans abaisser les standards de conformité L’avenir de la conformité à l’EUDR repose sur un système opérationnel, pas sur une simple liste de contrôle Traçabilité du cacao : le passage du suivi de l’origine à la vérification fondée sur les preuves L’époque où la traçabilité du cacao était considérée comme un simple exercice de visibilité est révolue. Elle consistait autrefois principalement à identifier les fournisseurs, cartographier les coopératives et les collecteurs, et recueillir les coordonnées au niveau des exploitations afin de prouver l’origine des fèves. Cette approche a permis au secteur de passer de chaînes d’approvisionnement opaques et composées de multiples niveaux à des chaînes plus transparentes. Mais la prochaine étape est beaucoup plus exigeante. Face à des attentes accrues du marché, notamment avec le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation, la traçabilité ne consiste plus simplement à documenter l’origine. Il s’agit désormais de prouver, expédition par expédition, que le cacao est exempt de déforestation, produit légalement, traçable jusqu’à la parcelle sans mélange avec des volumes non traçables, et appuyé par des données capables de résister aux contrôles des autorités réglementaires, des acheteurs et des auditeurs (Commission européenne, s. d.). Cela change la réalité opérationnelle des équipes chargées des achats durables et de l’approvisionnement. La traçabilité ne peut plus se limiter à un rapport de durabilité, à un fichier fournisseur ou à un tableau de bord statique. Elle doit devenir un système opérationnel qui connecte les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, les décisions relatives aux risques, la traçabilité de la production, les références DDS, le statut dans TRACES et l’historique des audits. Le marché ne demande plus seulement si les entreprises disposent d’un système de traçabilité. La question que les acheteurs et les régulateurs posent de plus en plus est de savoir si cette traçabilité peut résister à un examen approfondi. Une entreprise peut-elle démontrer d’où vient le produit, comment le risque a été évalué, quelles preuves étayent la décision et comment ces preuves sont-elles liées à une expédition spécifique ? C’est ce qui distingue la simple collecte de données de la conformité opérationnelle. C’est pourquoi la traçabilité doit remonter en amont jusqu’à l’intégration des fournisseurs et s’étendre en aval aux processus de production, d’expédition et de dédouanement. Si les preuves fournisseurs sont incomplètes, si les polygones sont invalides, si les références DDS ne peuvent pas être associées à la bonne expédition ou si le statut de conformité n’est pas visible lorsque les marchandises sont prêtes à être expédiées, la préparation à l’EUDR devient un risque pour la continuité des approvisionnements, et non plus seulement un enjeu de reporting en matière de durabilité. Ce modèle opérationnel commence par une question plus exigeante : chaque expédition de cacao peut-elle être retracée, en passant par la coopérative ou le collecteur, jusqu’à la parcelle agricole individuelle, avec des preuves fournisseurs vérifiées, une géolocalisation au niveau de la parcelle, des documents attestant la légalité, des registres de transactions, des décisions relatives aux risques et des résultats de la diligence raisonnable, tous reliés au même lot ? Le problème caché de la « traçabilité sur le papier » De nombreuses entreprises disposent déjà d’éléments utiles pour démontrer leur conformité : listes de producteurs, fichiers GeoJSON, documents de certification, documents attestant la légalité, bons de commande, registres de lots, déclarations des fournisseurs et références DDS. Le problème est que ces données sont souvent réparties entre différents systèmes, équipes et flux de travail. Un dossier fournisseur dans une boîte e-mail, un bon de commande dans un ERP, un registre de lot dans le système de production et une référence DDS dans un tableur peuvent chacun être utiles individuellement. Ensemble, ils peuvent néanmoins ne pas suffire à constituer une chaîne de preuves défendable. Un registre de traçabilité devient réellement utile sur le plan opérationnel lorsqu’il relie les preuves fournisseurs à la réalité physique et commerciale du produit. Le modèle de plateforme EUDR de KOLTIVA répond à cette fragmentation en réunissant les preuves fournisseurs, l’évaluation géospatiale, la traçabilité de la production et la soumission directe dans TRACES au sein d’un environnement intégré. Michael Wijaya, Head of Data Collection & Climate chez KOLTIVA, a déclaré : «De nombreuses organisations disposent déjà d’une grande partie des données nécessaires à la conformité à l’EUDR. Le véritable défi consiste à les rendre opérationnelles, en reliant les preuves fournisseurs, les évaluations des risques, les registres de production, les données d’expédition et les processus de diligence raisonnable au sein d’un processus fluide et auditable qui répond à la fois aux exigences réglementaires et aux opérations quotidiennes d’approvisionnement. Une mise en œuvre réussie de l’EUDR exige que les organisations gèrent plusieurs composantes de conformité en parallèle, notamment la documentation des fournisseurs, la validation de la géolocalisation et des polygones, les évaluations de la déforestation et de la légalité, la traçabilité de la production, la préparation des DDS, la soumission dans TRACES et la conservation de registres prêts pour les audits. L’essentiel est de garantir que ces éléments restent intégrés, traçables et vérifiables tout au long de la chaîne d’approvisionnement. » « Notre plateforme de traçabilité positionne cette approche comme une plateforme opérationnelle EUDR, plutôt que comme une couche supplémentaire de conformité manuelle. KoltiTrace reçoit et valide les preuves fournisseurs, évalue les risques liés à la déforestation et à la légalité, gère les mesures d’atténuation, relie les livraisons de matières premières aux expéditions de produits finis, génère les DDS et conserve des registres de conformité prêts pour les audits tout au long de la chaîne », a ajouté Michael. Des preuves fournisseurs à un dossier de diligence raisonnable défendable Pour les équipes chargées des achats et de l’approvisionnement, l’une des transitions les plus difficiles consiste à transformer les preuves au niveau des fournisseurs en une garantie au niveau des expéditions. Un fournisseur peut soumettre un fichier GeoJSON. Un autre peut fournir des certificats. Un autre encore peut fournir des numéros de référence DDS provenant d’un opérateur en amont. Certains fournisseurs peuvent disposer de leurs propres systèmes numériques, tandis que d’autres s’appuient encore sur les e-mails, les tableurs ou les téléchargements manuels. Dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en matières premières, cette diversité est normale. Le système de conformité doit être suffisamment flexible pour accepter les preuves fournisseurs provenant de différents canaux, tout en étant suffisamment rigoureux pour produire un dossier unique et encadré. Michael explique : «C’est là que de nombreuses entreprises font face à un risque caché. Les preuves fournisseurs existent souvent, mais elles sont dispersées entre différents formats et systèmes. Les fichiers de géolocalisation peuvent se trouver dans des e-mails. Les bons de commande peuvent être enregistrés dans l’ERP. Les registres de lots peuvent se trouver dans les systèmes de production. Les références DDS peuvent être suivies manuellement. Les documents justificatifs peuvent être stockés dans des dossiers fournisseurs. Lorsque ces données ne sont pas connectées, les entreprises peuvent disposer d’informations, mais pas d’un véritable contrôle opérationnel. » Il ajoute qu’un processus EUDR défendable doit relier les preuves à la réalité commerciale et physique de la chaîne d’approvisionnement. Cela signifie que chaque soumission d’un fournisseur doit être associée aux bons de commande (PO), aux identifiants de livraison, aux données relatives aux matières premières, aux lots de production, aux registres d’expédition et, le cas échéant, aux références DDS. Notre modèle de plateforme de traçabilité décrit explicitement la nécessité de relier les preuves fournisseurs et les données de géolocalisation à chaque livraison avec les bons de commande (PO) et les identifiants de livraison, puis de connecter les preuves validées aux données de production et d’expédition avant la génération de la DDS et la soumission dans TRACES. De GeoJSON à DDS : pourquoi la qualité des données détermine la préparation à la conformité Les données de géolocalisation sont au cœur de la préparation à l’EUDR, mais toutes les données de géolocalisation ne sont pas prêtes pour la diligence raisonnable. Un polygone peut être incomplet, dupliqué, superposé à un autre, techniquement invalide, déconnecté d’un fournisseur ou présenté dans un format susceptible de générer des problèmes lors des étapes ultérieures de soumission. C’est pourquoi la qualité des données doit être contrôlée avant l’évaluation des risques et la préparation de la DDS. « Notre modèle proposé de qualité des données comprend des contrôles des fichiers et des formats, des vérifications des polygones et des enregistrements, des processus de correction, des notifications, le retraitement et la conservation de l’historique des audits. Il souligne également la nécessité de valider les fichiers GeoJSON au format WGS84, d’identifier les parcelles dupliquées, de détecter les chevauchements et les géométries invalides, de vérifier les attributs obligatoires et de conserver l’historique des versions », a déclaré Michael. Cela est important, car une mauvaise qualité des données peut créer à la fois des risques de conformité et des risques opérationnels. Des polygones invalides peuvent retarder l’évaluation. Des identifiants fournisseurs manquants peuvent empêcher d’associer les preuves à la bonne livraison. Des parcelles dupliquées peuvent fausser la visibilité sur l’approvisionnement. Des polygones qui se chevauchent peuvent créer des incertitudes lors des audits. Des références DDS manquantes peuvent interrompre la chaîne de conformité en aval. Le principe devrait être simple : seuls les dossiers complets, acceptés et traçables doivent passer à l’évaluation des risques et à la préparation de la DDS. Tout dossier incomplet doit être intégré à un processus de correction contrôlé, avec une responsabilité clairement définie, des notifications, un retraitement et un historique des audits. Pour les équipes chargées des achats, il s’agit de bien plus qu’une simple question d’hygiène technique. C’est une garantie de l’accès au marché. Si les problèmes de données ne sont détectés qu’à l’approche du dédouanement d’une expédition, l’entreprise est déjà exposée. S’ils sont détectés lors de l’intégration des fournisseurs, ils deviennent gérables. GeoJSON est nécessaire, mais la qualité des données détermine la préparation à la conformité Les données de géolocalisation sont au cœur de la préparation à l’EUDR, mais tous les jeux de données de géolocalisation ne sont pas prêts pour la diligence raisonnable. La description des fichiers GeoJSON de la Commission européenne pour le système d’information EUDR précise que les fichiers de géolocalisation utilisent le format GeoJSON, avec la longitude et la latitude en WGS84 exprimées en degrés décimaux, ainsi que des types de géométrie définis. Elle répertorie également des erreurs courantes dans les fichiers GeoJSON, telles que les polygones ouverts, les lignes qui se croisent, les types de géométrie invalides, les plages de coordonnées invalides, les noms de propriétés invalides, les fichiers protégés par mot de passe et les fichiers dépassant la limite de taille du système (Commission européenne, 2025). Cela est directement pertinent pour l’approvisionnement en cacao, car de mauvaises données géospatiales peuvent retarder ou compromettre la préparation à la diligence raisonnable. Des polygones invalides peuvent empêcher l’évaluation. Des parcelles dupliquées peuvent fausser la visibilité sur l’approvisionnement. Les chevauchements et les géométries invalides peuvent créer des incertitudes lors des contrôles. Des identifiants fournisseurs, de bons de commande ou de livraison manquants peuvent empêcher d’associer les données à la bonne expédition. « Notre système effectue des contrôles de qualité des données fournisseurs avant leur intégration dans le système d’information de l’UE pour la génération des DDS. Ces contrôles couvrent la validation des fichiers et des formats, ainsi que les données relatives aux polygones et les processus d’atténuation. Ils comprennent la validation des fichiers GeoJSON au format WGS84, des certificats et des références DDS des fournisseurs, des identifiants fournisseurs et des bons de commande, des polygones fermés, des parcelles dupliquées, des chevauchements, des géométries invalides, des attributs obligatoires, des documents, de l’historique des versions, des notifications, du retraitement et de la conservation de l’historique des audits », a déclaré Michael. Le principe est simple : seuls les dossiers complets, acceptés et traçables doivent passer à l’évaluation des risques et à la préparation de la DDS. Tout dossier incomplet doit être intégré à un processus de correction contrôlé, avec attribution des responsabilités, notification, correction à la source, retraitement et conservation de l’historique des audits. Le défi de la production légale que la plupart des entreprises sous-estiment De nombreuses discussions sur l’EUDR se concentrent sur la déforestation, mais la production légale est tout aussi importante. Une expédition peut être totalement exempte de déforestation et néanmoins ne pas satisfaire aux exigences si l’entreprise n’est pas en mesure de démontrer qu’elle a été produite conformément aux lois applicables du pays d’origine. Le Règlement (UE) 2023/1115 exige que les produits concernés soient exempts de déforestation, produits légalement et couverts par une déclaration de diligence raisonnable. Pour les équipes chargées de l’approvisionnement, cela élargit la notion de preuve. Selon la matière première, la juridiction et le modèle d’approvisionnement, les documents attestant de la légalité de la production peuvent inclure les droits fonciers ou de propriété, les permis et autorisations prévus par la législation nationale, les documents relatifs à la conformité environnementale, les certifications et les registres de chaîne de traçabilité (Parlement européen et Conseil de l’Union européenne, 2023). Le défi réside dans le fait que ces preuves sont beaucoup moins standardisées que les données de géolocalisation. Elles varient selon le pays, le type de fournisseur, la matière première et le système foncier local. C’est pourquoi il est essentiel de disposer d’un cadre structuré pour la gestion des preuves, plutôt que de les constituer au cas par cas. Notre solution EUDR traite ces éléments de preuve, notamment les documents fonciers, les permis d’exploitation et les autorisations environnementales, les certifications, les documents cadastraux, les cartes et les registres de chaîne de traçabilité, comme des données d’entrée pour la validation qui alimentent directement l’évaluation des risques et les décisions de diligence raisonnable. Pour les équipes chargées des achats et de la durabilité, le principal enseignement est que la vérification de la légalité de la production ne peut pas être reléguée en annexe. Elle doit être intégrée au flux opérationnel : associée au dossier du fournisseur et de la parcelle, évaluée au regard des critères de risque et conservée avec la décision finale. Construire un modèle fournisseurs inclusif sans abaisser les standards de conformité L’un des principaux risques liés à la mise en œuvre de l’EUDR est l’exclusion des fournisseurs. Les petits fournisseurs, les agrégateurs, les coopératives et les chaînes d’approvisionnement liées aux petits producteurs peuvent ne pas disposer du même niveau de maturité numérique que les grands fournisseurs. Si les systèmes de conformité sont conçus uniquement pour des fournisseurs hautement numérisés, l’accès au marché risque de devenir plus difficile pour les acteurs qui ont justement le plus besoin d’accompagnement. Un modèle opérationnel EUDR pratique doit donc prendre en charge plusieurs modalités de participation des fournisseurs. Certains fournisseurs peuvent soumettre leurs données directement via une plateforme. D’autres peuvent utiliser une API ou un échange de données structuré. D’autres encore peuvent s’appuyer sur les e-mails, les tableurs, un téléchargement contrôlé ou un processus de collecte géré par l’acheteur. Lorsque la qualité des données ou le niveau de risque nécessite une assurance supplémentaire, une cartographie sur le terrain ou une vérification indépendante peut être ajoutée. Le modèle d’agrégation et de vérification des données de KOLTIVA accompagne les fournisseurs à travers différentes modalités de participation : les fournisseurs dont les données sont collectées via KoltiTrace et KoltiSkills, les fournisseurs directement abonnés à KoltiTrace et les fournisseurs qui n’utilisent pas KoltiTrace. Lorsque la qualité des données fournisseurs ou le niveau de risque nécessite une assurance supplémentaire, KoltiVerify peut fournir une vérification complémentaire. Quelle que soit la voie d’intégration, le modèle vise à centraliser les preuves, le statut de validation et les décisions de conformité au sein d’un dossier EUDR unique et encadré. C’est essentiel pour un approvisionnement inclusif. La flexibilité au niveau de la collecte des données ne doit pas entraîner d’incohérence au niveau de la conformité. Les fournisseurs peuvent soumettre leurs données par différents canaux, mais chaque dossier doit néanmoins passer par les mêmes contrôles en matière de preuves, de validation, d’évaluation des risques, d’atténuation et d’audit. L’avenir de la conformité à l’EUDR repose sur un système opérationnel, pas sur une simple liste de contrôle La conformité à l’EUDR pousse les entreprises à repenser leur approche de la traçabilité. L’objectif n’est plus simplement de cartographier les fournisseurs ou de collecter les coordonnées des exploitations. Il s’agit désormais de gérer des chaînes d’approvisionnement vérifiées et prêtes à l’expédition, dans lesquelles chaque produit concerné peut être relié aux preuves fournisseurs, à l’évaluation géospatiale, aux documents attestant de la légalité, aux décisions relatives aux risques, aux références DDS et à l’historique des audits. Pour les responsables des achats durables et de l’approvisionnement, il s’agit d’un changement stratégique. La conformité devient partie intégrante de l’exécution des achats. La traçabilité devient une composante de l’architecture des données de l’entreprise. L’engagement des fournisseurs devient un élément de l’atténuation des risques. La préparation des DDS devient un élément de la planification des expéditions. De nombreuses entreprises ont commencé leur démarche EUDR en se concentrant sur la collecte des données de géolocalisation et de la documentation fournisseurs. Ce que nous constatons aujourd’hui est un défi différent : rendre ces données opérationnelles. Les organisations les mieux préparées ne sont pas nécessairement celles qui disposent du plus grand volume de données, mais celles qui sont capables de relier les preuves fournisseurs, les décisions relatives aux risques, la traçabilité de la production, les processus DDS et l’historique des audits au sein d’un flux de travail unique et encadré. Les entreprises les mieux préparées à l’EUDR ne seront pas celles qui disposent du plus grand nombre de tableurs ou des dossiers documentaires les plus volumineux. Ce seront celles qui disposent d’un modèle opérationnel contrôlé capable de valider les preuves, de gérer les exceptions, de relier les données en amont aux produits en aval, de générer des données prêtes pour les DDS, de renvoyer les numéros de référence vers les systèmes appropriés et de démontrer a posteriori la justification de chaque décision. La prochaine génération de la traçabilité doit donc aller au-delà de la simple visibilité. Elle doit être vérifiable, opérationnelle, connectée et prête pour les audits. C’est vers cela que se dirige la conformité à l’EUDR : passer de la traçabilité comme simple documentation à la traçabilité comme système opérationnel au service d’un approvisionnement responsable. Foire aux questions (FAQ) Que signifie une traçabilité du cacao prête pour l’EUDR ? Cela signifie qu’une entreprise peut relier les preuves fournisseurs, la géolocalisation au niveau des parcelles, les documents attestant de la légalité, l’évaluation des risques, les registres de production et d’expédition, la préparation des DDS, le statut de soumission dans TRACES et l’historique des audits au sein d’un processus unique et défendable. Pourquoi la validation des fichiers GeoJSON est-elle importante pour l’EUDR ? Parce que les fichiers GeoJSON doivent être techniquement compatibles avec le système d’information EUDR. Des erreurs telles que des polygones ouverts, des géométries invalides, un format de coordonnées incorrect, des noms de propriétés invalides ou des limites de taille de fichier peuvent entraîner des problèmes de soumission et de diligence raisonnable. La collecte des coordonnées suffit-elle pour être conforme à l’EUDR ? Non. Les coordonnées doivent être associées à l’identité du fournisseur, aux registres des parcelles, aux preuves de légalité, à l’évaluation des risques, aux bons de commande, aux lots de production, aux expéditions, aux références DDS et aux pistes d’audit afin de soutenir un processus de diligence raisonnable défendable. Pourquoi la production légale est-elle importante ? L’EUDR exige que les produits soient fabriqués conformément à la législation applicable du pays de production. Cela peut nécessiter des preuves telles que des documents relatifs à l’utilisation ou à la propriété des terres, des permis, des documents environnementaux, des informations cadastrales, des certifications et des registres de chaîne de traçabilité, selon le pays et la matière première. Que devraient prioriser les entreprises du secteur du cacao ? Elles devraient prioriser l’architecture des preuves : collecte des données fournisseurs, validation des fichiers GeoJSON, preuves de légalité, identifiants des bons de commande et des livraisons, liaison entre les lots et les expéditions, processus DDS, attribution des responsabilités en cas d’exception et conservation des données d’audit. Rédactrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Social Media Practitioner chez KOLTIVA Expert du sujet : Michael Saputra, Head of Data Collection & Climate chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari met à profit son expertise en marketing digital et en médias sociaux ainsi que son profond engagement en faveur de la durabilité, avec plus de huit ans d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail se concentre sur la création de récits percutants qui établissent un lien entre technologie, agriculture et responsabilité environnementale. Elle est animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables à travers des contenus pertinents et adaptés aux audiences sur différentes plateformes numériques. Michael Saputra est Head of Data Collection and Climate chez KOLTIVA, où il dirige des initiatives intégrant l’intelligence climatique à des systèmes robustes de collecte de données sur le terrain dans les chaînes d’approvisionnement agricoles mondiales. Fort d’une expertise en analyse géospatiale, en suivi environnemental et en traçabilité numérique, Michael veille à ce que les données collectées directement sur le terrain, jusqu’au niveau des parcelles agricoles, contribuent à la conformité avec des cadres de durabilité tels que le Règlement de l’Union européenne sur la déforestation (EUDR). Son travail fait le lien entre technologie et action climatique afin d’aider les entreprises et les petits producteurs à construire des chaînes d’approvisionnement résilientes, transparentes et exemptes de déforestation. Ressources : European Commission. (2025). EUDR GeoJSON file description: Version 1.5. https://nli.gov.cz/wp-content/uploads/EUDR-EUDR-GEOJSON-FILE-DESCRIPTION-1.5_.pdf European Commission. (n.d.). Regulation on deforestation-free products. https://environment.ec.europa.eu/topics/forests/deforestation/regulation-deforestation-free-products_en European Parliament and Council of the European Union. (2023). Regulation (EU) 2023/1115 of the European Parliament and of the Council of 31 May 2023 on the making available on the Union market and the export from the Union of certain commodities and products associated with deforestation and forest degradation and repealing Regulation (EU) No 995/2010. EUR-Lex. https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2023/1115/oj/eng

  • L’écart de 2,1 % : pourquoi l’approvisionnement conforme à l’EUDR nécessite une traçabilité post-récolte et un travail sur le terrain

    Note de la rédaction : Demandez à une équipe chargée des achats ou de l’approvisionnement ce que la conformité à l’EUDR exige réellement, et la réponse s’arrête généralement à la sortie de l’exploitation : cartographier la parcelle, la géolocaliser et déposer la Déclaration de diligence raisonnable. Cette hypothèse mérite d’être remise en question, car elle est incomplète d’une manière qui a un coût. L’étape où se produit la majeure partie des pertes alimentaires, de la récolte à la vente au détail, et non au niveau de l’exploitation elle-même, est également celle où les données de traçabilité sont le plus souvent interrompues. Une parcelle géolocalisée ne reste pas conforme à elle seule si ce qui en sort est mal séché, mal stocké ou passe entre les mains d’un négociant non suivi avant même d’atteindre un acheteur. Nous observons directement ce phénomène dans le cadre de nos activités post-récolte, notamment dans la filière cacao : des techniques inadéquates de séchage et de stockage qui dégradent une récolte avant même sa commercialisation, ainsi que l’absence de registres de transactions ou le recours à des enregistrements informels lorsqu’une récolte change de mains entre le producteur, le négociant et l’acheteur. Dans les deux cas, il s’agit de problèmes post-récolte au sens courant du terme. Mais ce sont également des problèmes de conformité, car une rupture dans l’un ou l’autre de ces maillons rompt la même chaîne de traçabilité que la Déclaration de diligence raisonnable est censée démontrer. C’est un argument que nous avons défendu à plusieurs reprises cette année, notamment lors d’une session régionale du secteur au début de 2026. Ce qui suit reflète le point de vue de KOLTIVA, fondé sur ce que nous observons quotidiennement dans nos opérations de terrain dans 94 pays : combler le déficit post-récolte nécessite à la fois une trace numérique de ce qui s’est réellement passé sur le terrain et une personne capable de modifier concrètement les pratiques sur place. C’est précisément cette combinaison qui est au cœur de KoltiTrace et de KoltiSkills. Résumé exécutif : Les chaînes d’approvisionnement peuvent être pleinement conformes à l’EUDR sur le papier (coordonnées géographiques cartographiées, Déclaration de diligence raisonnable déposée), tout en perdant le produit, sa qualité et ses données de traçabilité dès la fin de la récolte. La conformité au niveau de l’exploitation ne garantit pas l’intégrité de la chaîne au-delà de celle-ci. Pourtant, une récente cartographie des outils d’agriculture numérique en Indonésie a révélé que seulement 2,1 % des technologies adoptées par les producteurs ciblent la gestion post-récolte. La plupart se concentrent sur la plantation, l’entretien et la commercialisation. L’étape de la chaîne de valeur où les pertes sont les plus importantes reste ainsi la moins desservie par l’innovation (Beanstalk, 2026). Il ne s’agit pas tant d’un manque de technologies que d’un problème de ciblage et d’infrastructures. Les solutions post-récolte doivent combiner le suivi de la conformité, la gestion de la qualité et, souvent, des capacités de stockage ou de logistique, plutôt que de proposer une solution ponctuelle répondant à un seul problème. Dans cette perspective, l’EUDR n’est pas un simple exercice administratif, mais un catalyseur qui accélère les investissements dont l’étape post-récolte est privée depuis des années. La préparation à la conformité devient ainsi une conséquence d’une bonne gestion post-récolte, et non une fin en soi. C’est le principe opérationnel qui sous-tend l’association de KoltiTrace (logiciel de traçabilité) et de KoltiSkills (services d’accompagnement sur le terrain) par KOLTIVA : des données numériques sans présence sur le terrain ne font que documenter des pertes évitables ; une formation sur le terrain sans données ne peut jamais devenir vérifiable. Combler le déficit post-récolte n’est pas la responsabilité d’un seul acteur de la chaîne. Cela nécessite des investissements partagés entre les acheteurs du secteur, les financeurs, les fournisseurs de technologies et les prestataires de services de terrain, en considérant les infrastructures post-récolte comme des infrastructures collectives de la chaîne d’approvisionnement, comparables aux routes ou aux installations de stockage frigorifique, plutôt que comme un service qu’un seul acteur achète à un autre. Table des matières L’angle mort que personne n’intègre dans ses calculs L’EUDR n’a jamais vraiment été une question de paperasse La couche manquante : pourquoi les logiciels seuls ne suffisent pas à préserver une récolte La proposition de KOLTIVA : là où KoltiTrace rencontre KoltiSkills À quoi cela ressemble sur le terrain Construire une responsabilité partagée, plutôt qu’une facture unique Ce que cela signifie pour les acheteurs et les investisseurs Foire aux questions (FAQ) L’angle mort que personne n’intègre dans ses calculs L’ampleur des pertes et du gaspillage alimentaires à l’échelle mondiale est bien connue, même si leur estimation exacte fait encore débat. L’estimation de longue date de la FAO indique qu’environ un tiers de tous les aliments produits pour la consommation humaine, soit près de 1,3 milliard de tonnes par an, sont perdus ou gaspillés. Des données plus récentes de la FAO et du PNUE permettent d’affiner cette estimation : environ 13 à 14 % des aliments sont perdus au cours de la chaîne d’approvisionnement après la récolte et avant d’atteindre le commerce de détail, tandis que 17 à 19 % supplémentaires sont gaspillés au niveau du commerce de détail, de la restauration et des ménages (Stop Food Loss and Waste, s. d.). Les pertes et le gaspillage alimentaires représenteraient également 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une manière utile de comprendre ces chiffres est de considérer que chaque tonne d’aliments perdue après la récolte représente un coût réel en eau, en main-d’œuvre, en terres et en émissions, qui a été engagé sans jamais être récupéré. Ce qui est moins bien compris, c’est la destination réelle des investissements visant à résoudre ce problème. Une cartographie des outils d’agriculture numérique adoptés par les producteurs en Indonésie, présentée lors de la deuxième session de RAFT APAC par Beanstalk (Rescuing the Missing Third: Session 2 of Regional Agri-Food Transition Network/RAFT APAC), a révélé que la grande majorité de ces outils se concentre sur la plantation, l’entretien et la commercialisation. Seulement 2,1 % ciblent la gestion post-récolte, précisément l’étape que la FAO identifie comme responsable d’environ un tiers des pertes alimentaires totales. Cela correspond à ce que nous observons dans nos propres opérations de terrain dans les filières du cacao, du café, de l’huile de palme et d’une douzaine d’autres matières premières. L’instinct est de considérer un tel écart comme un manque de technologies. Ce n’est pas le cas. Les innovations nécessaires existent déjà : les balances numériques, les capteurs d’humidité, les plateformes de logistique sous chaîne du froid et les outils de classement de la qualité sont tous disponibles sur le marché. Ce qui manque, c’est l’intégration. Une application destinée à l’étape de la plantation peut fonctionner comme une solution ponctuelle. Elle recommande une période optimale de plantation ou signale un risque lié aux ravageurs, et son rôle s’arrête pour l’essentiel là. Une solution post-récolte ne peut pas se contenter de cela. Pour réellement prévenir les pertes, elle doit combiner plusieurs éléments fonctionnant simultanément : un enregistrement numérique de ce qui a été récolté et à quel moment, une piste de conformité capable de résister aux contrôles réglementaires, un mécanisme d’évaluation de la qualité et, dans de nombreux cas, des capacités physiques de stockage ou de transport. Aucun de ces éléments ne peut fonctionner uniquement grâce à un logiciel : une piste de conformité dépend toujours de quelqu’un sur le terrain pour vérifier que les données correspondent bien à ce qui s’est réellement passé. Il s’agit d’un problème beaucoup plus complexe à concevoir, commercialiser et déployer à grande échelle qu’une application à usage unique, ce qui explique en grande partie pourquoi si peu d’investissements dans l’agritech se sont dirigés vers ce domaine. Le problème est également amplifié au niveau des petits producteurs, qui sont au cœur des filières de matières premières couvertes par l’EUDR. Le cacao, le café et l’huile de palme sont principalement produits par des agriculteurs exploitant des parcelles de deux à cinq hectares, souvent sans capacités de stockage fiables, sans informations suffisantes sur les prix et sans pouvoir de négociation leur permettant d’attendre une meilleure offre. En Afrique de l’Ouest, les producteurs de cacao ne percevaient historiquement que 60 à 70 % du prix international de leurs fèves, contre environ 90 % pour les producteurs de marchés plus consolidés comme l’Équateur (Reuters, 2025). Une partie de cet écart s’explique par le fait que les producteurs sont contraints de vendre immédiatement après la récolte, plutôt que de stocker leur production jusqu’à ce que les conditions ou les prix s’améliorent. L’investissement dans les infrastructures et les pratiques post-récolte ne constitue donc pas seulement un enjeu de prévention des pertes. Pour des millions de petits producteurs, il s’agit directement d’un enjeu de revenus. L’EUDR n’a jamais vraiment été une question de paperasse En vertu du Règlement (UE) 2025/2650, le Règlement européen sur la déforestation s’applique désormais à partir du 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, et du 30 juin 2027 pour les microentreprises et les petites entreprises. Il s’agit du deuxième report depuis l’adoption du règlement en 2023. Il couvre le cacao, le café, l’huile de palme, le caoutchouc, le soja, les bovins et le bois, ainsi que leurs produits dérivés, et impose aux opérateurs de démontrer, à l’aide de données de géolocalisation, que les marchandises n’ont pas été produites sur des terres ayant fait l’objet d’une déforestation après décembre 2020. L’examen de simplification mené par la Commission européenne en mai 2026 a confirmé qu’aucun nouveau report du texte de fond n’était prévu, et une nouvelle série de mesures d’application a suivi en juillet 2026. L’orientation générale est désormais établie, même si les échéances précises ont évolué. La plupart des articles consacrés à l’EUDR le présentent comme un exercice documentaire : collecter les coordonnées, générer une Déclaration de diligence raisonnable, la soumettre, puis passer à autre chose. Cette approche décrit les mécanismes, mais passe à côté de l’essentiel. Les matières premières couvertes par l’EUDR, notamment le cacao, le café et l’huile de palme, sont précisément celles pour lesquelles la gestion post-récolte détermine à la fois la qualité du produit et la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement. Une cargaison de cacao qui se détériore en raison de conditions de stockage inadéquates, ou qui passe par un négociant intermédiaire non suivi, ne constitue pas uniquement une perte alimentaire. Il s’agit également d’une chaîne d’approvisionnement qui a perdu son lien vérifié avec l’exploitation d’origine, précisément le lien dont une Déclaration de diligence raisonnable est censée démontrer l’existence. Il est important de le rappeler clairement, car cela change la manière dont l’investissement doit être envisagé. Un acheteur qui considère l’EUDR uniquement comme un coût de conformité cherche à satisfaire l’audit. Un acheteur qui comprend que la gestion post-récolte et l’intégrité de la traçabilité constituent un même problème sous-jacent cherche à répondre à l’audit tout en traitant les enjeux de pertes, de qualité et de revenus des producteurs, qui entraînaient déjà des coûts bien avant l’entrée en vigueur de cette réglementation. Dans cette perspective, la conformité découle d’une bonne gestion post-récolte. Elle n’a jamais vraiment constitué l’objectif qui devait motiver l’investissement. Il convient également de souligner que l’EUDR ne sera pas la dernière réglementation à imposer ce type d’exigences. Les obligations en matière de diligence raisonnable et de traçabilité se multiplient sur les différents marchés : les propres règles de l’Union européenne en matière de diligence raisonnable relative aux droits humains, ainsi qu’un nombre croissant d’exigences en matière de sécurité des importations et de visibilité des chaînes d’approvisionnement ailleurs dans le monde, vont dans la même direction. Les acheteurs qui développent dès aujourd’hui des infrastructures post-récolte en réponse à l’EUDR construisent une capacité qui sera très probablement à nouveau nécessaire dans quelques années, sous le nom d’une autre réglementation. C’est l’argument le plus solide pour considérer cette démarche comme un investissement dans les infrastructures plutôt que comme un simple projet de conformité ponctuel. La couche manquante : pourquoi les logiciels seuls ne suffisent pas à préserver une récolte Une plateforme numérique de traçabilité peut indiquer à un acheteur exactement d’où provient une cargaison de cacao, quand elle a été déplacée et qui l’a manipulée au cours de son parcours. En revanche, elle ne peut pas apprendre à un producteur comment sécher correctement son cacao ni avertir le responsable d’une coopérative qu’un lot risque de se détériorer dans trois jours. C’est précisément dans cet écart, entre disposer de données sur une récolte et avoir les capacités nécessaires pour réellement la préserver, que la plupart des stratégies post-récolte échouent. Cette analyse n’est pas propre à KOLTIVA. Lors de la session de RAFT APAC, Subhadeep Sanyal de Wavemaker Impact a formulé un constat similaire du point de vue de l’investissement : les infrastructures physiques et les outils numériques doivent progresser de concert, car aucun des deux ne peut fonctionner efficacement isolément. Il a cité l’exemple d’un projet de son portefeuille consacré à la production de riz bas carbone, dans lequel la technique agronomique sous-jacente existait depuis plusieurs années. Ce qui faisait défaut n’était pas la connaissance scientifique, mais la structure d’incitation et de mise en œuvre permettant aux producteurs d’adopter cette pratique de manière volontaire et concrète. C’est une confirmation externe utile d’un principe sur lequel nous avons construit notre propre modèle opérationnel : la technologie crée de la visibilité, mais la visibilité seule ne change pas ce qui se passe sur une claie de séchage dans un village situé à trois heures de la route goudronnée la plus proche. Ainu Rofiq, cofondateur de KOLTIVA, a formulé le même constat depuis l’intérieur de l’entreprise lors de cette même session. « La technologie à elle seule ne peut pas tout résoudre. C’est pourquoi nous déployons nos agents de terrain et proposons des services d’accompagnement sur le terrain afin de former les producteurs aux bonnes pratiques agricoles. Cela comprend également une gestion post-récolte appropriée : le tri, les techniques de transformation, ainsi que le maintien de la qualité et de la durée de conservation des récoltes », a déclaré Ainu. Dans le cadre de nos propres opérations de terrain, ce schéma se répète dans différentes filières. Une application destinée aux producteurs peut enregistrer une transaction au moment où elle a lieu, en remplacement d’un registre papier ou d’un fichier Excel dont l’existence et la fiabilité peuvent être incertaines. Mais l’application n’empêche pas un lot de café de subir une fermentation excessive parce que personne n’a expliqué le bon moment pour intervenir. Elle n’empêche pas non plus un acheteur de cacao de rejeter une cargaison parce que le producteur a utilisé un intrant interdit par les spécifications de l’acheteur. Ces résultats sont déterminés par ce qui se passe physiquement, au niveau de l’exploitation et dans les premiers maillons de la chaîne d’approvisionnement. C’est précisément cette couche que les stratégies génériques visant à « numériser les producteurs » ont tendance à négliger. La proposition de KOLTIVA : là où KoltiTrace rencontre KoltiSkills KOLTIVA s’est construite autour de l’idée que combler cet écart nécessite deux niveaux connectés travaillant simultanément sur le même problème, et non une seule équipe développant un logiciel en espérant ensuite son adoption. En pratique, cela signifie associer KoltiTrace, notre plateforme de traçabilité et de gestion des exploitations agricoles, à KoltiSkills, notre branche de services d’accompagnement sur le terrain, et orienter spécifiquement ces deux solutions vers l’étape post-récolte, plutôt que de considérer la gestion post-récolte comme une simple étape secondaire après la cartographie des exploitations. KoltiTrace : le registre numérique KoltiTrace fournit la base numérique nécessaire pour suivre les produits au-delà de la sortie de l’exploitation. La plateforme intègre la gestion des exploitations agricoles, la géolocalisation et la cartographie des polygones, le suivi de la déforestation et des changements d’utilisation des terres (GES), ainsi qu’une traçabilité fondée sur des données vérifiées au sein d’un même système d’information de gestion, permettant de suivre une culture de la semence jusqu’à la table. Pour la gestion post-récolte en particulier, trois fonctionnalités sont essentielles : Les registres numériques des transactions remplacent les documents papier et les feuilles de calcul, offrant aux producteurs, agrégateurs et acheteurs une vision commune et en temps réel de ce qui a été déplacé, à quel moment et avec quel niveau de qualité, plutôt qu’un registre qui pourrait n’exister, s’il existe, que sur papier au point de vente. La visibilité de bout en bout des expéditions permet aux entreprises et aux acheteurs, ainsi qu’aux opérateurs de la chaîne d’approvisionnement, de suivre les produits depuis le premier kilomètre jusqu’au niveau de l’usine, en identifiant les stocks mal acheminés ou retardés qui peuvent provoquer une détérioration pendant le transport avant qu’ils ne deviennent une perte totale. La couche de cartographie de la déforestation et des GES de la plateforme garantit que la même chaîne de données utilisée pour démontrer l’origine d’une expédition dans le cadre de la conformité à l’EUDR permet également de déterminer où, tout au long du parcours post-récolte, se produisent les pertes de temps, de qualité et de volume. KoltiSkills : le volet humain KoltiSkills constitue la composante du modèle qu’un tableau de bord ne peut pas remplacer. Il déploie des agents de terrain directement auprès des personnes qui prennent les décisions post-récolte : non seulement les producteurs, mais aussi les agrégateurs, les coopératives, les vendeurs d’intrants agricoles et les négociants locaux qui interviennent entre la sortie de l’exploitation et l’usine, et qui sont souvent les maillons où les pertes s’accumulent réellement. En pratique, cela couvre quatre domaines : Cartographie et vérification de la chaîne d’approvisionnement, notamment grâce au profilage des ménages et à l’évaluation des exploitations, qui vont au-delà d’un simple point GPS pour comprendre le potentiel de production et les risques ; Formation et accompagnement aux bonnes pratiques agricoles, notamment sur les étapes spécifiques de la gestion post-récolte (tri, séchage, durée de fermentation, stockage) qui déterminent si une récolte peut être conservée suffisamment longtemps pour parvenir à l’acheteur dans un état commercialisable ; Accompagnement des acteurs de la chaîne d’approvisionnement du premier kilomètre, notamment la vérification de la traçabilité des produits, l’accompagnement des vendeurs d’intrants agricoles dans la professionnalisation de leurs activités et l’appui en matière de légalité foncière afin d’aider les producteurs à obtenir les documents nécessaires à la certification et au financement ; Préparation à la certification et à la conformité pour des standards tels que Rainforest Alliance, RSPO, 4C et FSC, qui recoupent de plus en plus les exigences de l’EUDR lui-même. Pourquoi les deux doivent fonctionner ensemble Aucune de ces deux composantes ne permet à elle seule de résoudre le problème post-récolte. KoltiTrace sans KoltiSkills produit un registre très précis d’une perte évitable : une expédition parfaitement documentée qui s’est malgré tout détériorée, parce que personne n’était présent pour corriger une erreur de manipulation avant qu’elle ne s’aggrave. KoltiSkills sans KoltiTrace permet de former efficacement les producteurs, mais leurs pratiques améliorées ne deviennent jamais visibles ou vérifiables pour un acheteur et ne se traduisent donc jamais par un accès au marché ou une reconnaissance de leur valeur par les prix qui justifierait la pérennisation de la formation. Ensemble, les deux créent une boucle : les agents de terrain génèrent et vérifient les données enregistrées par KoltiTrace, ces données montrent aux acheteurs et aux propres équipes de KOLTIVA où les pertes sont concentrées, et cette visibilité permet de déterminer sur quels aspects le prochain cycle d’accompagnement sur le terrain doit se concentrer. La préparation à la conformité, sous la forme d’un registre traçable, géolocalisé et prêt pour les audits, ressort de cette boucle comme un résultat indirect. Ce n’était jamais la donnée d’entrée que l’ensemble du système avait été conçu pour produire. À quoi cela ressemble sur le terrain Dans une région d’approvisionnement en cacao composée de petits producteurs, les agriculteurs vendaient traditionnellement leur récolte peu après la récolte, quel que soit le prix, notamment parce qu’ils ne disposaient pas de conseils fiables en matière de stockage et n’avaient aucun historique numérique de leurs propres ventes sur lequel s’appuyer pour négocier. L’introduction des registres numériques au niveau des exploitations de KoltiTrace, associée à l’accompagnement des agents de terrain de KoltiSkills sur les bonnes techniques de séchage et de stockage, a apporté aux producteurs deux éléments essentiels à la fois : une visibilité sur leur propre historique de transactions et les connaissances pratiques nécessaires pour stocker le cacao en toute sécurité pendant plusieurs mois, plutôt que de le vendre immédiatement par nécessité. Avec une manipulation appropriée, le cacao peut généralement être stocké pendant plusieurs mois sans perte significative de qualité. Sans cela, la qualité, et donc le prix qu’un producteur peut obtenir, se dégrade rapidement, et un lot rejeté ou déclassé finit souvent par être revendu sur un marché local à plus faible valeur plutôt que d’intégrer la chaîne d’approvisionnement de l’acheteur. La même combinaison s’applique à la qualité des intrants. KoltiTrace suit les intrants agricoles utilisés par un producteur en parallèle des données relatives à sa récolte, tandis que KoltiSkills travaille directement avec les vendeurs locaux d’intrants agricoles afin d’améliorer les produits disponibles et leur utilisation. Cela est important, car des intrants qui ne répondent pas aux spécifications d’un acheteur, par exemple un pesticide soumis à des restrictions, entraînent directement le rejet de la récolte au niveau de l’usine, et le producteur assume cette perte en revendant sa production sur un marché à plus faible valeur. Traiter la qualité des intrants au point de vente, plutôt que de découvrir le problème au niveau de l’usine plusieurs mois plus tard, constitue à tous égards une intervention post-récolte, même si elle intervient avant la récolte. Dans les deux cas, le résultat en matière de conformité, à savoir un registre traçable, géolocalisé et prêt pour l’EUDR, couvrant l’origine, la gestion et les intrants utilisés pour la culture, est le fruit d’un travail qui a commencé par la prévention des pertes et l’amélioration des revenus des producteurs, et non par une simple liste de contrôle réglementaire. C’est, selon nous, l’ordre que le secteur a globalement inversé pendant une grande partie de la dernière décennie : construire des systèmes de traçabilité pour répondre à une réglementation, plutôt que de développer des capacités post-récolte qui permettent, chemin faisant, de répondre à cette même réglementation. Construire une responsabilité partagée, plutôt qu’une facture unique Une question légitime découle de tout cela : qui finance les infrastructures nécessaires pour combler le déficit post-récolte ? Il est tentant de considérer cette situation comme une faiblesse non résolue, comme si la réponse était simplement que personne ne souhaite la financer. Nous ne pensons pas que ce soit la bonne interprétation. Une approche plus pertinente, qui correspond également à ce qui fonctionne réellement sur les marchés où les investissements post-récolte ont pris de l’ampleur, consiste à envisager une responsabilité partagée tout au long de la chaîne de valeur, plutôt que de faire peser la facture sur un seul acteur. Les acheteurs du secteur qui financent les infrastructures post-récolte bénéficient simultanément d’une plus grande sécurité d’approvisionnement, d’une réduction des rejets liés à la qualité et d’une meilleure préparation à l’EUDR grâce au même investissement. Les financeurs, notamment les institutions de financement du développement et les investisseurs à impact disposés à absorber les risques en phase initiale que les capitaux purement commerciaux ne peuvent pas toujours prendre, bénéficient d’une classe d’actifs progressivement moins risquée et de plus en plus traçable à mesure que la qualité des données post-récolte s’améliore. Les fournisseurs de technologies et de services de terrain, dont KOLTIVA, bénéficient de l’échelle nécessaire pour rendre le modèle sous-jacent économiquement viable, puisque le coût d’une visite d’un agent de terrain ou d’une évaluation d’exploitation diminue à mesure que le réseau qui l’entoure se développe. La contribution de chaque acteur rend l’investissement des autres plus viable. Cette approche ressemble davantage à la manière dont sont construites les routes ou les infrastructures de stockage frigorifique, grâce à des investissements mixtes et complémentaires, qu’à une simple transaction entre un acheteur et un prestataire de services. C’est le modèle que nous encourageons les acheteurs et les financeurs qui évaluent ce domaine à rechercher. Ce que cela signifie pour les acheteurs et les investisseurs Pour les entreprises qui s’approvisionnent en matières premières couvertes par l’EUDR, cela plaide en faveur d’une évaluation conjointe des investissements dans la traçabilité et dans les infrastructures post-récolte, plutôt que de les considérer comme deux postes distincts. Une plateforme de traçabilité capable de générer une Déclaration de diligence raisonnable, mais qui ne dispose d’aucun mécanisme pour améliorer ce qui se passe concrètement entre la récolte et la livraison, ne résout que la moitié du problème : celle de l’audit, et non celle des pertes, de la qualité ou des revenus des producteurs. L’inverse est tout aussi vrai. Les programmes de formation sur le terrain qui ne génèrent jamais de données vérifiables et géolocalisées laissent les acheteurs dans l’incapacité de démontrer, à un régulateur ou à leurs propres consommateurs finaux, que les améliorations ont réellement été mises en œuvre. Les organisations les mieux positionnées pour faire face au renforcement des exigences réglementaires au cours des prochaines années seront celles qui considèrent la gestion post-récolte comme une infrastructure essentielle de la chaîne d’approvisionnement, dans laquelle il est pertinent d’investir conjointement avec les fournisseurs, les financeurs et les partenaires technologiques, plutôt que comme un coût de conformité à minimiser. Le « tiers manquant » n’est pas absent parce que le secteur manque d’idées ; il l’est parce que trop peu de ces idées ont été orientées, de manière délibérée et collective, vers l’étape située entre la récolte et le marché, là où les pertes se produisent réellement. Foire aux questions (FAQ) Qu’est-ce que le « tiers manquant » dans les discussions sur les pertes alimentaires ? Le terme fait référence à l’estimation de la FAO selon laquelle environ un tiers de tous les aliments produits dans le monde pour la consommation humaine sont perdus ou gaspillés avant ou après avoir atteint les consommateurs : une partie du système alimentaire qui ne produit jamais la valeur qui lui était destinée. Pourquoi la gestion post-récolte est-elle spécifiquement importante pour la conformité à l’EUDR ? Les matières premières couvertes par l’EUDR, notamment le cacao, le café et l’huile de palme, sont également des produits pour lesquels la gestion post-récolte détermine si une cargaison conserve sa qualité et son lien traçable avec l’exploitation agricole d’origine. Une mauvaise gestion post-récolte peut compromettre à la fois le produit et les données de conformité. S’agit-il principalement d’un manque de technologies ou d’un déficit d’infrastructures ? Il s’agit davantage d’un déficit d’infrastructures et d’intégration que d’un manque de technologies disponibles. Les solutions post-récolte nécessitent de faire fonctionner ensemble des systèmes de conformité, des dispositifs de gestion de la qualité et, souvent, des capacités physiques de stockage ou de logistique, ce qui les rend plus complexes à concevoir et à adopter que des outils à usage unique destinés à la plantation ou à l’entretien. Pourquoi une plateforme de traçabilité ne peut-elle pas à elle seule résoudre les pertes post-récolte ? Une plateforme de traçabilité peut indiquer l’origine d’une récolte et suivre son parcours, mais elle ne peut pas corriger en temps réel une erreur de manipulation ni apprendre à un producteur les bonnes techniques de séchage et de stockage. Cela nécessite des personnes sur le terrain, c’est pourquoi KOLTIVA associe KoltiTrace à KoltiSkills plutôt que de considérer le logiciel comme une solution complète. Que fait précisément KoltiSkills ? KoltiSkills est la branche de services d’accompagnement de KOLTIVA sur le terrain. Elle couvre la cartographie et la vérification des chaînes d’approvisionnement, la formation et l’accompagnement aux bonnes pratiques agricoles, notamment en matière de gestion post-récolte, l’accompagnement des agrégateurs et des vendeurs d’intrants agricoles, l’appui en matière de légalité foncière et la préparation à la certification pour des standards tels que Rainforest Alliance, RSPO, 4C et FSC. Que fait précisément KoltiTrace ? KoltiTrace est le logiciel de traçabilité et de gestion des exploitations agricoles de KOLTIVA. Il couvre la gestion des exploitations, la géolocalisation et la cartographie des polygones, le suivi de la déforestation et des GES/changements d’utilisation des terres, les données d’agriculture intelligente intégrant l’IoT et la traçabilité numérique des transactions de bout en bout, de la semence à la table. Qui devrait financer les investissements dans les infrastructures post-récolte ? Il est préférable de considérer ces investissements comme un effort partagé entre les acheteurs du secteur, les financeurs et les fournisseurs de technologies et de services de terrain, à l’image du financement d’infrastructures telles que les routes ou les installations de stockage frigorifique, plutôt que comme un coût qu’un seul acteur de la chaîne devrait être contraint d’assumer seul. Le calendrier de l’EUDR a-t-il changé ? Oui. En vertu du Règlement (UE) 2025/2650, adopté en décembre 2025, la date d’application a été reportée au 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises, et au 30 juin 2027 pour les microentreprises et les petites entreprises. Il s’agit du deuxième report depuis l’adoption du règlement en 2023. Auteur : Daniel Prasetyo, Head of Corporate Communication chez KOLTIVA* Fort de plus de dix ans d’expérience dans divers secteurs, Daniel dirige les activités de relations publiques et de communication corporate. En intégrant l’image de marque, le positionnement et l’engagement des parties prenantes à son approche, il joue un rôle clé dans le soutien à la croissance de l’entreprise et dans le développement de la perception de la marque. Ressources: High Level Panel of Experts on Food Security and Nutrition. (2014). Food losses and waste in the context of sustainable food systems (HLPE Report 8). Food and Agriculture Organization of the United Nations. https://www.fao.org/cfs/cfs-hlpe/publications/hlpe-8/en Food and Agriculture Organization of the United Nations. (n.d.). FAO policy series: Food loss & food waste. https://www.fao.org/policy-support/policy-themes/food-loss-and-food-waste/fao-policy-series--food-loss---food-waste Stop Food Loss and Waste. (n.d.). Facts. https://www.stopfoodlosswaste.org/about/facts European Parliament. (2025, December 17). Deforestation law: Parliament adopts changes to postpone and simplify measures. https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20251211IPR32168/deforestation-law-parliament-adopts-changes-to-postpone-and-simplify-measures Global Environmental Law Review. (2026, May). European Commission releases new EU Deforestation Regulation measures. https://www.globalelr.com/2026/05/european-commission-releases-new-eu-deforestation-regulation-measures/ Carbmee. (2026, July). EUDR status update. https://www.carbmee.com/knowledge-insights Li, B., Carter, S., Schneider, T., Labaste, S., Campbell, O., & Zantow, S. (2026, May 15). What is the EU Deforestation Regulation? 8 key questions, answered. World Resources Institute. https://www.wri.org/insights/explain-eu-deforestation-regulation Angel, M. (2025, September 22). Ecuador set to become world’s No. 2 cocoa grower, industry head says. Reuters. https://www.investing.com/news/commodities-news/ecuador-set-to-become-worlds-no-2-cocoa-grower-industry-head-says-4248525

  • La qualité des polygones est essentielle : pourquoi la précision de la géolocalisation déterminera l’approvisionnement en café conforme à l’EUDR

    Note de la rédaction Alors que le Règlement européen sur la déforestation (EUDR) redéfinit les chaînes d’approvisionnement mondiales du café, la conformité réglementaire évolue vers une question plus large d’intelligence de l’approvisionnement. Cet article explique pourquoi la précision de la géolocalisation, la vérification des polygones et la traçabilité au niveau des exploitations détermineront quels acheteurs de café pourront accéder en toute confiance aux marchés réglementés, gérer les risques liés à leurs fournisseurs et bâtir des réseaux d’approvisionnement résilients. Au-delà des garanties fondées sur les certifications, il met en évidence que l’approvisionnement en café conforme à l’EUDR repose désormais sur des données fiables, une diligence raisonnable défendable et des systèmes de traçabilité capables de transformer la visibilité sur l’origine en un véritable avantage commercial. Résumé exécutif La préparation à l’EUDR dans la filière café ne se limite plus à la mise en place de systèmes de traçabilité. Elle dépend désormais de la qualité et de l’intégrité des données sous-jacentes, notamment de la précision de la géolocalisation, de la vérification des polygones des exploitations, de la traçabilité de bout en bout et de preuves prêtes pour les audits. Les acheteurs de café déplacent leur attention des relations de confiance avec les fournisseurs et des certifications vers des données d’approvisionnement vérifiées. Des coordonnées géographiques précises, des polygones validés, une classification des risques et une documentation prête pour la Déclaration de diligence raisonnable (Due Diligence Statement – DDS) deviennent des éléments essentiels pour assurer la conformité réglementaire. La qualité des polygones s’impose comme un facteur déterminant dans l’approvisionnement en café conforme aux exigences réglementaires. Des données géospatiales inexactes ou incomplètes peuvent entraîner des évaluations erronées de la déforestation, accroître les risques de non-conformité et affaiblir les dossiers de DDS, même lorsque les exploitations respectent elles-mêmes les exigences de l’EUDR. La prochaine génération de l’approvisionnement en café sera guidée par l’intelligence de l’approvisionnement. Les entreprises qui intègrent la traçabilité de leur chaîne d’approvisionnement, les analyses géospatiales, l’évaluation des risques et l’engagement des fournisseurs seront mieux placées pour garantir leur conformité réglementaire, préserver leur accès aux marchés et construire des chaînes d’approvisionnement résilientes et prêtes pour l’avenir. En vertu du Règlement (UE) 2025/2650, la date d’application principale de l’EUDR est reportée au 30 décembre 2026 pour les opérateurs de taille moyenne et les grandes entreprises, et au 30 juin 2027 pour les microentreprises et les petites entreprises. Les exigences de fond, notamment la date limite de référence (cut-off date), la précision de la géolocalisation et la classification des risques, demeurent toutefois inchangées. Ce délai supplémentaire doit donc être considéré comme une opportunité de combler les lacunes en matière de qualité des polygones, et non comme une raison de réduire le niveau d’urgence. Table des matières Pourquoi l’EUDR transforme l’approvisionnement en café, et pas seulement la conformité L’essor de la géolocalisation comme atout stratégique pour l’approvisionnement Pourquoi une mauvaise qualité des polygones crée des risques cachés Ce que les acheteurs de café doivent évaluer au sein de leurs réseaux d’approvisionnement À quoi ressemble un approvisionnement en café conforme à l’EUDR dans la pratique Un cas pratique Construire des chaînes d’approvisionnement du café prêtes pour l’avenir Foire aux questions (FAQ) Pourquoi l’EUDR transforme l’approvisionnement en café, et pas seulement la conformité Pendant des décennies, l’industrie du café s’est appuyée sur des relations de confiance, des certifications et la sécurité des approvisionnements. Les acheteurs fondaient leur confiance sur des partenaires d’approvisionnement fiables, des réseaux de fournisseurs bien établis et des programmes de durabilité offrant un certain niveau de visibilité sur les pratiques de production. Aujourd’hui, ce modèle est remis en question. Le Règlement européen sur la déforestation (EUDR) est souvent présenté comme un défi de conformité. En réalité, il représente une transformation bien plus profonde : une nouvelle manière d’établir la crédibilité des approvisionnements. En décembre 2025, l’Union européenne a adopté le Règlement (UE) 2025/2650, reportant la date principale d’application de l’EUDR du 30 décembre 2025 au 30 décembre 2026 pour les opérateurs de taille moyenne et les grandes entreprises. Les microentreprises et les petites entreprises disposent désormais jusqu’au 30 juin 2027 pour se conformer au règlement. L’examen de simplification publié par la Commission européenne en mai 2026 a confirmé qu’aucun nouveau report n’était prévu. Les exigences fondamentales, notamment la date de référence de décembre 2020, les critères de précision de la géolocalisation et la classification des risques, restent inchangées. Ce délai supplémentaire doit donc être utilisé pour combler les lacunes en matière de qualité des données, plutôt que pour relâcher les efforts. L’accès au marché européen exige désormais que les acheteurs vérifient eux-mêmes les données relatives à l’origine des exploitations agricoles, au lieu de se fier uniquement aux déclarations des fournisseurs. Si de nombreuses organisations sont aujourd’hui capables de collecter des coordonnées GPS et de produire des registres de traçabilité de base, une grande partie de ces données brutes ne résiste ni aux vérifications par satellite ni aux audits réglementaires. Ce défi est particulièrement marqué dans la filière café. Selon l’Organisation internationale du café (International Coffee Organization – ICO), environ 80 % des quelque 25 millions de producteurs de café dans le monde sont de petits exploitants cultivant généralement des parcelles de moins de deux hectares (FoodNavigator, 2026). Une telle fragmentation rend la précision des polygones, exploitation par exploitation, structurellement plus complexe que dans des filières moins fragmentées. C’est précisément pour cette raison que des indicateurs génériques de couverture de la traçabilité peuvent masquer les insuffisances de qualité des données. Des limites de parcelles inexactes, des polygones qui se chevauchent, des enregistrements en double, des coordonnées mal positionnées ou des méthodologies de cartographie incohérentes peuvent créer d’importants angles morts, même dans des programmes de traçabilité sophistiqués. Une équipe chargée des approvisionnements qui prend des décisions commerciales sur la base de données géospatiales inexactes risque de sous-estimer son exposition aux risques, de mal classifier les zones d’approvisionnement, de retarder la soumission des Déclarations de diligence raisonnable (Due Diligence Statements – DDS) ou encore de rencontrer des obstacles imprévus à l’accès aux marchés. Dans un environnement de plus en plus réglementé, la qualité des informations utilisées pour l’approvisionnement influence directement la qualité des décisions commerciales. Dans ce contexte, les polygones des exploitations agricoles ne sont plus de simples éléments de conformité. Ils deviennent le fondement géographique de la confiance commerciale. Les organisations qui seront les mieux préparées à l’ère de l’EUDR ne seront probablement pas celles qui collecteront le plus grand volume de données, mais celles qui sauront les vérifier, les justifier et les exploiter pour prendre de meilleures décisions en matière d’approvisionnement. L’essor de la géolocalisation comme atout stratégique pour l’approvisionnement Pendant des années, les données de géolocalisation sont restées en arrière-plan des programmes de durabilité, des audits de certification et des rapports de conformité. Elles étaient souvent considérées comme des éléments de preuve complémentaires, utiles pour démontrer un approvisionnement responsable, mais rarement comme un véritable atout stratégique pour les entreprises. La Commission européenne classe les pays d’approvisionnement en trois catégories de risque de déforestation : faible, standard ou élevé. Cette classification détermine directement le niveau de diligence raisonnable requis ainsi que le taux d’inspection auquel chaque expédition est soumise. Une erreur de polygone provenant d’un pays classé à risque standard ou élevé fera l’objet d’un examen bien plus rigoureux que la même erreur provenant d’un pays à faible risque. C’est précisément ce qui fait de la précision de la géolocalisation un véritable facteur de coût et de gestion des risques, plutôt qu’une simple exigence administrative de conformité (African Exponent, 2026). Dans ce contexte, les critères d’approvisionnement ont évolué. Au-delà du volume, de la qualité et des certifications, les acheteurs doivent désormais s’assurer que les données d’origine des exploitations agricoles peuvent résister, de manière indépendante, aux contrôles réglementaires et aux audits. À mesure que les réglementations deviennent davantage fondées sur les données et que les acheteurs sont tenus plus responsables de leurs décisions d’approvisionnement, les données de géolocalisation passent du statut de simple exigence de reporting à celui d’infrastructure essentielle pour les stratégies d’approvisionnement. Les acheteurs de café s’appuient de plus en plus sur l’intelligence géospatiale pour soutenir : la qualification et l’intégration des fournisseurs ; l’évaluation des risques de déforestation et des changements d’utilisation des terres ; la préparation des procédures de diligence raisonnable ; la vérification de l’origine des produits ; la planification des approvisionnements ; la préparation à l’accès aux marchés ; la résilience à long terme des chaînes d’approvisionnement. Chez KOLTIVA, nous pensons que le débat doit dépasser la simple couverture de la traçabilité pour se concentrer sur son intégrité. La question n’est plus de savoir combien d’exploitations agricoles ont été cartographiées. L’enjeu le plus important est désormais de déterminer si les données géospatiales obtenues sont suffisamment fiables pour soutenir les décisions d’approvisionnement, répondre aux obligations réglementaires et renforcer les relations à long terme avec les fournisseurs. Pourquoi une mauvaise qualité des polygones crée des risques cachés L’une des principales idées reçues concernant la préparation à l’EUDR est que la conformité repose avant tout sur un défi de collecte de données. Ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt d’un défi lié à la confiance accordée aux données. Dans la filière café, les organisations accélèrent actuellement la cartographie des exploitations et la collecte de données de géolocalisation afin de répondre aux exigences réglementaires. Cependant, lorsque les limites des parcelles sont imprécises, que les coordonnées sont mal positionnées, que les parcelles se chevauchent ou que les données ne peuvent pas être vérifiées, la fiabilité de l’ensemble du jeu de données est remise en question. Alors que les autorités renforcent progressivement la validation des données géographiques soumises en les comparant aux images satellites, la qualité des polygones devient bien plus qu’une simple question technique. Elle devient une capacité stratégique essentielle pour les entreprises. Des recherches évaluées par des pairs menées sur les petits producteurs de café en Colombie par l’Universidad EAFIT ont mis en évidence un problème connexe : les images satellites peuvent avoir des difficultés à distinguer les systèmes de café cultivé sous ombrage ou en agroforesterie des zones forestières lorsque la densité de la canopée dépasse environ 80 %, ce qui peut générer de faux signalements de déforestation dans des systèmes de production pourtant couramment utilisés par le café de spécialité. La même étude estime les coûts de mise en conformité entre 105 000 et 215 000 USD pour une coopérative regroupant 500 producteurs. Cela rappelle qu’une erreur de polygone entraînant une nouvelle vérification représente un coût financier réel, et pas seulement un retard opérationnel (ResearchGate, 2026). Sans une gouvernance solide des données, les organisations peuvent découvrir que des problèmes cachés de qualité des données n’apparaissent qu’au moment où le niveau de contrôle est le plus élevé, notamment lors des examens de conformité, des évaluations des risques ou des procédures de diligence raisonnable menées par les clients. Ce que les acheteurs de café doivent évaluer dans leurs réseaux d’approvisionnement À mesure que l’EUDR renforce les exigences en matière de traçabilité, de nombreux acheteurs de café se posent la même question : dans quelle mesure notre réseau d’approvisionnement est-il réellement prêt ? La réponse ne dépend pas uniquement du fait que les fournisseurs aient été cartographiés ou que des systèmes de traçabilité soient en place. La véritable question est de savoir si les données sous-jacentes, les processus et l’écosystème de fournisseurs sont suffisamment robustes pour soutenir des décisions d’approvisionnement fiables dans un contexte de contrôle réglementaire de plus en plus strict. Pour les importateurs, torréfacteurs, négociants et équipes achats du secteur du café, cinq capacités deviennent essentielles : La qualité de la géolocalisation, et pas seulement sa couverture De nombreux programmes d’approvisionnement affichent un taux élevé de couverture des exploitations cartographiées. En revanche, beaucoup moins sont capables de démontrer que les polygones des exploitations sont précis, validés et exempts de problèmes de qualité des données. Des données de géolocalisation de mauvaise qualité peuvent compromettre les évaluations des risques, retarder les procédures de diligence raisonnable et créer des incertitudes dans les décisions d’approvisionnement. L’objectif n’est plus de cartographier davantage d’exploitations, mais de pouvoir faire confiance aux données des exploitations déjà cartographiées. La visibilité sur les risques liés aux fournisseurs L’EUDR fait évoluer l’approvisionnement d’une logique de conformité réactive vers une gestion proactive des risques. Les acheteurs doivent disposer d’une visibilité sur les fournisseurs, les régions ou les zones d’approvisionnement présentant des risques environnementaux, réglementaires ou opérationnels élevés. Sans une véritable intelligence des risques, les organisations risquent de découvrir des problèmes de conformité seulement après que le café a déjà intégré leur chaîne d’approvisionnement. Une traçabilité au-delà des fournisseurs de premier niveau Les chaînes d’approvisionnement du café sont rarement linéaires. Entre les exploitations agricoles et les acheteurs finaux interviennent des collecteurs, des coopératives, des exportateurs, des transformateurs et des négociants. Comprendre uniquement les fournisseurs directs ne suffit plus. Les organisations ont désormais besoin d’une visibilité de bout en bout reliant chaque décision d’approvisionnement à une origine vérifiée au niveau de l’exploitation agricole. Des preuves prêtes pour la diligence raisonnable À mesure que les exigences documentaires se renforcent, la capacité à accéder rapidement aux preuves d’approvisionnement, à les vérifier et à les présenter devient un véritable avantage concurrentiel. Les acheteurs doivent évaluer si les données de traçabilité, les informations de géolocalisation, les dossiers fournisseurs et les évaluations des risques peuvent être réunis en une chaîne de preuves claire, cohérente et facilement défendable. Une évolutivité adaptée aux futures exigences du marché L’EUDR ne sera pas la dernière réglementation imposant davantage de transparence dans les chaînes d’approvisionnement. Les réseaux d’approvisionnement les plus performants sont conçus non seulement pour répondre aux exigences actuelles en matière de conformité, mais aussi pour anticiper les futures attentes en matière de durabilité, d’approvisionnement responsable et de responsabilité des entreprises. Aperçu de la solution : à quoi ressemble un approvisionnement en café conforme à l’EUDR dans la pratique Le défi auquel sont confrontés les acheteurs de café n’est généralement pas le manque de données. Il réside plus souvent dans la difficulté à transformer des dossiers fournisseurs fragmentés, des cartes d’exploitations, des documents de conformité et des évaluations des risques en une base fiable pour les décisions d’approvisionnement. À mesure que les exigences réglementaires se complexifient, les organisations les plus avancées dépassent les approches de conformité isolées pour construire des écosystèmes d’approvisionnement intégrés, reliant la traçabilité, la vérification et l’engagement des fournisseurs. Dans la pratique, cela implique de combiner quatre capacités essentielles : Traçabilité de l’exploitation agricole à la chaîne d’approvisionnement Les acheteurs doivent disposer d’une visibilité complète sur les producteurs de leur café, son origine et son parcours tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cela comprend l’enregistrement des producteurs, la cartographie des exploitations, la collecte des polygones, la traçabilité des transactions et des informations d’approvisionnement permettant de soutenir les procédures de diligence raisonnable et les décisions d’achat. Ces capacités constituent de plus en plus le socle des plateformes modernes de traçabilité. Vérification géospatiale et intelligence des risques La traçabilité, à elle seule, ne garantit pas la fiabilité des informations. Les organisations doivent être en mesure de vérifier la précision des polygones, d’identifier d’éventuels chevauchements ou incohérences, d’évaluer l’exposition aux risques de déforestation et d’analyser les risques liés aux fournisseurs avant que des problèmes de conformité ne compromettent l’accès aux marchés. À mesure que l’EUDR fait évoluer les approvisionnements vers une approche fondée sur des preuves vérifiables, l’intelligence géospatiale devient un pilier central de la stratégie d’approvisionnement. Dans la pratique, KOLTIVA met en œuvre cette approche grâce à KoltiTrace, associé à un Desktop Verification Tool qui compare les polygones des exploitations soumis avec des images satellites à haute résolution ainsi qu’avec les données de référence du JRC (Joint Research Centre), de Global Forest Watch et du SBTN (Science Based Targets Network). Cette étape permet d’identifier les faux signalements de déforestation avant qu’ils n’apparaissent dans une Déclaration de diligence raisonnable (Due Diligence Statement – DDS). Les activités de vérification sur le terrain ont permis de cartographier plus d’un million de producteurs dans plusieurs dizaines de pays, dont un réseau dédié à la filière café regroupant plus de 25 000 producteurs à travers les Amériques. À cette échelle, la gouvernance des polygones ne relève plus d’un simple suivi dans un tableur : elle devient une infrastructure essentielle à la gestion des chaînes d’approvisionnement. Préparation à la diligence raisonnable Le véritable critère d’évaluation d’un programme de traçabilité est sa capacité à soutenir une Déclaration de diligence raisonnable (Due Diligence Statement – DDS) solide et défendable. Les acheteurs doivent désormais être en mesure de regrouper les données de géolocalisation, les informations relatives aux fournisseurs, les évaluations des risques et les preuves de conformité dans un processus structuré, vérifiable et capable de résister aux contrôles des autorités réglementaires. Engagement des fournisseurs à grande échelle Même la plateforme de traçabilité la plus sophistiquée n’est fiable que dans la mesure où les données collectées sur le terrain le sont également. Une conformité durable repose sur un processus continu d’intégration des fournisseurs, de renforcement des capacités des producteurs, de vérification des données et d’accompagnement permanent, afin de garantir la qualité, l’exactitude et l’auditabilité des informations relatives aux approvisionnements. Chez KOLTIVA, nous constatons que les programmes d’approvisionnement les plus performants et conformes à l’EUDR vont bien au-delà de la simple cartographie des exploitations agricoles. Ils intègrent la traçabilité, la vérification géospatiale, la gestion des risques liés aux fournisseurs et l’accompagnement sur le terrain au sein d’un modèle opérationnel unique, permettant aux acheteurs de prendre des décisions d’approvisionnement plus rapides et plus fiables. L’objectif n’est pas simplement de produire davantage de données de conformité. Il s’agit de créer une intelligence de l’approvisionnement fiable, capable de protéger l’accès aux marchés, de renforcer les relations avec les fournisseurs et de garantir la résilience des stratégies d’approvisionnement à long terme. Un cas pratique : transformer la traçabilité en une véritable confiance dans les approvisionnements Dans une zone d’approvisionnement reposant sur de petits producteurs, comme Aceh, des milliers d’exploitations agricoles avaient déjà été cartographiées et enregistrées au sein de la chaîne d’approvisionnement. À première vue, la couverture de la traçabilité semblait satisfaisante. Cependant, une analyse plus approfondie a mis en évidence plusieurs défis couramment rencontrés dans les chaînes d’approvisionnement des matières premières soumises à des réglementations, notamment des incohérences dans la qualité des polygones, des lacunes dans la vérification des fournisseurs et une documentation de conformité fragmentée. En intégrant la traçabilité, la vérification des polygones, les évaluations des risques liés aux fournisseurs et l’accompagnement sur le terrain au sein d’un modèle opérationnel unique, le programme d’approvisionnement a permis d’améliorer la qualité des données, de renforcer la préparation aux procédures de diligence raisonnable et d’accroître la fiabilité des informations sur l’origine des produits servant de base aux décisions d’approvisionnement. Le résultat ne s’est pas limité à une documentation de conformité plus solide. Les fournisseurs identifiés lors de la vérification des polygones ont bénéficié d’un accompagnement ciblé pour remapper uniquement les parcelles concernées, plutôt que de procéder à une nouvelle collecte complète des données. Cette approche a permis de réduire à la fois les coûts et les délais nécessaires pour combler les lacunes. C’est précisément cette différence — corriger les données défaillantes plutôt que recommencer tout le travail déjà effectué — qui a distingué ce programme d’une démarche classique de mise en conformité menée dans l’urgence. Construire des chaînes d’approvisionnement du café prêtes pour l’avenir Avec le report de l’entrée en application de l’EUDR à la fin de l’année 2026, les entreprises du secteur du café disposent d’une période précieuse — mais limitée — pour fiabiliser leurs données. L’enjeu n’est plus seulement de cartographier davantage d’exploitations agricoles, mais de s’assurer que les données géospatiales collectées sont suffisamment robustes pour résister aux vérifications par satellite et aux audits réglementaires. Chez KOLTIVA, nous aidons les importateurs, torréfacteurs et négociants en café à dépasser la simple conformité réglementaire afin de faire de la traçabilité un véritable levier opérationnel. Grâce à notre écosystème intégré, nous accompagnons les équipes d’approvisionnement à travers six capacités clés : Identification des exploitations agricoles et des fournisseurs Vérification des polygones et validation géospatiale Traçabilité à l’échelle des réseaux d’approvisionnement Évaluation des risques de déforestation et des changements d’utilisation des terres Préparation à la diligence raisonnable et gestion des preuves de conformité Engagement des fournisseurs, remédiation et amélioration continue L’intégration de ces capacités au sein d’un système unique permet de préserver l’accès aux marchés, de réduire les coûts de mise en conformité et d’assurer la fluidité des expéditions. Êtes-vous prêt à évaluer la qualité de vos polygones avant les échéances de l’EUDR ? Foire aux questions (FAQ) Que signifie un approvisionnement en café conforme à l’EUDR ? Un approvisionnement en café conforme à l’EUDR désigne la capacité des acheteurs, négociants, importateurs, torréfacteurs et exportateurs à s’approvisionner en café en s’appuyant sur une traçabilité fiable au niveau des exploitations agricoles, des données de géolocalisation vérifiées, une évaluation des risques de déforestation, des preuves de légalité et une documentation de diligence raisonnable permettant de répondre aux exigences d’accès au marché de l’Union européenne. Pourquoi la précision de la géolocalisation est-elle importante pour la conformité à l’EUDR ? La précision de la géolocalisation est essentielle, car l’EUDR impose aux entreprises de démontrer le lieu de production des matières premières et de vérifier que ces zones ne sont pas associées à un risque de déforestation. Des coordonnées imprécises ou des polygones de mauvaise qualité peuvent fausser les évaluations des risques, générer de faux signalements de déforestation, retarder les Déclarations de diligence raisonnable (Due Diligence Statements – DDS) et réduire la fiabilité des décisions d’approvisionnement. Qu’est-ce que la vérification des polygones dans la traçabilité du café ? La vérification des polygones consiste à évaluer si les limites cartographiées des exploitations agricoles représentent fidèlement les parcelles où le café est effectivement cultivé. Cette démarche comprend notamment la détection d’erreurs de délimitation, de chevauchements de parcelles, de doublons, de coordonnées mal positionnées ou d’autres incohérences susceptibles d’affecter les procédures de diligence raisonnable ou l’évaluation des risques de déforestation. La certification est-elle suffisante pour se conformer à l’EUDR ? Les certifications peuvent appuyer les engagements en matière de durabilité et de gouvernance, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à garantir la conformité à l’EUDR. Les acheteurs de café ont désormais besoin de données géospatiales auditables, d’une traçabilité au niveau des exploitations, d’évaluations des risques, d’une documentation complète sur les fournisseurs et de preuves démontrant que le café n’a pas été produit sur des terres déboisées après la date de référence fixée par l’EUDR. Quels critères les acheteurs de café doivent-ils rechercher dans une solution de traçabilité conforme à l’EUDR ? Les acheteurs doivent privilégier une solution de traçabilité capable de prendre en charge l’enregistrement des exploitations agricoles, la cartographie des polygones, la vérification géospatiale, l’évaluation des risques liés aux fournisseurs, la traçabilité des transactions, les flux de travail de diligence raisonnable, la gestion des preuves de conformité ainsi que l’engagement des fournisseurs à grande échelle. Comment les entreprises du secteur du café peuvent-elles réduire les risques liés à l’EUDR ? Les entreprises peuvent réduire les risques liés à l’EUDR en améliorant la qualité des données de polygones, en vérifiant l’origine des exploitations agricoles, en évaluant les risques associés aux fournisseurs et aux régions d’approvisionnement, en renforçant leur documentation, en impliquant les fournisseurs dès les premières étapes du processus et en utilisant des systèmes de traçabilité capables de regrouper toutes les preuves nécessaires dans un processus de diligence raisonnable solide et défendable. Pourquoi l’intégrité de la traçabilité est-elle plus importante que sa couverture ? La couverture de la traçabilité indique la part de la chaîne d’approvisionnement qui a été cartographiée ou enregistrée. L’intégrité de la traçabilité, quant à elle, mesure si ces données sont exactes, vérifiées, fiables et réellement exploitables pour la prise de décision. Dans le cadre de l’EUDR, les acheteurs doivent non seulement disposer de données, mais aussi avoir la certitude que celles-ci résisteront aux contrôles réglementaires. Quel est l’impact de l’EUDR sur les importateurs et les torréfacteurs de café ? L’EUDR impose aux importateurs et aux torréfacteurs de mieux connaître l’origine de leur café, de vérifier les lieux de production, d’évaluer les risques liés à la déforestation et à la légalité, et de conserver les preuves nécessaires pour démontrer le respect de leurs obligations de diligence raisonnable. Ces exigences peuvent influencer la sélection des fournisseurs, la planification des approvisionnements et les stratégies d’achat à long terme. Le calendrier de mise en œuvre de l’EUDR a-t-il changé ? Oui. Le Règlement (UE) 2025/2650, adopté en décembre 2025, a reporté la date principale d’application de l’EUDR du 30 décembre 2025 au 30 décembre 2026 pour les opérateurs de taille moyenne et les grandes entreprises, et au 30 juin 2027 pour les microentreprises et les petites entreprises. L’examen réalisé par la Commission européenne en mai 2026 a confirmé qu’aucun nouveau report n’était prévu et que les exigences fondamentales en matière de diligence raisonnable demeuraient inchangées. Rédacteur : Daniel Prasetyo, Responsable de la communication d’entreprise, KOLTIVA Fort de plus de dix années d’expérience dans divers secteurs d’activité, Daniel Prasetyo dirige les activités de relations publiques et de communication d’entreprise chez KOLTIVA. En intégrant le développement de la marque, son positionnement stratégique et l’engagement des parties prenantes dans son approche, il joue un rôle clé dans le soutien à la croissance de l’entreprise et dans le renforcement de son image de marque. Ressources : Helena Coffee Vietnam. (2025, September 20). EUDR-ready coffee: What roasters need to know. https://www.helenacoffee.vn/eudr-ready-coffee-for-roasters/ International Trade Centre. (n.d.). EUDR requirements for the coffee sector. Zero Deforestation Hub. https://zerodeforestationhub.eu/wp-content/uploads/2025/11/itceudrcoffeeguidepdf.pdf Guji Coffee Team. (2026, June 25). EUDR and Ethiopian coffee: What roasters and importers need to know in 2026. https://guji-coffee.com/blog/eudr-ethiopian-coffee-guide Bambridge-Sutton, A. (2026, April 17). Is coffee ready for EUDR? FoodNavigator. https://www.foodnavigator.com/Article/2026/04/17/eudr-how-ready-is-coffee/ Mwaniki, A. (2026, May 16). EUDR 2026: How the EU deforestation regulation is reshaping African coffee exports. African Exponent. https://www.africanexponent.com/eudr-2026-how-the-eu-deforestation-regulation-is-reshaping-african-coffee-exports/ Conservation International, Ethos Agriculture, Solidaridad Network, & VOCAL. (2026, June 11). Coffee Barometer 2026. Zero Deforestation Hub. https://zerodeforestationhub.eu/coffee-barometer-2026/ Cardona Trujillo, H., Restrepo, P. A., & Muñoz-Mora, J. C. (2026, March). The European Union Deforestation Regulation (EUDR) and Colombian smallholder coffee producers: Between environmental sustainability and social justice. ResearchGate. https://www.researchgate.net/publication/401819086_The_European_Union_Deforestation_Regulation_EUDR_and_Colombian_Smallholder_Coffee_Producers_Between_Environmental_Sustainability_and_Social_Justice

  • Le cacao peut-il vraiment devenir durable ? Ce que l'Asie-Pacifique enseigne au monde sur les chaînes d'approvisionnement durables du cacao

    Note de la rédaction Alors que l’industrie mondiale du cacao cherche à concilier responsabilité environnementale et résilience à long terme de la chaîne d’approvisionnement, cet article explore comment la région Asie-Pacifique s’impose comme un terrain d’expérimentation majeur pour un cacao durable. Au-delà de la conformité réglementaire et de la traçabilité, il examine comment la traçabilité numérique, l’intelligence en matière de durabilité, la vérification géospatiale, l’engagement des producteurs et les pratiques agricoles intelligentes face au climat peuvent transformer les engagements en faveur de la durabilité en actions concrètes et mesurables. L’article présente également les analyses de Natchaya Sukkaew, APAC Product Delivery Manager chez KOLTIVA, qui partage son expérience des initiatives cacaoyères en Asie-Pacifique et explique pourquoi la durabilité est plus efficace lorsque la technologie s’appuie sur de solides partenariats locaux. Table des matières Pourquoi l’Asie-Pacifique devient un terrain d’expérimentation majeur pour un cacao durable Pourquoi la durabilité va au-delà de la conformité, de la certification et de la traçabilité De la traçabilité à l’action : enseignements tirés des paysages cacaoyers en Asie-Pacifique La traçabilité en action : comment nous soutenons les chaînes d’approvisionnement du cacao en Asie-Pacifique et dans d’autres régions du monde Pourquoi les moyens de subsistance des petits producteurs restent au cœur d’un cacao durable Transformer les engagements en faveur de la durabilité en actions concrètes et mesurables Construire une filière cacao durable nécessite une action collective Poursuivre la conversation Le cacao mondial entre dans une décennie décisive. Le changement climatique, les préoccupations liées à la déforestation, l’évolution des réglementations et les exigences croissantes en matière de transparence transforment la manière dont le cacao est produit, commercialisé et vérifié sur les marchés internationaux. Les gouvernements renforcent les exigences en matière de durabilité, les entreprises élargissent leurs engagements en faveur d’un approvisionnement responsable, et les consommateurs souhaitent de plus en plus avoir l’assurance que le chocolat qu’ils achètent contribue positivement aux populations et à la planète. Face à ces attentes croissantes, une question devient de plus en plus essentielle : Le cacao peut-il réellement devenir durable ? La réponse va bien au-delà des labels de certification, des listes de conformité ou des déclarations attestant de l’absence de déforestation. Un secteur cacaoyer véritablement durable doit créer de la valeur simultanément sur trois dimensions : la préservation de l’environnement, la résilience économique et la prospérité des producteurs. Le succès ne dépend pas seulement de la connaissance de l’origine du cacao, mais aussi de la compréhension de ses méthodes de production, du soutien apporté aux communautés agricoles et de la capacité à mesurer les résultats en matière de durabilité au fil du temps. Si les débats mondiaux se concentrent souvent sur l’Afrique de l’Ouest, des enseignements précieux émergent d’une autre région du monde. À travers l’Asie-Pacifique, les paysages de production cacaoyère montrent comment l’innovation numérique, les partenariats locaux et l’engagement des producteurs peuvent agir de concert pour renforcer les résultats en matière de durabilité. Bien que cette région représente une part plus modeste de la production mondiale de cacao, son expérience offre des perspectives précieuses pour l’avenir du cacao durable à l’échelle mondiale. Pourquoi l’Asie-Pacifique s’impose comme un terrain d’expérimentation pour une chaîne d’approvisionnement du cacao durable Les dernières données sur la transformation du cacao mettent en évidence un changement majeur dans le centre de gravité de l’industrie. Selon la Cocoa Association of Asia (CAA), le broyage de cacao en Asie a atteint 223 503 tonnes métriques au premier trimestre 2026, soit une hausse de 5,2 % par rapport à l’année précédente et de 13,4 % par rapport au trimestre précédent (Cocoaintel, 2026). Ces chiffres témoignent d’une évolution structurelle plus large de la transformation mondiale du cacao, l’Asie s’imposant progressivement comme un pôle stratégique de la demande, des capacités de transformation et de l’innovation en matière de durabilité. À mesure que les investissements, la consommation et les activités à valeur ajoutée se développent dans la région, l’Asie-Pacifique devient non seulement un marché de croissance majeur pour le cacao, mais aussi un véritable laboratoire pour l’avenir des chaînes d’approvisionnement durables du cacao. Le parcours de l’Indonésie dans la filière cacao illustre à la fois les défis et les opportunités. Autrefois troisième producteur mondial de cacao, le pays a connu un recul significatif de sa production au cours des deux dernières décennies (The Business Times SG, 2025). Le vieillissement des cacaoyers, l’appauvrissement des sols, la pression croissante des ravageurs et des maladies, ainsi que des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles ont réduit la productivité de nombreuses communautés agricoles. L’avenir de la croissance de la filière cacao dans la région ne peut plus reposer uniquement sur l’expansion des surfaces cultivées. Il doit plutôt s’appuyer sur l’amélioration de la productivité des plantations existantes, tout en protégeant les forêts, en restaurant les écosystèmes, en renforçant la résilience face au changement climatique et en créant davantage d’opportunités économiques pour les communautés de producteurs. Pourquoi la durabilité va au-delà de la conformité, de la certification et de la traçabilité Le concept de « cacao durable » est souvent associé à des initiatives de conformité telles que l’approvisionnement sans déforestation, les exigences de diligence raisonnable, les rapports sur les émissions de carbone ou les certifications de durabilité. Si ces démarches restent essentielles, elles ne représentent qu’une partie du parcours vers la durabilité. Une chaîne d’approvisionnement du cacao véritablement durable doit être en mesure de répondre simultanément à plusieurs questions : Le cacao est-il produit sans contribuer à la déforestation ? Les pratiques agricoles améliorent-elles la santé des sols et la biodiversité ? Les exploitations agricoles sont-elles capables de résister à une variabilité climatique croissante ? Les émissions de gaz à effet de serre sont-elles mesurées et réduites ? Les producteurs disposent-ils de revenus suffisants pour investir dans leurs exploitations et assurer le bien-être de leurs familles ? Les acheteurs sont-ils en mesure de démontrer des résultats mesurables en matière de durabilité, plutôt que de simplement rendre compte des activités mises en œuvre ? Traiter ces enjeux de manière isolée laisse les chaînes d’approvisionnement vulnérables. Un « cacao durable » exige une approche intégrée, dans laquelle les progrès environnementaux, la régénération des sols et la rentabilité des exploitations agricoles avancent de concert afin de garantir une chaîne d’approvisionnement fiable, conforme aux exigences et résiliente face aux défis de demain. De la traçabilité à l’action : enseignements tirés des paysages cacaoyers en Asie-Pacifique À travers l’Asie-Pacifique, la durabilité dans la filière cacao évolue progressivement d’une logique de conformité et de reporting vers des interventions concrètes produisant des résultats mesurables sur le terrain. Si la traçabilité demeure un fondement essentiel, les organisations les plus engagées cherchent désormais à transformer la visibilité sur leurs chaînes d’approvisionnement en actions capables d’améliorer la productivité, de réduire les risques environnementaux et de renforcer la résilience des producteurs. Cette transition, qui consiste à passer de la collecte de données à une véritable prise de décision, constitue aujourd’hui l’un des principaux défis du cacao durable. Dans plusieurs paysages de production cacaoyère de la région, nous avons soutenu des programmes combinant la traçabilité au niveau des exploitations, la vérification géospatiale, le profilage des producteurs et le suivi des indicateurs de durabilité afin d’obtenir une vision plus complète des opérations d’approvisionnement. Grâce à la cartographie numérique et à un accompagnement de terrain, les parties prenantes peuvent suivre l’évolution de l’utilisation des terres, renforcer la transparence et cibler en priorité les communautés agricoles où les interventions auront le plus fort impact. « En Asie-Pacifique, les initiatives de durabilité réussissent lorsque la technologie est associée à un engagement local. Les outils numériques permettent d’identifier les risques et les opportunités, mais les changements les plus significatifs se produisent lorsque les producteurs disposent des connaissances, du soutien et de la confiance nécessaires pour agir sur la base de ces informations », explique Natchaya Sukkaew, APAC Product Delivery Manager chez KOLTIVA. Plutôt que de considérer la durabilité comme une succession d’initiatives indépendantes, ces programmes réunissent les indicateurs environnementaux, sociaux et économiques au sein d’un cadre opérationnel unique. Cette approche permet aux acteurs de la chaîne d’approvisionnement d’aller au-delà de la simple connaissance de l’origine du cacao et de mieux comprendre comment les systèmes de production peuvent devenir, au fil du temps, plus résilients, plus productifs et plus respectueux de l’environnement. Elle reflète une évolution plus large du secteur, où la traçabilité n’est plus considérée comme une finalité, mais comme le point de départ d’un processus d’amélioration continue. « Le défi du secteur n’est plus de collecter des données sur la durabilité. Il consiste désormais à transformer ces informations en décisions concrètes qui créent simultanément de la valeur pour les producteurs, les entreprises et l’environnement », ajoute Natchaya. La traçabilité en action : comment nous soutenons les chaînes d’approvisionnement du cacao en Asie-Pacifique et dans d’autres régions du monde Si les outils numériques rendent le cacao durable plus mesurable et plus facilement déployable à grande échelle, la technologie seule ne peut pas transformer le secteur. L’efficacité des systèmes de traçabilité, du suivi géospatial et des outils d’intelligence en matière de durabilité dépend avant tout des personnes qui les utilisent. À travers l’Asie-Pacifique, la réussite des initiatives de durabilité dans la filière cacao repose toujours sur un acteur essentiel : les petits producteurs. Nous soutenons les chaînes d’approvisionnement du cacao grâce à un écosystème intégré qui associe les technologies numériques à leur mise en œuvre sur le terrain. Tracer la chaîne d’approvisionnement Grâce à KoltiTrace, les acteurs de la filière cacao peuvent renforcer la traçabilité au niveau des exploitations, le profilage des producteurs et la visibilité de la chaîne d’approvisionnement. Cela constitue une base solide pour améliorer la diligence raisonnable, la transparence des approvisionnements et le reporting en matière de durabilité. Vérification géospatiale : évaluer les risques environnementaux La cartographie géospatiale, la vérification des polygones et le suivi de l’utilisation des terres permettent aux parties prenantes de mieux comprendre les zones d’approvisionnement, d’identifier les risques et de promouvoir une gestion plus responsable des terres. Renforcement des capacités des producteurs KoltiSkills accompagne la formation des petits producteurs, le renforcement de leurs capacités et l’adoption de pratiques agricoles intelligentes face au climat. Cette approche aide les producteurs à participer plus efficacement aux programmes de cacao durable. Transformer les données en décisions En reliant la traçabilité, le suivi des critères ESG, l’analyse des risques et la mesure de l’impact, KOLTIVA permet aux entreprises d’aller au-delà de la simple collecte de données et de prioriser des interventions qui créent de la valeur pour les producteurs, les entreprises et l’environnement. Comme le souligne Natchaya : « La technologie permet d’identifier les risques et les opportunités, mais les changements les plus significatifs se produisent lorsque les producteurs disposent des connaissances, du soutien et de la confiance nécessaires pour agir sur la base de ces informations. La durabilité porte ses fruits lorsque les outils numériques et les partenariats locaux avancent main dans la main. » Pourquoi les moyens de subsistance des petits producteurs restent au cœur du cacao durable Aucun logiciel ni aucun outil numérique ne peut, à lui seul, rendre une chaîne d’approvisionnement durable. En Asie-Pacifique, la production de cacao repose principalement sur les petits producteurs. Chaque ambition en matière de durabilité, qu’il s’agisse d’agroforesterie, d’agriculture régénératrice ou de séquestration du carbone, dépend en définitive des décisions que ces producteurs prennent chaque jour. Dans la réalité, la gestion quotidienne des exploitations est dictée par des contraintes opérationnelles constantes. Les producteurs doivent composer avec la volatilité des prix du marché, l’évolution des conditions climatiques, un accès limité au financement, la pénurie de main-d’œuvre et l’augmentation des coûts de production. Si l’adoption de pratiques agricoles durables ne contribue pas à préserver leur rentabilité, ils n’ont tout simplement pas les moyens de les mettre en œuvre. Ces pratiques permettront-elles d’améliorer les rendements ? Augmenteront-elles les revenus des ménages agricoles ? Les acheteurs récompenseront-ils une production responsable ? L’accès aux services financiers deviendra-t-il plus facile ? Ces questions montrent pourquoi les initiatives en faveur de la durabilité ne peuvent pas se limiter aux seuls résultats environnementaux. Une transition écologique réussie doit également renforcer les moyens de subsistance des producteurs. Lorsque la durabilité améliore la productivité, réduit les risques, facilite l’accès aux marchés et crée de meilleures opportunités économiques, les progrès environnementaux ont beaucoup plus de chances de s’inscrire dans la durée. Transformer les engagements en matière de durabilité en actions mesurables L’un des plus grands défis auxquels le secteur est confronté aujourd’hui consiste à passer des engagements à leur mise en œuvre. De nombreuses organisations ont défini des objectifs ambitieux en matière d’ESG, élaboré des feuilles de route vers la neutralité carbone et adopté des stratégies d’approvisionnement responsable. Le défi consiste désormais à démontrer des progrès concrets et mesurables. Pour y parvenir, il ne suffit pas de disposer de plateformes numériques ou de réaliser des audits périodiques. Il est indispensable de créer un lien entre la technologie et les personnes. Depuis plus de dix ans, nous accompagnons les chaînes d’approvisionnement agricoles mondiales en associant l’innovation numérique à une solide présence sur le terrain. Dans les filières du cacao et d’autres matières premières stratégiques, notamment le café, l’huile de palme, le caoutchouc, la noix de coco et les épices, nous collaborons avec les producteurs, les coopératives, les transformateurs, les exportateurs, les fabricants et les distributeurs afin de construire des chaînes d’approvisionnement transparentes, résilientes et responsables. Grâce à notre écosystème intégré, les entreprises peuvent renforcer la traçabilité au niveau des exploitations, réaliser des cartographies géospatiales et des vérifications de polygones, suivre les changements d’utilisation des terres, évaluer les émissions de gaz à effet de serre, générer la documentation nécessaire à la diligence raisonnable et obtenir une meilleure visibilité sur les performances en matière de durabilité dans l’ensemble de leurs zones d’approvisionnement. Tout aussi important, ces capacités numériques sont complétées par notre réseau de terrain composé d’agronomes, de facilitateurs et d’experts en durabilité, qui travaillent directement avec les communautés agricoles afin de promouvoir les bonnes pratiques agricoles, renforcer les compétences des producteurs, vérifier les données et soutenir un processus d’amélioration continue. Cette combinaison entre technologie et engagement local permet à la durabilité de dépasser le stade du simple reporting pour devenir une réalité opérationnelle. Construire une filière cacao durable nécessite une action collective Une transformation systémique de la chaîne d’approvisionnement du cacao ne peut pas se produire de manière isolée. Une véritable réforme exige une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs du secteur. Tandis que les pouvoirs publics établissent les cadres réglementaires et que les chercheurs apportent les bases scientifiques, les institutions financières doivent faciliter les investissements nécessaires. Parallèlement, les fabricants de chocolat définissent leurs stratégies d’approvisionnement, les fournisseurs de technologies les soutiennent grâce à des outils de traçabilité transparents, tandis que les experts en carbone conçoivent les mécanismes économiques qui rendent l’adoption de pratiques durables viable pour les producteurs. Les progrès dépendent entièrement de la manière dont ces rôles, étroitement interdépendants, parviennent à s’aligner. Construire une filière cacao véritablement durable ne repose donc pas sur des projets isolés, mais sur une collaboration à l’échelle de l’ensemble de la chaîne de valeur. Les entreprises qui façonneront la prochaine génération du cacao durable seront celles qui sauront réunir ces différentes expertises au sein d’un écosystème intégré, où les données favorisent une meilleure prise de décision, où la durabilité crée de la valeur pour les entreprises et où les producteurs demeurent au cœur de chaque initiative. Poursuivre la conversation Pour la filière cacao, le respect des réglementations de base ne constitue que la première étape. Le véritable défi consiste désormais à bâtir des chaînes d’approvisionnement capables de résister aux phénomènes climatiques extrêmes, de mettre fin à la déforestation et de garantir aux petits producteurs des moyens de subsistance durables et rentables. Dans cette transformation, l’Asie-Pacifique a un rôle de plus en plus important à jouer. L’expérience de la région montre que la durabilité ne s’obtient ni par la technologie seule, ni par la seule conformité réglementaire. Elle repose sur une collaboration concrète, des données fiables et des partenariats durables avec les communautés agricoles. Ces enjeux seront au cœur de la table ronde « Can Cocoa Truly Go Green? », organisée dans le cadre de la CAA (Cocoa Association of Asia) International Cocoa Conference Exhibition and Gala Dinner, les 2 et 3 septembre 2026. En tant que Industry Development Partner, KOLTIVA réunira, aux côtés d’experts de la recherche environnementale, des marchés du carbone, de l’approvisionnement mondial en cacao et de l’agriculture numérique, des spécialistes qui échangeront sur les conditions nécessaires à la construction d’une filière cacao à faibles émissions de carbone et favorable à la nature. Au nom de KOLTIVA Natchaya Sukkaew, APAC Product Delivery Manager, partagera des enseignements concrets issus de son accompagnement des chaînes d’approvisionnement du cacao en Asie-Pacifique. Les échanges porteront sur la manière dont la traçabilité numérique, l’intelligence géospatiale, l’agriculture intelligente face au climat et une collaboration étroite avec les petits producteurs peuvent aider le secteur à dépasser la simple conformité pour générer un impact mesurable. Les outils existent déjà. Le véritable défi consiste désormais à les mettre en œuvre sur le terrain, de manière à ce qu’ils apportent une réelle valeur aux producteurs. Vous souhaitez échanger sur la manière d’appliquer ces approches à votre chaîne d’approvisionnement ? Retrouvez Natchaya et l’équipe Asie-Pacifique de KOLTIVA lors de la CAA International Cocoa Conference, les 2 et 3 septembre, ou contactez dès aujourd’hui notre équipe pour organiser un échange personnalisé. Foire aux questions Qu’est-ce qu’une chaîne d’approvisionnement durable du cacao ? Une chaîne d’approvisionnement durable du cacao garantit que le cacao est produit, approvisionné et commercialisé de manière à protéger les forêts, à soutenir les moyens de subsistance des petits producteurs, à réduire les impacts environnementaux et à renforcer la résilience à long terme de la chaîne d’approvisionnement. Elle combine la traçabilité, l’approvisionnement responsable, l’agriculture intelligente face au climat et un suivi continu afin de générer des résultats mesurables sur les plans environnemental, social et économique. Pourquoi la traçabilité du cacao est-elle importante ? La traçabilité du cacao permet aux entreprises de connaître l’origine du cacao, d’identifier les producteurs et de vérifier le respect des exigences en matière de durabilité et d’approvisionnement responsable. En renforçant la transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement, elle facilite l’approvisionnement responsable, la gestion des risques, la diligence raisonnable, le reporting en matière de durabilité et la mise en œuvre d’actions ciblées au bénéfice des producteurs et des régions d’approvisionnement. Comment la traçabilité numérique améliore-t-elle la durabilité du cacao ? La traçabilité numérique permet aux acteurs de la filière de collecter, vérifier et analyser plus efficacement les données au niveau des exploitations agricoles. Associés à la cartographie géospatiale, au profilage des producteurs et au suivi des indicateurs de durabilité, ces outils numériques aident les organisations à identifier les risques environnementaux, à mesurer leurs performances en matière de durabilité, à cibler les programmes d’accompagnement et à prendre des décisions d’approvisionnement plus éclairées, au bénéfice des producteurs comme de l’environnement. Quels sont les principaux défis auxquels les producteurs de cacao sont confrontés aujourd’hui ? De nombreux producteurs de cacao font face à une baisse de la productivité en raison du vieillissement des cacaoyers, de la dégradation des sols, de la pression des ravageurs et des maladies, de la variabilité climatique et de l’augmentation des coûts de production. Les petits producteurs doivent également composer avec la volatilité des prix des matières premières, un accès limité au financement, la pénurie de main-d’œuvre et des exigences croissantes en matière de durabilité, tout en maintenant la rentabilité de leurs exploitations. Quel est l’impact du règlement européen sur la déforestation (EUDR) sur les chaînes d’approvisionnement du cacao ? Le Règlement européen sur la déforestation (EUDR) impose aux entreprises de démontrer que les produits à base de cacao importés dans l’Union européenne ne sont pas liés à une déforestation récente. Par conséquent, les chaînes d’approvisionnement du cacao s’appuient de plus en plus sur des systèmes de traçabilité, des vérifications géospatiales, des évaluations des risques et des processus de diligence raisonnable afin d’améliorer la transparence et de garantir la conformité réglementaire. Cet article souligne l’importance croissante de l’approvisionnement sans déforestation et de la vérification environnementale dans les régions productrices de cacao. Pourquoi l’Asie-Pacifique est-elle importante pour le développement d’un cacao durable ? Bien que l’Asie-Pacifique produise moins de cacao que l’Afrique de l’Ouest, la région offre des enseignements précieux pour l’avenir du cacao durable. Les initiatives menées dans cette région montrent comment l’innovation numérique, l’intelligence géospatiale, l’engagement des producteurs et les partenariats locaux peuvent renforcer la transparence, la résilience et les performances en matière de durabilité, tout en soutenant les communautés de petits producteurs. Comment les entreprises peuvent-elles mesurer leurs performances en matière de durabilité dans les chaînes d’approvisionnement du cacao ? Les entreprises peuvent évaluer leurs performances en matière de durabilité en combinant les données de traçabilité, les informations géospatiales, les indicateurs ESG, les évaluations des émissions de gaz à effet de serre et le suivi de l’impact. Cette approche leur permet d’aller au-delà du simple reporting de conformité et d’évaluer la contribution réelle de leurs initiatives à la protection de l’environnement, à la résilience climatique et à l’amélioration des moyens de subsistance des producteurs. Quel est le rôle des petits producteurs dans la production durable de cacao ? Les petits producteurs jouent un rôle central dans la production durable de cacao, car leurs décisions quotidiennes influencent directement la productivité, l’utilisation des terres, l’adoption de l’agroforesterie et la préservation de l’environnement. La durabilité à long terme dépend de leur accès à la formation, aux services d’accompagnement, aux débouchés commerciaux et aux incitations économiques qui rendent les pratiques agricoles durables viables. Rédactrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Spécialiste des médias sociaux chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari met son expertise en marketing digital et en gestion des médias sociaux au service de la durabilité, forte de plus de huit années d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail consiste à concevoir des contenus à fort impact qui créent un lien entre la technologie, l’agriculture et la responsabilité environnementale. Animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables, elle élabore des contenus pertinents et engageants, adaptés à différents publics et diffusés sur une grande variété de plateformes numériques. Ressources : Ang, V. (2025, November 7). Chocolate therapy: Indonesia's cocoa farmers learn new ways to boost crop yields. The Business Times. https://www.businesstimes.com.sg/esg/chocolate-therapy-indonesias-cocoa-farmers-learn-new-ways-boost-crop-yields CocoaIntel. (2026, April 16). Asia cocoa grindings rise 5.2% YoY to 223,503 tonnes in Q1 2026, CAA reports. https://www.cocoaintel.com/asia-cocoa-grindings-rise-5-2-yoy-to-223-503-tonnes-in-q1-2026-caa-reports/

  • De 6 millions de petits producteurs à la responsabilité à l'échelle de la parcelle : pourquoi la traçabilité du caoutchouc naturel est-elle en train d'être redéfinie ?

    Note de la rédaction : À mesure que les exigences réglementaires évoluent vers une vérification au niveau de la parcelle dans le cadre de réglementations telles que l’EUDR, la traçabilité dans le secteur du caoutchouc est en train d’être profondément redéfinie. Cette section s’appuie sur des expériences concrètes de mise en œuvre afin d’illustrer comment la traçabilité fonctionne à grande échelle, en particulier dans des chaînes d’approvisionnement fragmentées dominées par les petits exploitants. Son objectif est d’apporter une perspective opérationnelle sur les conditions nécessaires pour passer d’une simple visibilité à des systèmes de traçabilité vérifiables et prêts pour les audits. Résumé exécutif : Environ 6 millions de petits exploitants produisent 85 % du caoutchouc naturel mondial, principalement en Asie du Sud-Est et, de plus en plus, en Afrique de l’Ouest. Beaucoup exploitent de petites parcelles dispersées et vendent leur production par l’intermédiaire de plusieurs niveaux de collecteurs et de négociants, ce qui rend la visibilité sur l’origine du caoutchouc de plus en plus difficile (Mongabay, 2026). Aujourd’hui, la traçabilité exige bien davantage qu’une simple cartographie des fournisseurs. Les réseaux d’approvisionnement fragmentés, les registres incohérents et la faible visibilité au niveau des exploitations signifient que les entreprises doivent également vérifier l’utilisation des terres, évaluer les risques de déforestation et maintenir des données capables de résister aux contrôles réglementaires. Le caoutchouc est l’une des matières premières les plus complexes à tracer. Avec 85 à 90 % de la production mondiale provenant de petits exploitants — et plus de 92 % en Indonésie — la structure extrêmement fragmentée du secteur constitue un défi majeur pour parvenir à une traçabilité fiable jusqu’au niveau de la parcelle (GPSNR, 2025 ; ANRPC, 2022). Table des matières Introduction : la fin d’une traçabilité « suffisamment bonne » du caoutchouc naturel Pourquoi le caoutchouc est sous pression Au-delà de la cartographie : le passage à la vérification Des audits à une conformité continue Le facteur humain : l’importance de la mise en œuvre sur le terrain De la conformité à l’avantage concurrentiel Introduction : la fin d’une traçabilité « suffisamment bonne » du caoutchouc naturel Six millions de petits exploitants produisent environ 85 % du caoutchouc naturel mondial. Répartis en Asie du Sud-Est et, de plus en plus, en Afrique de l’Ouest, ces producteurs exploitent souvent seulement un ou deux hectares répartis sur plusieurs parcelles et commercialisent leur latex à travers de vastes réseaux de collecteurs, de négociants et de transformateurs (Mongabay, 2026). Au moment où le caoutchouc atteint les marchés mondiaux, il a souvent changé de mains à de nombreuses reprises, rendant la visibilité sur son origine de plus en plus difficile. Pendant des décennies, la traçabilité dans le secteur du caoutchouc a été façonnée par les mécanismes d’agrégation. Le latex provenant de milliers de petits exploitants transite par plusieurs niveaux de collecteurs et de transformateurs avant d’atteindre les marchés internationaux. À chaque étape, la visibilité s’estompe et la traçabilité devient une approximation plutôt qu’une certitude. Aujourd’hui, les chaînes d’approvisionnement du caoutchouc sont soumises à une pression croissante pour démontrer précisément l’origine des matières premières et les conditions dans lesquelles elles sont produites. Les acheteurs, les autorités réglementaires et les investisseurs demandent de plus en plus des preuves attestant que chaque expédition peut être retracée jusqu’à sa source et démontrée comme étant exempte de déforestation. Longtemps caractérisée par des réseaux complexes de petits exploitants, de négociants et d’intermédiaires, l’industrie est désormais confrontée à une exigence grandissante : prouver précisément d’où provient le caoutchouc et comment il est produit, afin que chaque goutte de latex puisse être retracée, vérifiée et attestée comme exempte de déforestation dès son origine. Des réglementations telles que le Règlement européen sur la déforestation (EUDR) accélèrent cette transformation en poussant les entreprises à dépasser les simples déclarations générales d’approvisionnement pour adopter une traçabilité jusqu’au niveau de la parcelle. Les données de géolocalisation, les registres vérifiés de la chaîne d’approvisionnement et les preuves d’une production exempte de déforestation deviennent rapidement des exigences essentielles plutôt que de simples engagements volontaires en matière de durabilité. Cependant, cette transition met en évidence une faiblesse structurelle plus profonde. La plupart des chaînes d’approvisionnement n’ont jamais été conçues pour fonctionner avec un tel niveau de précision. La fragmentation, les données incohérentes et la visibilité limitée à l’origine signifient que la cartographie des sources d’approvisionnement, autrefois considérée comme suffisante, n’est plus qu’un point de départ. Ce qui suit est bien plus complexe : valider l’utilisation des terres, détecter les risques de déforestation et mettre en place des systèmes capables de résister aux contrôles réglementaires. De plus en plus, le secteur est confronté à une question plus fondamentale, à laquelle la seule cartographie ne peut répondre : non seulement savoir où l’approvisionnement a lieu, mais aussi déterminer si les données qui le documentent sont réellement fiables. Pourquoi la traçabilité du caoutchouc est sous pression Le caoutchouc se situe à l’intersection d’une complexité et d’un niveau de risque uniques. À l’échelle mondiale, le secteur est largement dominé par les petits exploitants : environ 85 à 90 % du caoutchouc naturel est produit par près de 6 millions de petits exploitants dans le monde (Global Platform for Sustainable Natural Rubber, 2023). Dans des pays producteurs majeurs comme l’Indonésie, les petits exploitants représentent plus de 92 % de la production nationale (Association of Natural Rubber Producing Countries, s.d.). Cette structure extrêmement fragmentée, répartie sur des millions d’exploitations agricoles, rend la traçabilité intrinsèquement complexe. Cette structure engendre deux défis majeurs. Tout d’abord, la mise en œuvre de la traçabilité à grande échelle est particulièrement difficile. Dans une chaîne d’approvisionnement typique du caoutchouc, le latex provenant de milliers de petits exploitants est agrégé par des collecteurs, des négociants et des transformateurs, souvent sans systèmes numériques normalisés ni registres cohérents. Il en résulte une chaîne d’approvisionnement où les données sur l’origine sont incomplètes, fragmentées et difficiles à vérifier. Ensuite, les risques liés à l’utilisation des terres sont dynamiques et font l’objet d’une surveillance croissante. La culture du caoutchouc est associée à des impacts environnementaux significatifs. Des études montrent que la déforestation liée au caoutchouc en Asie du Sud-Est est de deux à trois fois plus élevée que les estimations précédentes et que plus de 4 millions d’hectares de forêts ont disparu depuis 1993 en raison de l’expansion des plantations de caoutchouc (Stockholm Environment Institute, 2023). Par ailleurs, les agriculteurs modifient fréquemment l’usage de leurs terres entre le caoutchouc, le palmier à huile et d’autres cultures, ce qui rend la vérification historique indispensable. Cette évolution du contexte est directement liée au renforcement des exigences réglementaires. Dans le cadre de l’EUDR, les entreprises doivent désormais fournir des données de géolocalisation précises au niveau de la parcelle et démontrer que le caoutchouc est exempt de déforestation et produit légalement. Par conséquent, le secteur du caoutchouc fait l’objet d’une attention croissante de la part des autorités réglementaires comme des acheteurs. Il doit rapidement passer de modèles d’approvisionnement opaques et fondés sur l’agrégation à des systèmes transparents, fondés sur des preuves, capables de fournir des données vérifiables et prêtes pour les audits, à grande échelle. Cas d’usage dans le secteur du caoutchouc : des milliers de parcelles, une seule chaîne d’approvisionnement Le principal obstacle à une traçabilité efficace est d’ordre opérationnel. À titre d’exemple, dans le cadre d’un projet de mise en œuvre à grande échelle réalisé avec l’un de nos clients du secteur du caoutchouc en Asie du Sud-Est, nos efforts de traçabilité ont couvert plus de 14 000 parcelles individuelles, chacune étant reliée à un réseau de petits exploitants et d’intermédiaires. Cet exemple reflète la réalité structurelle des chaînes d’approvisionnement du caoutchouc. À cette échelle, la traçabilité va bien au-delà de la simple cartographie. Nous avons accompagné l’un de nos clients du secteur du caoutchouc dans le renforcement de la vérification de l’utilisation des terres et de la traçabilité au sein de sa chaîne d’approvisionnement. Grâce à notre Polygon Data Analysis, nous avons travaillé conjointement pour détecter et vérifier les changements d’utilisation des terres au niveau de chaque parcelle à l’aide des éléments suivants : 🛰️ Superposition spatiale et détection des changements forestiers à partir de jeux de données mondiaux (Hansen GFC, GLAD) 🌾 Validation par imagerie satellitaire afin de confirmer en temps réel l’utilisation des terres au niveau de chaque parcelle 📊 Intégration fluide avec le système KoltiTrace MIS pour la diligence raisonnable et le reporting dans le cadre de l’EUDR 🎓 Assistance technique et formation pour renforcer les capacités des équipes de terrain de notre client Chaque parcelle doit être vérifiée, et pas uniquement géolocalisée. Cela nécessite de combiner la cartographie au niveau des polygones avec des superpositions spatiales, des images satellitaires et des jeux de données mondiaux de surveillance des forêts afin de détecter les changements d’utilisation des terres et d’évaluer les risques de déforestation. Ces informations doivent ensuite être validées, souvent au moyen de contrôles manuels complémentaires, afin de garantir que les données demeurent crédibles dans le cadre des contrôles réglementaires. Parallèlement, les données collectées au niveau des parcelles doivent être reliées à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Les systèmes de traçabilité doivent intégrer les informations provenant des exploitations agricoles aux données transactionnelles, en reliant les producteurs, les intermédiaires et les transformateurs au sein d’une vue unique et continuellement mise à jour. Sans cette intégration, la visibilité reste fragmentée et la conformité demeure incomplète. Le facteur humain est tout aussi essentiel. Les équipes de terrain doivent être formées à la collecte de données de géolocalisation précises, à la vérification des conditions d’utilisation des terres et au maintien de registres cohérents dans des régions d’approvisionnement dispersées. En pratique, cela exige des opérations de terrain coordonnées, des outils numériques capables de fonctionner dans des environnements à faible connectivité, ainsi qu’un renforcement continu des capacités afin de garantir la qualité des données à grande échelle. À ce niveau, les défis se multiplient : Des données fragmentées entre les différentes régions et parties prenantes Des registres d’utilisation des terres incomplets ou en constante évolution Une mise en œuvre sur le terrain limitée par les contraintes géographiques et les infrastructures Une complexité croissante du suivi à mesure que les chaînes d’approvisionnement évoluent Ce qui apparaît clairement, c’est que la traçabilité n’échoue pas au niveau de la stratégie, mais au niveau de son exécution. Elle exige des systèmes, des processus et des capacités locales capables de fonctionner de manière cohérente à travers des milliers de parcelles, d’acteurs et de transactions. Au-delà de la cartographie : le passage à la vérification Pendant de nombreuses années, la cartographie a été considérée comme la pierre angulaire de la traçabilité. En identifiant et en géolocalisant les sources d’approvisionnement, les entreprises pouvaient établir un niveau de visibilité de base. Cependant, le simple fait de placer des coordonnées sur une carte ne répond qu’à une seule question : d’où provient la matière première ? Cela ne permet pas de vérifier ce qui s’est réellement passé sur cette parcelle au fil du temps. Dans le secteur du caoutchouc, cet écart entre une simple cartographie et une véritable validation est devenu un risque opérationnel immédiat. De nouvelles recherches du Stockholm Environment Institute, fondées sur des données satellitaires à haute résolution, montrent que la déforestation liée au caoutchouc est de deux à trois fois plus importante que ce qui était estimé auparavant. Comme les plantations des petits exploitants sont généralement de petite taille, dispersées et se confondent souvent visuellement avec les forêts naturelles sur les images satellitaires classiques, les approches traditionnelles de cartographie créent un angle mort important, exposant les entreprises à des risques de déforestation non détectés. Pour répondre aux nouvelles exigences, les entreprises doivent désormais aller plus loin en intégrant l’analyse géospatiale, l’imagerie satellitaire et la détection des changements d’utilisation des terres dans leurs dispositifs de traçabilité. Ces outils permettent d’évaluer les risques de déforestation, de vérifier l’historique des parcelles et de s’assurer que les approvisionnements respectent les seuils réglementaires. En définitive, un point géographique sur une carte sans vérification ne constitue qu’une affirmation non étayée ; sans validation active des données, une chaîne d’approvisionnement ne peut résister à un contrôle réglementaire rigoureux. Des audits à une conformité continue Les approches traditionnelles de la conformité reposent largement sur des audits périodiques, c’est-à-dire des évaluations ponctuelles visant à vérifier si les chaînes d’approvisionnement respectent certains standards. Bien qu’utiles, ces approches sont de plus en plus insuffisantes dans des environnements dynamiques comme celui de l’approvisionnement en caoutchouc. Un seul lot de caoutchouc transformé transite fréquemment par plusieurs intermédiaires et peut regrouper le latex provenant de dizaines, voire de centaines de petits exploitants. Comme l’utilisation des terres évolue, que les fournisseurs changent et que les conditions de traçabilité se transforment en permanence, un audit annuel rétrospectif n’offre qu’une assurance limitée quant aux risques réels. Les données statiques ne peuvent tout simplement pas suivre l’évolution rapide des réseaux d’approvisionnement ni répondre aux exigences des cadres réglementaires modernes. Se conformer à des réglementations strictes telles que l’EUDR — qui impose de relier chaque expédition à une parcelle d’origine géolocalisée précise, de vérifier qu’aucune déforestation n’a eu lieu après le 31 décembre 2020 et de soumettre des déclarations de diligence raisonnable étayées par des données vérifiables — exige une transformation fondamentale vers une intégration numérique et continue des données. Cette évolution fait passer la conformité d’un système de reporting manuel et rétrospectif à une véritable démarche proactive de gestion des risques. Des rapports statiques → vers des données dynamiques, continuellement mises à jour Des processus manuels → vers des flux de conformité automatisés Des audits rétrospectifs → vers une gestion proactive des risques Le facteur humain : l’importance de la mise en œuvre sur le terrain Le succès des initiatives de traçabilité dépend largement des personnes qui les mettent en œuvre, à savoir les agents de terrain, les collecteurs, les transformateurs et les équipes locales chargées de la collecte et de la validation des données. Dans le secteur du caoutchouc, cette dimension humaine est particulièrement importante : plus de 40 millions de personnes dans le monde dépendent des chaînes de valeur du caoutchouc naturel pour leurs moyens de subsistance, dont beaucoup évoluent dans des systèmes informels ou semi-structurés (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2022). L’Indonésie, deuxième producteur mondial de caoutchouc naturel, illustre parfaitement à la fois l’ampleur et la complexité de la traçabilité. Le pays a produit 2,72 millions de tonnes de caoutchouc naturel en 2022 et en a exporté 2,08 millions de tonnes, pour une valeur d’environ 3,65 milliards de dollars américains (Association of Natural Rubber Producing Countries, s.d.). Derrière ces chiffres se trouvent des millions de petits exploitants, dont beaucoup travaillent dans des zones reculées avec un accès limité aux outils numériques, à une connectivité fiable et à un soutien technique. Par conséquent, les solutions de traçabilité doivent faire bien plus que collecter des données : elles doivent être pratiques, inclusives et adaptées aux réalités des chaînes d’approvisionnement fragmentées. Dans les systèmes dominés par les petits exploitants, la formation et l’accompagnement des utilisateurs sont essentiels. Les équipes de terrain doivent comprendre non seulement comment collecter les données, mais aussi pourquoi elles sont importantes, qu’il s’agisse de répondre aux exigences de conformité ou de préserver l’accès aux marchés. Sans cette compréhension commune, la qualité des données se détériore, compromettant ainsi l’intégrité de l’ensemble du système. Cet aspect est particulièrement crucial dans les zones d’approvisionnement éloignées, où les lacunes en matière de connectivité et d’infrastructures persistent. Même des tâches élémentaires, telles que la collecte de données de géolocalisation ou la mise à jour des dossiers des fournisseurs, peuvent devenir de véritables défis opérationnels sans un accompagnement adéquat. De la conformité à l’avantage concurrentiel Considérer la traçabilité comme un simple coût de conformité est la voie la plus rapide vers des perturbations opérationnelles. Lorsqu’une entreprise peine à vérifier l’origine de ses approvisionnements, les conséquences ne sont pas uniquement réglementaires : elles se traduisent aussi par des exportations bloquées, l’exclusion soudaine de certains fournisseurs et une perte de confiance des acheteurs. À l’inverse, mettre en place un système de vérification rigoureux transforme profondément la position d’une entreprise sur le marché. Une visibilité approfondie sur les réseaux d’approvisionnement en amont permet de faire évoluer les achats d’une gestion réactive vers une stratégie proactive, offrant ainsi aux entreprises la possibilité de sécuriser des chaînes d’approvisionnement fiables et de préserver leur accès à des marchés à forte valeur ajoutée qui écartent progressivement le caoutchouc dont l’origine ne peut être vérifiée. Le marché dépasse désormais les simples promesses d’approvisionnement responsable. L’avenir de l’industrie du caoutchouc appartient aux entreprises capables de combler le fossé entre la réalité complexe des petits exploitants sur le terrain et la production de données vérifiables au moment de l’exportation, en démontrant leur conformité comme une capacité fondamentale. Désormais, tout se joue sur la rapidité : la vitesse avec laquelle les entreprises réussiront à passer d’une simple cartographie à une vérification complète au niveau de chaque parcelle. Éditrice : Gusi Ayu Putri Chandrika Sari, Spécialiste des médias sociaux chez KOLTIVA Gusi Ayu Putri Chandrika Sari associe son expertise en marketing numérique et en médias sociaux à un profond engagement en faveur du développement durable, fort de plus de huit années d’expérience dans le domaine de la communication. Son travail consiste à élaborer des récits percutants qui relient la technologie, l’agriculture et la responsabilité environnementale. Animée par la volonté de promouvoir des pratiques durables, elle crée des contenus engageants et centrés sur les besoins des publics, diffusés sur une grande variété de plateformes numériques. Ressources : Association of Natural Rubber Producing Countries. (n.d.). Indonesia. ANRPC. Retrieved June 25, 2026, from https://www.anrpc.org/indonesia Food and Agriculture Organization of the United Nations. (2022). Global forest sector assessment and related report [PDF]. FAO. Retrieved June 25, 2026, from https://openknowledge.fao.org/server/api/core/bitstreams/cce0bade-775b-4f50-99a0-0c1ec8dabcd9/content Stockholm Environment Institute. (2023). Maps reveal the true extent of rubber-driven deforestation in Southeast Asia. Stockholm Environment Institute. https://www.sei.org/publications/maps-rubber-deforestation/ Global Platform for Sustainable Natural Rubber. (2023). Empowering smallholder farmers: The path to deforestation-free rubber supply chains to meet the EUDR. GPSNR. https://sustainablenaturalrubber.org/empowering-smallholder-farmers-the-path-to-deforestation-free-rubber-supply-chains-to-meet-the-eudr/ Kamnitzer, R. (2026, May 19). Tiremakers ready to roll with EUDR, but repeated delays frustrate industry. Mongabay. https://news.mongabay.com/2026/05/tiremakers-ready-to-roll-with-eudr-but-repeated-delays-frustrate-industry/

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